Greater Britain, p. 7 (Londres
— 285 — | | s la el qui cependant, avaient droit à une représenta- | vail tion égale à celle des Etats de travail libre. On | | pve- demanda au Congrès d'intervenir ; dominé par l’é- Il pas ment sudiste il s’y refusa, alléguan: qu’il n'avait (14 mis aucune autorité pour s’immiscer dans l’adminis- | | ême tration intérieure des Etats. 14 ses . En 1845 la Floride et l’Iowa furent admis dans fl l la Confédération au rang d’Etats, la Floride com- JE] ipa- me Etat esclavagiste et l’Iowa comme Etat de (1 ent travail libre, On tenait à conserver ainsi l’équili- 11} cla- bre entre le Nord et le Sud politiquement, mais la [[ A Soin | population augmentait beaucoup plus rapidement 14] nan- dans le Nord, attendu que c’est de ce côté que se di. rles rigeailt presque exclusivement l’immigration étraneurs gère, ainsi qu’en font foi les chiffres suivants : s les teur En 1810, Population Population blanche Esciaves que de l'Union du Sud abi- Le dE ea à la 17.069.453 7.290.729 2.481.522 n de En 1850 its 23,191 ,876 6.412.151 (1) 3.200.380 uite, Pendant les négociations avec le Mexique pour l'achat dela Californie et du Nouveou-Mexipor que, un bill fut présenté au Congrès demandant nisé, des
1. Ces chiffres nous montrent qu'un bon nombre de proaves priétaires pauvres et de Petits Blancs des Etatsesclavagistes oat dù aller chercher fortune dans l’Ouest, pendant cette décade,
que l'esclavage ne fût pas introduit dans les territoires nouveaux qui seraient formés de ces provinces. Le bill fut repoussé, les Suuistes déclarant que l'interdiction de l'esclavage, équivaudrait à les exclure de la Californie et du nouveau Mexique, puisqu'ils ne pourraient y émigrer avec leurs biens consistant en esciaves.
A partir de 1848 l'agitation alla toujours croissant, Le parti de l'abolition qui s’était affirmé pour la première fois, en 1844, avec un petit nombre d’adhérents obtint aux élections de 1856, uni au parti républicain, la majorité des voix du pays tout entier ; dans la délégation pour l’élection présidentielle, il se trouva cepeïdant en minorité de deux voix et ne put faire élire son candidat M. Frémont (1).
ette situation anormale d’un parti en minorité qui se trouve au pouvoir, ne fit qu’augmenter l'irritation ; les passions s’exaltèrent dans le Nord pendant que dans le Sudl’idée de sécession devenait de plus en plus populaire.
En 1858, des difficultés s’élevèrent dans le Kansas dont la majorité des citoyens voulait faire un Etat de travail libre, alors que les propriétaires d'esclaves s’y opposaient. Ceux-ci cherchèrent à escamoter les votes et allèrent même jusqu’à faire assassiner onze braves fermiers,
1, M. Frémont était d’origine canadienne française,
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dont le seul crime avait été de voter en faveur du travail libre. Enfin le Congrès, sous la pression des Sudistes, avait voté des lois mettant à la charge de l'Etat les frais de capture des esclaves fugitifs. En 1860 Lincoln, le champion de l’intégrité de l’Union fut élu à la présidence.
Jusqu'à cette époque on n’avait pas considéré que la sécession d’un certain nombre d’Etats du reste de la Confédération constituât un acte de trahison. « I] me paraît certain, écrivait Tocqueville en 1833, que si une partie de l’Union voulait se séparer de l’autre, non seulement on ne pourrait pas l'empêcher, mais encore on ne tenterait pas de le faire. »
Horace .Greely, le premier journaliste de ce temps et l’un des hommes les plus influents du parti républicain publiait, en 1861, les lignes suivantes dans la « New-York Tribune »:«Si la Déclaration de l’Indépendance a justifié la sécession de l'Empire britannique de trois millions de colons, en 1776, nous ne voyons pas pourquoi elle ne justifierait pas la sécession de cinq millions de Sudistes de l'Union fédérale, en 1861 » (1). On alléguait d’autre part et avec raison que les
1. Seward qui fut secrétaire d'Etat sous Lincoln, déclarait en 1848 que la séparation du Nord et du Sud était désirable et que l’Union américaine donnerait au monde un exemple de l'excellence de la liberté démocratique et une preuve de son amour de la paix, en se dissolvant amicalement,de consentement mutuel et sans qu'il fût versé une goutte de sang.
circonstances étaient changées et que c’était avec l’argent et les soldats de la nation tout entière, que la Floride, la Californie, le Texas, le Nouveau-Mexique avaient été achetés et conquis.
Le 4 mars 1861, Lincoln entrant en fonctions, prêta à Washington le serment de maintenir l’Union ; mais il n’était déjà plus le président que des deux tiers des trente-trois Etats qui la constituaient lors de son élection. La querre était désormais inévitable.
Pour la masse de la nation c’était la guerre sainte ayant pour but la délivrance de trois millions de créatures humaines opprimées ; pour la plupart des hommes politiques du Nord, il s'agissait surtout du maintien de la « Glorieuse République bornée à l’est et à l’ouest par les Océans »; chez certains spéculateurs et hommes d’affaires, peutêtre même eût-il été possible de découvrir des mo: tifs moins purs.
Lincoln écrivait à Horace Greely, le 22 août 1862 : « L'objet essentiel que je poursuis dans ce conflit, c’est de sauver l’Union et non pas de détruire l’esclavage ; si je pouvais sauver l’Union en ne libérant aucun esclave, je le ferais ; si je ne pouvais la sauver qu’en les libérant tous, je n’hésiterais pas un seul instant ; si je pouvais sauver l’Union en en libérant quelques-uns et en laissant les autres dans leur état actuel, je le ferais encore. Quoi que je fasse relativement à l’es-
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Le journal contribua puissamment à précipiter la crise, bien qu’il ne fût pas, en 1860, la puissance formidable qu’il est devenu de nos jours ; 1l n’était alors que l’écho de l’opinion, mais l’écho qui grossit, exagère, répète au loin.
Ni d’un côté ni de l’autre on ne s’imaginait que la querre serait aussi longue et aussi désastreuse. Seward l’un des ministres de Lincoln avait déclaré que tout serait finien quatre-vingt-dix jours.
Les hostilités commencèrent, le 11 avril 1861, par la prise du fort Sumter à Charleston.
L’incohérence et la confusion inséparables de la création à bref délai, de l’improvisation d’énormes armées, avec des éléments enlevés aux carrières du commerce, de l’agriculture, de l’industrie, du barreau signalèrent, comme on devait s’y attendre, les premiers temps de la lutte. Il se trouvait bien, si l’on veut, pour former des cadres les officiers et soldats des régiments qui avaient envahi le Mexique, mais l’immense majorité des combattants n'avait jamais vu le feu. Les circonstances d’ailleurs se trouvaient les mêmes pour les deux armées belligérantes, c’étaient deux armées de miliciens.
Les planteurs du Sud luttaient pour la conservation de leurs biens et de leur situation sociale,
ils devaient naturellement concentrer dans ce conflit tous leurs efforts et toutes leurs énergies. Lesinstitutions hiérarchiques qui étaient les leurs, leur donnaient tout d’abord, en outre, un avantage sur leurs adversaires au point de vue du maintien de la discipline; chez eux les officiers n'avaient pas à être élus ou agréés comme dans le Nord ;les soldats appartenant aux classes inférieures de la population voyaient dans les membres de l'aristocratie leurs chefs naturels ; mais les confédérés étaient loin de posséder la force numérique et les ressources pécuniaires des Unionistes.
Dans le Nord tout fut mis en œuvre pour attirer les volontaires sous les drapeaux. À des avo : cats, à des négociants, à des industriels, les léyislatures des États offrirent des grades de colonel et de capitaine, s'ils parvenaient à recruter un certain nombre d'hommes ; à d’autres elles assurèrent les bénéfices de la cantine ; aux soldats elles accordèrent une solde considérable avec promesse de primes en terre à l'expiration de leur temps de service. Des bureaux de recrutement furent ouverts dans toutes les localités et constituèrent le principal lieu de rendez-vous des désœuvrés, car la querre nécessairement paralysait l’industrie et avait fait un grand nombre de sans-travail.
L’enthousiasme patriotique unioniste entretenu et surchauffé par les orateurs de réunions publiques, contribua peut-être plus que iout le reste,
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à rendre les enrôlements rapides et à accroître le nombre des recrues. Grant qui devait terminer victorieusemnnt la querre avait été nommé, au début des hostilités, colonel du 21° régiment d’infanterie de l’Illinois, mais ses soldats n’avaient été engagés que pour quatre-vingt-dix jours et, ce terme expiré, la plupart étaient disposés à retourner dans leurs foyers ; le futur généralissime invita, alors, deux hommes politiques, MM. Mac Lernand et Logan à venir leur adresser la parole. En moins de deux heures d’exercices oratoires, les éloquents tribuns avaient amené le régiment tout entier à se rengager (1).
J’ai fait allusion plus haut à la campagne de « l’américanisme natif » qui avait troublé toute la période antérieure à l’élection de Lincoln ; les étrangers ostracisés profitèrent avec joie de l’occasion qui leur était donnée de manifester leur patriotisme américain ; 170.000 Irlandais (nés en Irlande) combattirent sous les drapeaux de l’Union et les Allemands s’enrôlèrent en nombres considérables.
Le goût des aventures, enfin, fut le mobile qui
inspira beaucoup de volontaires et, s'il est vrai
qu’une guerre est parfois nécessaire pour donner une issue à certains instincts qui, autrement se manifesteraient dans le crime, la querre de sécession ne fut pas bienfaisante seulement pour