Rhétorique, II, 12 et
actif de huit à treize ans, mais à seize ans, paresseux, blasé et parfois déjà impuissant1. En outre, le sentiment exagéré de soi peut, entre autres causes, donner lieu dans certaines natures à une attention vacillante, à des goûts efféminés, à un état craintif très différent de la timidité décrite plus haut. Malgré Aristote 2, l'expérience nous montre trop souvent des jeunes gens péchant plutôt par défaut que par excès et dont les offenses ou les moqueries prennent aussi bien la forme de la bassesse que de l'insolence. Bien plus, les traits esquissés jusqu'ici indiquent dans leur ensemble la direction générale suivant laquelle évolue la jeune conscience. Mais, sauf chez quelques natures très bien équilibrées, ia formation du caractère psychologique et non seulement moral, est loin de se faire suivant un progrès régulier, allant toujours dans le même sens. L'adolescence est peut être plus instabilité qu'indécision : aucune période de la vie n'est plus féconde en surprises de tout genre ; car à côté des facultés nouvelles qui commencent à se dessiner, les habitudes enfantines persistent plus ou moins; de plus, il semble que les nouvelles tendances ne puissent se consolider dans des sentiments durables sans susciter juste les désirs et les actes d'où résulterait leur avortement. D'un jour à l'autre, parfois au même moment, les systèmes les plus contradictoires se disputent la conscience, à moins qu'ils ne s'ignorent, et lui donnent un aspect chaotique qu'on ne retrouvera jamais plus au même degré. Des variations de la personnalité peuvent se produire normalement qui à un autre âge seraient considérées comme nettement pathologiques. Il reste à étudier les principaux caractères que présentent cette incohérence et ces révolutions.