‹ L'âme des saisonsChapitre 28 sur 68 · LES CAMPANULES · texte numérisé non relu

LES CAMPANULES

Drelin drelin drelin, prière du matin !

Un silence.

LE CHÊNE

Seigneur, nous élevons les bras vers votre gloire ! Nous nous sommes dressés en frémissant pour boire, Selon votre très sage et sainte volonté. Le vin d'opale et d'or de cette aube d'été.

CHŒUR DES ARBRES

Seigneur, nous élevons les bras vers votre gloire !

LE CHÊNE

Est-t-il quelqu'un, Seigneur, qui soit votre pareil ? Votre Œil en se fermant éteindrait le soleil. Et n'était votre Droite auguste qui les couvre. Il n'est esprit qui pense ou corolle qui s'ouvre.

CHŒUR DES ARBRES

Est-il quelqu'un. Seigneur, qui soit votre pareil ?

LE CHÊNE

La vie est comme une eau qui coule dans un songe. Tout geste est illusoire et tout verbe mensonge, S'ils ne se rangent pas avec simplicité Au rythme éblouissant de votre éternité.

CHŒUR DES ARBRES

La vie est comme une eau qui coule dans un songe.

LE CHÊNE

Nous avons vécu des hivers et des hivers, Notre écorce a saigné sous la lime des vers, L'ouragan a tordu nos branches qui vieillissent Et la foudre à nos troncs laisse des cicatrices.

CHŒUR DES ARBRES

Nous avons vécu des hivers et des hivers.

LE CHÊNE

Mais maintenant, Seigneur, voici nos rameaux verts I Voici, dans la musique ardente de la sève. L'unanime hosanna de la forêt qui lève Ses mille bras vibrants et tumultueux vers L'inaccessible azur où brûle votre gloire !

CHŒUI

Amen.

Uor de V aurore fait largement irruption dans le bois, d'oii s'élève une fumée d'encens.

PÊLE-MÊLE d'oiseaux ET DE FLEURS

Jouons. — Mignonne! — Unbaiser... — Non. — Aboire!,

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