LES LEÇONS DE LA MONTAGNE
de symétrie avait passé par là. Tous ces buissons présentent la forme de cônes très réguliers, de toute grandeur, et le nombre en est tel qu'on pense avec stupeur à la main-d'œuvre colossale que leur taille a coûté.
Et pourtant, ce travail n'a pas coûté un centime. Il n'a dérangé ni un jardinier ni une paire de ciseaux. Il s'est accompli avec autant de bonne volonté que de savoirfaire, et ce sont les vaches, les moutons et les chèvres qui en sont les auteurs. Aux premiers jours de leur arrivée à la montagne, les troupeaux se jettent avec avidité sur les jeunes pousses vert tendre qui garnissent lts buissons. Consciencieusement, ils les broutent jusqu'à la dernière feuille, et la tondeuse qui fauche les cheveux sur une tête, ne fonctionne pas avec plus de précision que ces milliers de dents tranchantes au service d'appétits sans cesse renaissants.
Le même travail peut se remarquer sur