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merte, avait également redoublé d'intensité dans les Etats du Sud et comme la fortune des planteurs consistait principalement en esclaves, ils en avaient développé la traite sur une vaste échelle, surtout après le vote du Congrès défendant l’importation des Africains (1808). Dans un rapport lu devant une société anti-esclavagiste, en 1790, M. Elbridge Gerry représentant du Massachusetts au Congrès, évaluait les esclaves à quinze dollars par tête (1); trente ans plus tard, Jefferson les évaluait à deux cents dollars. En 1844 dans un discours au Sénat, Henry Clay portait cette estimation à cinq cents dollars par tête. « Des mulâtres-
1. A cette époque déjà, certaines familles du Sud vivaient dans une grande opulence. John Davis qui fut précepteur chez un riche planteur des Carolines, pendant les années 1798-1809, raconte ainsi ses premières impressions à son arrivée dans la petite commune de Coosabatchie où demeurait son futur élève : « J'aperçus d’aborl, dit-1l, dans le chemin qui traverse la forêt avoisinant la plantation, une belle dame dans un carrosse trainé par quatre chevaux, puis plusieurs domestiques qui suivaient la voiture, vêtus d’une magnifique livrée. Je vis avec chagrin ces raflinements et ce luxe qui s’en vont transformant à pas rapides, les scènes pures et agrestes de la nature en un théâtre d'orgueil et d’ostentation ». « II m'a paru, dit-il ailleurs, que dans les Carolines, la simplicité des premiers colons soit disparue et que les planteurs aujourd’hui ne cherchent qu'à se surpasser L's uns les autres dans les vanités de la vie. Ainsi, dans les familles opulentes, il y a un Nègre qui fait le guet pour signaler l'approche de visiteurs. Aussitôt qu'une vailure ou un cavalier parait à l’horizon, chaque
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ses, quandelles sont jolies, dit David Lee Child (1) se vendent souvent plusieurs milliers de dollars. Les jeunes Noirs, même sur une terre ingrate, parviennent à gagner une partie de leur subsistance dès leur bas Âge et lorsqu'ils ont atteint l’âge de dix-huitou vingt ans, leur maître, qui est
assez fréquemment leur père, les vend de 350 à 1500 dollars ».
Plusieurs nouveaux Etats esclavagistes ayant été établis, le commerce de la chair humaine rapporta d'immenses bénéfices. Ainsi, dans la seule année 1836, la Virginie en vendit pour vingt-quatre millions de dollars; cet Etat de même que le Maryland, le Missouri et le Kentucky ne produi-
Nègre change son vêtement de tous les jours contre une splendide livrée. La chose est vite faite car les Nègres ne portent pas de chemise et, en un instant, l'individu couvert de haillons sordides est métamorphosé en un superbe valet de pied. Et malheur à celui qui négligerait cette formamalité, car le maitre se croirait déshonoré et le pauvre Noir serait roué de cour... A Charleston l’orgueil est tel qu'on ne voit personno à pied, si ce n’est quelque artisan ou quelque pauvre précepteur. Celui qui n’a ni chevaux ni esclaves est méprisé. La considération qui s'attache à la possession de la propriété est si absolue que la richesse et la pauvreté sont des critériums de vertu ou d’infamie. Les Noirs eux-mêmes partagent la prévention générale et on les entend s’écrier avec moquerie devant un humble piéton : Li grand coquin ! Li a pas Nègre. Où est le cheval à li ? Li marche toujours ». (Travels in America, p. 73 et suiv. ).
1, The taking of Naboth's Vineyard (p. 10).
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sait pas de colon, on y faisait « l'élevage » des Noirs,
L’agitation anti-esclavagiste fut portée pour la première fois sur le terrain politique en 1835, mais le sentiment hostile qui animait lune vis-àvis de l’autre, les deux grandes parties de l’Union, datait déjà de lonques années ou, pour mieux dire, avait toujours existé; le choc des intérêts ne fit que précipiter la crise.
Dans les masses l'agitation fut, comme cela se produit presque toujours, à base de sentimentalisme. L'esclavage n’avait jamais eu une grande extension dans l’Est et le Nord pour cette raison que le climat y est rigoureux, que l'entretien des Noirs aurait été coûteux et que leur travail aurait été moins intelligent et d’un moindre rapport que celui des serviteurs blancs.
Les enseignements de Jefferson et de nombre de philanthropes, les conférences des orateurs anti-esclavagistes et surtout peut-être le livre de Madame Beecher-Stowe, /a Case de l’oncle Tom, contribuèrent à créer en dehors du Sud, un sentiment de pitié pour les Noirs, d'autant plus intense qu’il n’était pas en opposition avec les intérêts de ceux qui le professaient.
« Avant la querre du Mexique, dit Grant (1) il y