PRELUDE I I
Qu'une pitié colore et berce un souffle pur ; Mène-la vers l'Amour! il est, proche l'azur, Au pays de tendresse où sait fleurir sans cesse, Fleur divine, éternelle et de très rare espèce, La Rose, éclose rose, au parfum de bonté, La Rose chère aux cœurs de bonne volonté.
Mon heure dont le vol, hélas ! déjà se lasse Et, bien près de finir, au souvenir s'enlace, Mon heure se souvient d'avoir cueilli jadis La belle Rose, rose et plus pure qu'un lys : Ses minutes depuis en furent parfumées Comme ma joie aussi l'est de ma bien-aimée.
isr novembre 1900.
A travers les glaces sans tain Des vitrines de mon grand-père Je la guettais, soir et matin, Celle qui toujours sut me plaire.
Souriante pomme d'api,
Fraîche enfant, mignonne écolière,
Elle passait, regard joli,
Et mon cœur me chantait : espère I
Son père lui donnant la main Elle allait sans savoir, brunette, Quel émoi fardait de carmin Si subitement mes pommettes,
Quels pensers volaient si souvent De mon collège à son couvent.
'^Extraits de Couleur du Temps, i
ÉMS