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analogues aux occupations des sauvages : chasse, pêche, natation, canotage, lutte, déprédations, etc. En un mot« les jeux de l'adolescence ont un caractère social et exigent les vertus païennes (!) de courage, endurance, contrôle de soi, bravoure, loyauté, enthousiasme. » Sans méconnaître la vérité partielle de ces conclusions, remarquons seulement que parmi les goûts attribués au pubère, un certain nombre correspondent plutôt à l'âge précédent.
Des enquêtes de Groswell l, de Mac-Ghee2, etc., résultent des indications analogues. C'est ainsi qu'un tiers ou plus des amusements propres aux néo-pubères auraient le caractère d'un conflit où les adversaires se disputent un avantage déterminé.
Les jeux de ce genre serait en progression rapide de onze à seize ans, ceux qui impliquent l'exercice de l'activité musculaire seraient préférés après huit ans dans la proportion de deux à un, à seize ans dans celle de quatre à un. A partir de treize ans « les amusements prennent nettement le caractère de lutte et de coopération et les efforts se confinent de plus en plus dans la poursuite d'un but défini », parfois exclusif. Peut-être faut-il attribuer cette spécialisation croissante à l'aversion que le pubère éprouve pour les jeux très nombreux qui l'intéressaient enfant. En tout cas l'instinct combattif se satisfait non seulement par la lutte entre partenaires, mais au moins autant par le plaisir de la difficulté vaincue. Le goût de la natation, aussi fréquent, d'après Mac-Ghee, que l'amour du football ou du baseball, s'expliquerait peut-être par là : quoique aimant à s'ébattre dans l'eau moins que les enfants, les jeunes gens se complaisent bien davantage à plonger à une grande profondeur, à remonter le courant, avarier les modes de flottement et de locomotion, etc. A la même tendance se rattache un goût prononcé non seulement pour l'escrime, la boxe, la lutte à main plate et les autres exercices pouvant se terminer par la défaite de l'adversaire mais aussi pour la plupart des jeux déjà cités ou pour ceux du même genre, puisqu'ils ont pour caractères communs la
1. Amusements of Worcester school children, Ped. sein., VI, p. 314.
2. A study in the play life of some South Carolina children. Ped. sem., VII, 459.
poursuite d'un but plus ou moins difficile à atteindre, l'accomplissement d'un effort témoignant d'un haut degré d'adresse ou d'énergie.
La doctrine phylogénétique chère à St. Hall 1 conduit cet auteur à attribuer une importance spéciale aux amusements rythmiques dont la danse est le type. Se fondant sur l'universalité de cet art parmi les populations primitives, sur l'union à peu près constante du chant et du travail, sur le caractère rythmique de la plupart des mouvements automatiques, il pense avec raison qu'on ne saurait trop favoriser la répétition des actes exécutés en mesure, tels que la marche, la course, le cyclisme, le canotage, la danse elle-même, puisque, intimement associée à la poésie et à la musique, elle était considérée par les grecs comme une des bases de l'éducation juvénile2. Ses « retours » attestent qu'avec la puberté naît fréquemment un désir irrésistible de battre la mesure, de se trémousser, de piétiner, de frapper des mains. Ceux qui ont entendu les bans répétés qu'élèves et étudiants se plaisent à ouvrir à tout propos, confirmeront volontiers l'exactitude de ces indications. Elles fournissent un argument de plus à ce qui a été déjà dit de l'utilité de la musique dans l'éducation. Y aurait-il de graves inconvénients à ce qu'une partie des promenades ou des exercices, physiques fut scandée, comme le sont parfois les marches militaires, par des refrains joyeux ou entraînants? D'une manière générale l'accompagnement musical, en rendant les mouvements plus agréables, plus réguliers, plus automatiques, diminue l'effort conscient et soulage la tension nerveuse impliquée dans les exercices difficiles.
La plasticité de l'adolescent permet à tous les genres d'activité, si on sait les lui rendre intéressants, de prendre la forme du jeu et, par là, de mettre toutes les énergies du sujet au service d'une œuvre se présentant d'abord avec les caractères du travail. Et, résultat précieux, dans ce cas le maximum de rendement sera obtenu avec moins de fatigue que n'en aurait produit un effort partiel accompagné d'ennui. Aussi l'essentiel