L'éducation du peuple, p
taigne1 c'était le principal et c'est ce qui demeure derrière... »1 Est-ce parce que ceux qui ont en charge l'hygiène morale delà jeunesse « cognoissent bien Galien, mais nullement le malade»? D'après le Dr G. Le Bon 3 ce serait une des principales raisons de la stérilité pratique qui, selon lui, caractérise notre enseignement. Bien que la plupart des critiques formulées par cet auteur soient au moins exagérées, il a bien vu que le principal défaut des maîtres français était le caractère trop livresque de leur savoir, par suite l'indifférence fréquente aux questions de psychologie individuelle et à la pensée vécue. Tout récemment encore, il n'était pas rare de voir dans les cours de philosophie les dissertations érudites sur les questions de métaphysique empiéter sur les leçons consacrées aux autres parties du programme ; souvent la psychologie et la morale étaient enseignées à l'aide des notions empruntées à l'histoire de la philosophie, sans qu'il fût fait état de la manière dont se posaient actuellement les problèmes et des solutions déjà acquises. J'ai connu un professeur de grand lycée, esprit élégant et très informé, qui, jugeant sans doute fastidieux de parler lui-même de morale à ses nombreux élèves, chargeait de ce soin l'étudiant stagiaire qui venait faire cinq ou six classes, tantôt seul, tantôt sous sa direction. Et pourtant ces questions l'intéressaient assez pour que, trois ou quatre ans après, il publiât un livre sur un des principaux problèmes de l'éthique. Ce fait est symbolique d'un état d'esprit qui pendant une vingtaine d'années s'est rencontré fréquemment dans le personnel enseignant : le souci de la culture personnelle poussé jusqu'au dilettantisme et au mépris de l'action . Hâtons-nous d'ajouter qu'une tendance contraire semble se dessiner chez les jeunes, épris de « pragmatisme », et chez beaucoup de leurs aînés que la secousse occasionnée par des