‹ L'âme américaine [microforme]Chapitre 96 sur 121 · Personal Memoirs, pages 53 et · texte numérisé non relu

Personal Memoirs, pages 53 et

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Les Américains se fortifièrent donc sur le Rio- Grande et les Mexicains les attaquèrent. Un an et demi plus tard, en septembre 1847, l’armée d’invasion était maîtresse du Mexique. Eten 188, était signé le traité de paix qui cédait aux Etats- Unis le Texas, le Nouveau-Mexique et la Californie. Pour ces deux derniers territoires, cependant, les Etats-Unis payèrent au Mexique quinze millions de dollars et se chargèrent des réclamations des citoyens américains qui avaient été ostensiblement, l'une des causes des hostilités.

Grant déclare cette guerre « la plus stupéfiante qu’on ait jamais vue ». Les officiers mexicains

n'avaient aucune expérience, leurs soldats étaient engagés au hasard et désertaient quand ils étaient fatigués de la vie des camps. Aussi le triomphe des Américains fut-il excessivement facile; cependant la nation crut devoir témoigner à ceux auxquels elle le devait une grande reconnaissance. « La querre du Mexique fit trois candidats à la présidence, les généraux Scott, Taylor et Pierce, et un nombre incalculable d’aspirants à cette haute fonction. Elle fit, en outre, des gouverneurs d'Etats, des membres du cabinet, des représentants de l’Union à l'étranger et des hauts fonctionnaires dans la Confédération et dans les Etats (1) ».

« La rébellion des Etats du Sud, dit encore Grant, a été dans une grande mesure le résultat de la querre du Mexique ; les peuples comme les individus sont punis de leurs prévarications. Nous avons été punis par la guerre la plus ruineuse et la plus sanguinaire des temps modernes ».

Quoi qu'il en soit des causes qui ont amené la guerre du Mexique, la paix et la prospérité ont été bientôt établies dans les pays conquis; car le drapeau américain porte dans ses plis, ces trois éléments de succès : liberté, activité, richesse. Sans doute, c’est le droit du plus fort qu’a affirmé alors la République ; mais si elle a suivi en cela l'exemple du Vieux-Monde, elle lui a donné,

4, Grant. Personal Memoirs, p. 174.

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en revanche, une excellente leçon d’administration intérieure et de bon gouvernement,

L'Union atteint maintenant sa limite d’extension vers l’Ouest, elle occupe tout le territoire compris entre les deux Océans et s’appuie au sud sur des frontières qui semblent avoir été tracées par la nature elle-même, le Golfe du Mexique et le Rio-Grande. Restent au nord l'Amérique russe qui sera achetée en 1867 au prix de sept millions deux cent mille dollars, et l'Amérique anglaise.

L'heure n’a pas encore sonné de l’accession de celte dernière à sa puissante voisine.

L'œuvre d’unification commencée il y a deux siècles n’est pas achevée cependant; deux peuples d’habitudes, d'idées, d'institutions absolument différentes vivent côle à côte, entre lesquels les dissentiments et les antipathies s’accentuent sans cesse davantage. Il a plusieurs fois été question d’une sécession, il va falloir ün fleuve de sang pour cimenter l’Union fondée en 1777 et établir l’uniformité des lois et des institutions.

Pendant que se préparait le grand conflit entre je Nord et le Sud, d’autres éléments de haine

avaient pénétré dans la nation : une hostilité féroce s'était manifestée contre les immigrants

étrangers dont l’afflux était énorme depuis 1830 surtout, et avait servi de base à de nouvelles divisions, de nouvelles dénominations de partis. Mais cette agitation qu’on a appelée le « mouvement de l'Américanisme natif » est plutôt du domaine de la vie sociale américaine que de lhistoire proprement dite et je m'en occuperai dans une autre partie de cet ouvrage.

Une légende s’est établie relativement aux aristocrates du Sud, tendant à confirmer cette théorie qu'J faut pour la bonne administration de la chose publique des hommes élevés de père en fils avec cet objet en vue, et dans certaines conditions particulières d'indépendance, d’oisiveté et de richesse. On a prétendu que le Sud avait fourni une bien plus grande proportion d'hommes politiques éminents que le Nord.

Or, pendantla période de la Révolution et de la consolidation de l’Union, si le Sud s’honore d’avoir donné à la République Washington, Jefferson, Madison, Randolph, Patrick Henry, Laurens et quelques autres hommes distingués ; Franklin, les deux Adams, Trumbull, Warren, Putnam, Quincy, sont des hommes de la Nouvelle- Angleterre ; les deux Morris sont des Pennsylvaniens ; Hamilton et John Jay des New-Yorkais, D'ailleurs Washington, Jefferson et Madison lui-

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même avant de s’être distingués, n’appartenaient pas, par droits authentiques à la coterie exclusive des meilleures familles de la Virginie (1); Patrick Henry avait eu des commencements très humbles.

De 1800 à 1860, ilest vrai, presque tous les présidents de l’Union furent des Sudistes, de même que la plus grande partie des hauts fonctionnaires, des juges de ‘à cour suprême et des représentants de la République à l'étranger. Mais cela tenait à deux causes principales : 1° Habitués dès le berceau à commander. les planteurs tenaient beaucoup plus aux fonctions honorifiques et d'apparat que les gens du Nord qui, eux, s’occupaient surtout du développement économique du pays.

2 Ils savaient que l’esclavage condamné par Jefferson et parles meilleurs d’entre eux, ne pourrait être maintenu que s’ils conservaient la suprématie au Congrès. Aussi, toute leur activité s’exerçait-elle dans leur propre intérêt ; ils appliquaient toutes les ressources de leur esprit à conserver la balance du pouvoir ; leur union était parfaite. Adams les comparait à une société corporative au capital constitué de douze cents millions de dol- Lars.

La soif de richesse qui s’était accrue d’un bout à l’autre de l’Union, avec les nouveaux champs ouverts à l’agriculture, à l’industrie et au com-

1, John Morse, Thomas Jefferson, p. ?.

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