I.A lŒSlG.NATdiN UHF:TuN.\E
i-iii bretonsil). Dans un délicieux recueil de nouvelles qui vient de paraître: Soux le ru'l (p'is, de M. Simon l)avaugour, le in-ros d'une des nouvelles, surpris par une rafale du sud-ouest en traversant le hourg de l'envénan, est entré chez un vieux Breton qui lui a montré un escabeau près du foyer et lui a dit simplement : « Tu es trempé comme un gO(''mon. Approche et sèche tes hardcs à ce feu de planches. » l.e vieux sort : son hcMe reste seul devant le feu, ■■ un grand feu. un immense feu, triomphal, absurde dans une bicoque pareille », un feu qui l halluciné et où, à la longue, il tinit par discerner un tas de choses merveilleuses et terrifiantes, des tètes sans dents, des orbites sans yeux, des bras qui se tordent, des chairs qui grésillent... Le vieux rentre dans l intervalle avec une nouvelle brassée de planches pourries et, devant la pâleur de son hôte, il s'explique :
— Je n'avais point pensé à le le dire... C'est moi le fossoyeur, .le n'aurais guère de feu, si mon métier ne me donnait du bois à volonté : les planches me vi(;nnent des morts que je déterre quand le temps est venu.
Sur quoi le voyageur, encore plus pàhï, se liàle de prendre la porte et de déguerpir. Kl l'on pourrait ne voir là qu'une fantaisie de lettré, un conte noir dans la manière d'Edgar Poé, si la plupart des récits populaires qui nous sont parvenu.-; et jusqu'aux Vies des saints bretons u'élaiiMit pleins d'aventures analogues.
(Il Voir, jjour plus do diUails, L'Ame brcUniiu', i''- série, tlliap. : Au civur de ht Hace.