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la force nécessaire pour susciter les actes appropriés; — au moment de passer à l'exécution l'adolescent s'arrête, comme s'il craignait de perdre par un choix prématuré le bénéfice des autres âmes qu'il pourrait mettre au jour.

Après avoir entrevu celle qui sera la sienne, il peut l'oublier pendant des années. Les garçons sages qui suivent sans hésitation une ligne tracée d'avance vers un avenir dont ils connaissent déjà le fort et le faible, pourront laisser sur leur chemin une trace profonde; à coup sûr ils risquent moins de frayer de nouvelles voies que les jeunes fous qui ne réussissent à s'orienter qu'après avoir égaré leur pensée dans toutes les directions.

D'après M. Ribot1, lexpression « infantilisme psychologique» résumerait et expliquerait le caractère des instables. Si l'on compare les moi successifs de l'adolescent à la personnalité relativement équilibrée de l'enfant de huit à douze ans, on pensera peut-être que le mot juvénilisme conviendrait davantage. Les vicissitudes que traverse l'esprit de quatorze à vingt ans paraîtraient anormales à toute autre époque; aux garçons de cet âge on pourrait appliquer sans modification ce que M. Durkheim2, dit des névropathes : Pour que leur organisation mentale « pût se consolider, il faudrait que les expériences passées eussent des effets durables, alors qu'ils sont sans cesse détruits et emportés par les brusques révolutions qui surviennent. Or, la vie, dans un milieu fixe et constant, n'est possible que si les fonctions du vivant ont un égal degré de constance et de fixité;... cette correspondance harmonique ne peut s'établir qu'à l'aide du temps et de l'habitude... Dans une société dont l'organisation est définie, l'individu ne peut se maintenir qu'à condition d'avoir une constitution mentale et morale également définie. »

\. Voir là-dessus Ribot. Psychol. des sentiments, p. 422.

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