St. Hall, I, p
méditation 1. Leur désir de la mort peut, comme leurs autres aspirations, acquérir une telle violence qu'il exclut les états contradictoires donnant ainsi à leur action ce caractère d'automatisme qu'on retrouve sous des formes grossies dans les maladies de la personnalité dont l'hystérie est le type.
En somme, en usant de la classification de M. Durkheim, nous pourrions considérer le suicide de la plupart des adolescents comme appartenant au type anomique 2, avec cette particularité que les causes de l'anomie sont plutôt psycho-physiologiques que sociales. Les autres formes peuvent se rencontrer, par exemple le suicide égoïste par excès de vie intérieure et dégoût de l'action, par amour contrarié, tel le cas de Werther, etc. 3. Mais que la fatigue de vivre soit dû à V infini du rêve ou à Vinfini du désir, l'idée de la mort ne risque de passer à l'action que dans la mesure où le désespéré se sent impuissant à dépasser l'état présent, c'est-à-dire très rarement.
D'après Lancaster il n'y a pas d'homme qui, au cours de son adolescence, n'ait eu de sérieuses pensées de suicide v. En effet le sentiment de lassitude poussé jusqu'au désir du repos définitif est presque normal au moment où l'enfant d'hier est obligé de faire face aux nécessités de la vie et de la pensée viriles avant la formation de sa personnalité. La précocité affective, intellectuelle ou morale, loin d'affaiblir cette disposition intérieure, la fortifierait plutôt, en avivant le désir de la vie adulte, par suite le sentiment d'impuissance lié à l'état précaire de l'organisation présente.
Heureusement que le mal et le remède découlent des mêmes sources. La même anomie intérieure qui donne à l'adolescent tant de peine à vivre, lui permet de renouveler d'un jour à l'autre la formule de son existence. Si les suicides d'adolescents sont plus rares que ceux des adultes, c'est que dans les pires