‹ L'âme des saisonsChapitre 66 sur 68 · L'ÉTABLE · texte numérisé non relu

L'ÉTABLE

A Bethléem, la nuit est si pure et si douce

Que Ton entend le trot des agneaux sur la mousse.

Sous les étoiles d'or, criblant le bleu du ciel, Les arbres sont petits, jolis et blancs de gel.

Or, les troupeaux et les pasteurs, vêtus de laine, Font un moutonnement de neige sur la plaine.

Et, manteaux déployés, les bras nus sont tendus, Et les visages bruns et les mufles crépus.

Vers rétable, construite en grosses poutres vertes Et d'un toit de genêts et de givre couverte,

Où, sur un coussinet de rayons glorieux, Entre l'âne bénin et le bœuf aux gros yeux,

Entre le Patriarche à longue barbe blanche Et la Vierge fluette et frêle qui se penche,

Sous la grappe rieuse et l'essaim potelé Des chérubins, tordant des rubans déroulés,

L'Enfantelet divin que l'Univers adore

Lève ses pieds mi gnons, roses comme l'aurore.

28o L'AME DES SAISONS

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