The psychology of religion, chapitre sur la conversion
que la grande crise éclate, préce'dée par un moindre bouleversement vers douze ans et suivie par une autre vers dix-sept ou dix-huit ans. Ces trois âges seraient respectivement le point de départ de la fermentation, de la crise, de la reconstruction \ ou ien d'une triple effervescence physique, émotionnelle, intellectuelle. D'après Coe2, le sujet serait impulsif dans le premier, sentimental dans le second, réfléchi dans le troisième.
En gros, il y a du vrai dans ces démarcations : On ne saurait nier par exemple que l'invasion subite dans la conscience des sensations cénesthésiques liées à l'apparition de la fonction sexuelle ne rende l'inhibition centrale très difficile, par suite les impulsions automatiques beaucoupplus nombreuses ; d'autre part c'est bien vers dix-sept ou dix-huit ans que prédomine en général l'influence des idées. Mais outre que la crise pubère comporte des variations considérables dans sa date et son influence, elle peut être aussi bien procédée ou accompagnée que suivie par l'effervescence émotionnelle. Qu'on se rappelle ce qui a été dit plus haut sur le caractère platonique des premières amours. De plus c'est souvent vers les dix-huit ans, au moins en France, quand le jeune homme à moitié émancipé de la tutelle familiale, « jette sa gourme», que les plus folles incohérences remplacent l'équilibre réfléchi qu'il commençait d'acquérir.
En réalité, si malgré leur incoordination, les fonctions physiologiques se développent pour la plupart suivant une progression assez régulière il n'en est pas ainsi de l'organisation mentale. Il semble impossible de prévoir quel groupe de tendances dominera ou fera défaut à un âge et dans une conscience donnés, ne serait-ce que pour la raison suivante : les influences morales, aussi efficaces dans les conversions que les causes physiques3, sont infiniment plus diverses et plus irrégulières. En outre, qu'elles agissent par incubation ou comme un « coup de grâce », il est rare qu'elles gardent longtemps la stabilité, la prédominance, l'obsession particulière à l'idée fixe, c'est-à-dire