‹ L'Ame de mon violonChapitre 2 sur 6 · PRÉLUDE IO · texte numérisé non relu

PRÉLUDE IO

Heureuse, où t'en vas-tu, belle heure sans souci,

Toi qui semblés porter aux vieux soirs un défi,

Ignorante des maux et ne te doutant guère

Que ton aînée, ici, née à peine naguère,

Ayant bientôt vécu son passager moment

De terrestre bonheur, s'en ira tristement

Rejoindre, en l'infini du temps, ses sœurs, les tiennes,

Les heures d'autrefois, les heures anciennes

Qui, comme toi, volaient dans le vent du matin,

Fières de leur jeunesse et narguant le destin.

Puisque l'instant est court, ô dirige ton aile Et ne la laisse pas errer par la venelle Etroite et salissante où tant de mal se plaît A charrier l'ordure et le vice et le laid ; Mène-la par les champs des riants paysages De la sérénité, sous l'envol des nuages

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