‹ L'âme américaine [microforme]Chapitre 92 sur 121 · LE XIX: SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE XIX: SIÈCLE

Caractere yeneéral de l'histoire de le Republique. —

! Achaï de la Louisiane. — W, Guerre de 1812, Achat de :

F4 la Floride, La doctrine Monroe, — 1. Guerre du Meri- )

4 que. — IV, Guerre de sécession. — NV. Le Sud aprés ( la querre, — NI, Guerre de Cuba. Annexion des îles «l Havbar, — Nil, Evpedilions contre les Mormons et g contre les [ndiens. Scandales financier :, émeutes, etc. :

H « Le général Jackson que les Américains ont choisi deux

if « fois pour le placer à leur tête, est un homme d'un à « caractère violent et d’une capacité moyenne... Qui done NI « l'a placé sur le siège du Président et l'y maintient |

« encore? Le souvenir d’une victoire remportée par lui, «il y à vingt ans, Sous les murs de la Nouvelle-Crléans. « Gr, cette victoire de ia Nouvelle-Orléans est un fait « d'armes fort ordinaire dont on ne saurait s'occuper qi « longtemps que dans un pays où l'on ne donne pas de « batailles ; et le peuple qui se laisse ainsi entrainer par « le prestige de la gloire est, à coup sûr, le plus froid,

«le plus calculateur, le moins militaire et, si je puis S « m'expriner ainsi, le plus prosaïque de tous les peu- 4 piles du moule », ce (locqueville De La Demorralie en Ameriqu?, lome 1°, té

Notre conception de ce qui constitue le domaine de lhistoire s’est profondément modifiée depuis

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un siècle, au fur et à mesure des conquêtes de l'idée démocratique.

Les chroniqueurs du passé ne nous ont quère raconté que les faits et yestes des monarques, les chocs des armées, les changements de décors aux façades des grands édifices nationaux. Cela a cessé de nous suffire et de plus en plus nombreux sont aujourd’hui ceux qui retournert dans ce passé, lui demander queile à été la vie des humbles, quels idéaux les peuples ont caressés, ‘de quels espoirs ils se sont nourris, de quels maux ils ont souflert.

Je veux dans ce chapitre, cependant, m'en tenir à la conception ancienne et ne considérer dans l'histoire des Etats-Unis, au cours des cent derniéres années, que les faits concrets et généraux qui ont arrêté l'attention du monde, les évènements qu'a commentés la presse européenne, ceux qui ont eu leur répercussion sur l'équilibre international,

L'histoire des Etats-Unis n'est pas l'œuvre raisonnée, concertée, déduite de diplomates et d'hommes politiques toujours sur la brèche, se constituant des alliances, s’assurant des neutralités, étudiant les courants d'opinion des pays rivaux, cherchant les points faibles de leur défense, les défectuosités de leur organisation militaire, Les États-Unis n’ont pas eu de souverains rêévant dinscrire aux fastes de l'humanité, des noms de con-

quérants et d'échafauder leur gloire sur loppres-

di: sion de peuples voisins ou la conquête de régions

{i ! lointaines. Les enfants de ce pays n'ont pas appris | dans leurs livres scolaires qu'il v à de la (jrandeur à changer, contre leur gré, l'allégeance de 1e populations vivant sous un drapeau étranger ou à asservir des nations indépendantes, D'ailleurs l'alternance au pouvoir de partis qui se croient tenus de professer sur toutes choses, des oninions différentes ou contraires, ne favorise pas la perpétuation d'ambitions de conquêtes ou de

| projets de domiiation.

| Les querres de la République ont marqué des Li étapes importantes dansson existence, mais elles 4 n’ont quère été que des accidents de croissance, des malaises passagers dans le fonctionnement d'un puissant organisme, Presque toutes ont coïncidé avec une éclipse momentanée de la conscience nationale, toutes ont été suivies d’une ‘1 recrudescence de vigueur et d’énergie, d'une il forte poussée vers la colonisation, d'une ère de

jl grande prospérité économique,

t L'histoire des provinces anglaises pendant Ia À période coloniale à été un processus ininterrompu d'umfication ; tous les faits qui ne sont pas d'in: 1: térêt gurement local : les incursions des Indiens, | les querres avec la Nouvelle-France, la conquéte { de la Nouvelle-Hollande, la conquête des possessions françaises d'Amérique, ont conduit directe. ment où indirectement à ce résultat. L'histoire

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Plus qu'aucun autre homme d'Etat de son temps, Jefferson avait prévu la croissance rapide de l'Unon ; il lui avait délimité, en quelque sorte, la sphère d'expansion à remplir.

La conquête de Cuba, cependant, lui avait paru beaucoup plus prochaine qu’elle ne Fa été, « Bien qu'avec difficulté probablement, écrivait-il, Bonaparle consentira à ce que nous recevions Cuba dans notre Union... Je ferais ériger immédiatement une colonne à lextrème limite sud de Pile et j'y inscrirais : € Vec plus ullra pour nous dans cette direction. Il faudrait ensuite faire entrer le Nord dans notre confédération... Nous aurions alors un pays de liberté comme il n'en à Jamais existé, depuis la création, de suis persuadé qu'aucune constitution ne se prète aussi bien que la nôtre, à un vaste empire et au se/f government »,

Il commença, lui-méème, lFexécution de son programme, en négoctant en 18053 avec le qouver. nement de Napoléon, et cela un peu contre le qré el à l'insu de ses amis du Congrès, l'achat ac a Louisiane, moyennant une somme de quatre vingt millions &e francs,

C'est dans les termes suivants qué furent établisen 1S11, les droits et les libertés du nouvel

Etat et cette formule indique la base sur laquelie

se fera, à l'avenir, l’expansion territoriale de la République.

« La constitution de l’Etat devra être de forme républicaine, devra contenir les principes fondamentaux de la liberté civile et religieuse, assurer à chaque citoyen 1: procès par jury dans toutes les causes crimirelles et le privilège de ?Habeas Corpus.

La Louisiane fut d’abord fort mal administrée, fort malgouvernée ; la tyrannie et l'arbitraire pendant quelque temps y régnèrent en maîtres. Il semblait qu'une partie des éléments les plus fanatiques des anciens Etats se fussent donnés rendezvous sur les bords du Mississipi. On chercha même à abolir la langue française, mais on n’y réussit pas et elle s’est maintenue comme langue officielle, concurremment avec l'anglais, jusqu’à l’année dernière (1898) (1).

4. La langue française a été abolie par la législature de la Louisiane, le 12 mai 1898, sans opposition, attendu que la grande majorité de la population de l'Etat est de langue anglaise et ne comprend pas le français. Voici les articles de la constitution qui se rapportent à cette abrogation :

Art. 165. Les lois seront promulguées, les documents publics seront conservés, les procédures judiciaires et législatives seront conduites ea langue ariglaise, mais l’Assemblée générale pourra pourvoir à ce que la publication des lois soit aussi faite en français et à ce que les avis judiciaires soient également publiés en cette langue,dans certaines villes et paroisses désignées.

Art. 251, L'instruction dans les écoles publiques sera

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La guerre de 1812 contre l'Angleterre, eut des çauses diverses : l’ivresse de la force juvénile et du succès qui rend les peuples comme les individus, audacieux et conliants ; la volonté bien arrétée chezles Américains, de sauvegarder leur indé. pendance absolue et d'assurer la liberté de leur commerce ; mais avant tout, leur désir de tirer vengeance des griefs nombreux accumulés depuis le traité de 1783, contre l’ancienne métropole.

La Nouvelle-Angleterre dont les côtes étaient plus exposées aux déprédations des navires anglais que tout le reste de l’Union, s’opposa aux hostilités, prétendant que cette querre était la guerre d'un parti et n’était pas désirée par la nation (1). Certaines sociétés, à Boston et ailleurs, soulevèrent la question religieuse, on alla même jusqu'à parler de sécession ; les habitants du Massachusetts, du Connecticut et du Khode-Island refusè-

donnée en langue anglaise, mais le français pourra ètre enseigné dans les paroisses et les localités cù cette langue prédomine, pourvu que cela n’entraîne aucun sureroit de dépenses.

1. H, Clay l’un des principaux hommes politiques de l'Unon à cette époque, affirme que les neuf dixièmes de la population étaient favorables à la guerre.

rent d'envoyer les milices et de voter les substdes demandés par le Congrès. Ils avaient, il est vrai,un moyen plus sûrde se venger des Anglais : c'était de les frapper dans leur commerce et leur industrie ; effectivement ils se mirentà construire des manufactures et à fabriquer du coton ; ces ltats qui jusqu’à cette époque avaient été exclusivement agricoles, devinrent en peu d'années presqu’exclusivement industriels.

La guerre de 1812 a afürmé d’une manière décisive aux yeux des peuples de l’Europe l'existence de la République et lui a constitué, pour aiusidire, son état civil; car elle a été conduite par les seuls enfants du sol, sans aucun secours d’une puissance amie, et menée à bonne fin, Elle ne fut signalée par aucun fait d'armes remarquable, cependant les navires des Etats-Unis repoussèrent la flotte anglaise et leurs troupes de terre battirent les troupes d’Albion, dans presque toutes

les rencontres.

A cette époque disparaissent les derniers 0rres elles dernières velléités de retour à l'Angleterre ; le mot {ory lmi-même est rayé du vocabulaire politique et les partis se reforment sous des dénominations nouvelles d’où toute trace de l’ancienne allégeance est effacée.

L'’expansionterriloriale se continua par l'acqui-

subst- sition dela Floride qui tut achetée aux Espagnols

il esl en 1820, et assura à l’Union la possession de

glais : tout le littoral de l'Atlantique, depuis la baie de All) L leur Fondy jusqu'au golfe du Mexique. | À ï truire LUE : ces

exclu-

innées

C'est le 2 décembre 1823 que fut énoncée la &3ctrine dite « Monroe », dans le septième mes-age

re dé- annuel du président de ce nom. Cette déclaration

stence qui constitue une date importante dans l'histoire sidire, politique de la nation, expose que « Les Etats-Unis s seuls n’ont pas à intervenir et n'interviendront jamais uissan- dans les guerres des puissances européennes siqna- dont ils suivent cependant avec un grand intérêt

cepensserent

la vie politique ; Que les Etats-Unis considèreront toute tentative d’une puissance européenne pour étendre s1 domination sur une partie quelconque du continent américain, comme dangereuse pour la paix et la sécurité des habitants de la Répu- 41 blique; Que les Etats-Unis n'interviendront pas \A1al dans les rapports des puissances européennes avec les colonies qu’elles possèdent actuellement sur ce continent, mais qu'ils considèreraient comme une manifestation d’hostilité envers eux, tout acte ayant pour but d'opprimer celles de ces colonies qui ont déclaré leur indépendance, l'ont maintenue et ont été reconnues comme Etats indépendants par les Etats-Unis, »

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1 VOCAnt sous ‘ace de

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