A MAURICE BARRES XXI
pas '< le plus rieuj ter ri foire celtique de la France », ffiais qui en est assurément lini des plus rieit.r, et dotit la « population », ajoute M. René Jacquet, « a été pénétrée de fortes infiltrations sarrazines (^) ». Et (lu înème coup s'éclaire et s'explique ce je ne sais quoi d'erotique, de dernier Ahen.céraf/e, ces tons violents et sombres de telles de vos paqes, ces arêtes brusques, ces fiènres, ces saccades, ce fatalisme, ces roiuptés denière la (jrille, ces airs détachés d'exécuteur maure essiiyaiit son cimeterre au pan de son tnanteau, tout cet orientalisme qui reparait de temps a autre dans cotre n'uvre et dont la dernière manifestation fut ce cantique du Jardin sur lOrontc, exaltante musique sensuelle, duo d'amour éperdu d'un Abcn-Hamet catholique et d'iine dona Blanca musulmane. Vous êtes un composé, un carrefour de races, un confluent d' hérédités contradictoires comme tous les hommes de ce temps. Barres. Tantôt l'une, tantôt l'autre, l'emporte chez cous. Mais la dominante, le courant de fond, M . Jacquet a raison, c'est le Celte.
Reste à savoir, refoulé comme il l'était au plus intime de votre être, noyé sous les afflux étrangers, si vous l'eussiez aperçu et ramené à la surface, sans l'avertissement breton ? Sincèrement je ne le crois pas. Je veux bien, en dernier ressort et pour ne point trop accorder à la Bretagne, qu'elle ne vous ait IMjint engendré de toute pièce à la vie spirituelle : le Celte latent chez voi/s, mettons, si votfs le voulez, qu'elle l'ait simplement aidé à se dégager des hérédités sarrazine et lorraine qui s'opposaient à sa libre expansion. Heureux mélange de sangs ennemis au demeurant et si l'on n'a égard qu'à V émouvante beauté du débat qui s'est institué de bonne heure
(1) Notre maître Maurice Barrés, 1900,