‹ L'âme bretonne (volume 2)Chapitre 44 sur 53 · II. — SUR L.\ TU.\ISON · texte numérisé non relu

II. — SUR L.\ TU.\ISON

Depuis l'Epiphanie jusqu'au mercredi des cendres a lieu la tuaison... Parents, amis et voisins, ainsi que journaliers de la maison sont invités à [y] prendre part : les notables, le premier jour: le second, ceux qui n'ont pu se rendre le premier, avec les parents, et, le troisième jour, les ouvriers journaliers de la famille... Les convives rendus, on s'attable, tantôt à une heure, tantôt à deux et même trois heures. A peine la soupe mangée, on demande des allumettes et, après chaque service, on fume, quant aux hommes, et, quant aux femmes, on prise et on l)avarde. Quatre heures, cinq, six et souvent sept heures sont sonnées, on est encore à table et, si le repas est fini, il faut, avant de se quitter, trinquer de nouveau. Le repas n'est pas bon s'il n'est pas bien arrosé. Le pauvre a aussi sa part.

m. — SI'R I-E PARDON DU CHATEAU

Dès le matin, à l'heure de la marée, plusieurs bateaux de Trouzoul vont en pèlerinage à Saint-Jeandu-Doigt, dans le Finistère. On chante VAre maris Stella et un cantique à saint Jean. On s'en retourne,

Je soir, à la marée montante. L'après-midi, les vêpres finies, tout le monde, petits et grands, se dirigent vers le Château. Ce « château » n'est autre que des rochers amoncelés les uns sur les autres et qui se prolongent jusqu'à la passe de l'île Milliau, ayant à droite ou au nord le port de Trouzoul et, à gauchç ou au midi, la baie de Lannion (1). Là, sur la pelouse, on se recrée. Il y a bière, cidre, vin, café, liqueurs et eau-de-vie. On danse, on fait la boule; les enfants s'amusent, courent, trottent, luttent, se baignent, et le coucher du soleil les ramène à leurs foyers. C'est pour les habitants de Trébeurden, malgré que ce jour soit celui du pardon de Lannion, un jour auquel il faut que tout Trébeurden participe, sous peine de ne pas être agréable à saint Jean dii- Doigt.

Page 1