Id., pp
4. The vanishing character of adolescent expériences, North Western
Monthly, VIII, p. 664.
situations l'espérance d'un lendemain meilleur se mêle invinciblement au plus sincère désespoir.
L'inconsistance de la synthèse mentale peut aboutir à des conséquences d'un caractère plus nettement pathologique. Il ne saurait être question ici d'étudier les diverses formes de dégénérescence particulières aux adolescents, d'autant plus que sur ce point, comme sur la plupart des questions de psychologie anormale, les travaux sont très nombreux. Dans cet ordre d'idées il y a cependant intérêt à compléter par quelques remarques les considérations précédentes.
D'abord, à aucun autre âge, il n'est aussi difficile de distinguer la limite qui sépare la santé de la maladie. Les psychoses qui abondent au début de l'adolescence l, sont dues en général à une émotivité excessive, à l'antagonisme entre des tendances de tout ordre, individuelles et spécifiques ; et, par suite, elles se présentent souvent comme une exagération à peine morbide de l'instabilité propre à l'état normal. S'il est vrai, comme le remarque Marro, que les conditions émotionnelles, essentiellement vaso-motrices, qui se répercutent sur le système viscéral prédisposent à la folie, les innombrables réflexes viscéraux provenant de l'entrée en jeu de l'instinct sexuel, joints aux autres changements cœnesthésiques et à la mobilité des désirs, ne peuvent que donner lieu à une richesse émotive anormale que le langage adapté aux états stables et définis est impuissant à exprimer. Des mots comme inclination, sympathie, amour, tendresse, adoration, volupté, enivrement, transport, attente, désir, tremblement, crainte, doute, anxiété, déception, amertume, découragement, jalousie, soupçon, froideur, dépit, répulsion et autres vocables énumérés par Marro, sont trop précis et pas assez nuancés pour désigner avec exactitude des états conscients dont la fermentation trouble présente
i. Marro, p. 266.
souvent les caractères d'une véritable altération mentale. D'après M. Janet S la puberté morale qui se produit un peu plus tard que la puberté physique, présenterait, si peu que s'y prête l'hérédité, les symptômes les plus constants de l'hystérie, à savoir l'impuissance à coordonner entre eux les états psychiques et à les intégrer dans l'unité du moi 2. D'un autre côté la folie de l'adolescence s'expliquerait, d'après Maudsley 3, par l'impuissance du cerveau à coordonner et à inhiber toutes les impressions inférieures surtout sexuelles. De fait, dans les nombreuses études qui depuis une vingtaine d'années ont été publiées sur la démence précoce, l'hébéphrénie, la catatonie et autres formes de la vésanie juvénile, l'incohésion et l'instabilité de la synthèse personnelle reviennent comme un des principaux leit-molive donnant à ces maladies un de4leurs caractères essentiels, au point que même ceux qui n'admettent pas des psychoses de la puberté, mais croient plutôt à une influence de la puberté sur les psychoses ordinaires, comme Marro et Wille*, notent comme un trait capital les contradictions perpétuelles entre lesquelles oscille le sujet5. « La simultanéité des altérations des sentiments et des facultés excito-motrices donne à la conduite de l'hébéphrénique la plus grande incohérence. La personnalité est en déroute, brisée, le lien qui retenait ensemble les divers centres cérébraux est rompu (?) ». Kahlbaum et Ilecker son disciple qui, les premiers, ont étudié l'hébéphrénie, la font débuter vers les dix-huit ans, c'est-à-dire au moment où le progrès de l'énergie psycho-physiologique semble subir un moment d'arrêt chez les individus les plus normaux ; ils notent comme symptômes précurseurs, une mélancolie superficielle