‹ L'âme des saisonsChapitre 17 sur 68 · AURORE · texte numérisé non relu

AURORE

De grand matin les tourterelles Roucoulent dans les bois d'aunelles...

Lorsque le crépuscule en fraîche pâmoison D'une barre d'argent souligne l'horizon ;

Lorsque la Terre est grise et blonde de rosée Et semble défaillir d'un émoi d'épousée ;

Lorsque l'odeur sauvage et fauve des forêts Se mêle au virginal arôme des muguets ;

Lorsqu'au profond azur les étoiles divines Expirent dans la paix des lueurs opalines;

Lorsque la brise a des caresses de satin Et les oiseaux des voix de rosée et de thym ;

Lorsqu'on perçoit au loin des rumeurs étouffées Et que dans les vallons flotte un peuple de fées ;

Lorsqu'on devine en l'air, parfumé comme un miel^ L'amoureuse union de la Terre et du Ciel ;

Eperdument les tourterelles Roucoulent dans les bois d'aunelles...

Et soudain, orbe d'or aux cent millions d'yeux. Le soleil éclatant s'enflamme dans les cieux î

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