Année psy ch., II, pp. 64 sqq
marqués sont encore les effets des exercices physiques poussés jusqu'à la fatigue. Pendant une période de championnat, la consommation de pain augmenta pour chaque élève 1 de 45 grammes par jour; pendant la période de dix jours qui suivit il y eut, sur la période précédente, une hausse de 40 grammes, de 22 grammes plus forte que l'accroissement du à une simple promenade2. Ainsi les chiffres s'élevèrent non seulement pendant la période du championnat, mais aussi pendant quelque temps après la fin des exercices, comme si ceux-ci avaient provoqué un surcroît de vitalité lent à s'épuiser 0.
Autre résultat précieux, l'assimilation est si rapide, les oxydations sont si complètes, grâce au mouvement et au grand air, que la voracité de l'adolescent ne risque plus autant de produire la lourdeur et la stupidité qui, chez certains sujets, accompagnent fréquemment les digestions pénibles aux produits mal élaborés.
Enfin le sommeil et la nourriture, s'ils sont suffisants et pris dans de bonnes conditions, permettent à la fatigue mentale ou physique de produire les effets les plus précieux qu'on puisse demander à l'éducation. Car au moment où la croissance saccélère, au moment où l'esprit et l'organisme acquièrent de nouvelles fonctions, l'essentiel est d'en pousser l'exercice jusqu'au plus haut degré possible, puisqu'en vertu de la loi de l'assimilation fonctionnelle, l'être vivant se détruit par le repos, mais se développe par le travail, assez rapidement pour arriver à exécuter sans effort les opérations qui au début lui étaient le plus pénibles. S'il est une époque où la fonction fait l'organe, c'est bien l'adolescence. Et comme la fatigue est due moins à l'usure vitale qu'à une auto-intoxication de l'organisme, les mesures hygiéniques capables d'assurer l'élimination des déchets en même temps que de fournir au sujet l'énergie plastique et calorique dont il a besoin, permettent dans la plupart des cas d'obtenir de son activité le rendement maximum, sans