INTRODUCTION
Voici un petit livre qui renferme tous ies mystère? de la vie intérieure , tout ce qui peut consoler l'âme et la remplir d'une paix délicieuse, de cette paix de Dieu qui surpasse tout sentiment.
Il parut naguère en Italie , et il y eut un succès si rapide, que cinq ans suffirent pour en opérer l'écoulement de quarante mille exemplaires.
Il est divisé en trente et une considérations, suivies chacune d'une préparation et d'une action de grâces à la communion, que terminent des aspirations et des maximes. Il renferme aussi des sentiments affectueux sur la Messe, des réflexions aussi neuves que touchantes sur la confession, la communion spirituelle, la visite au saint Sacrement, et, en outre, les offices du dimanche, et diverses prières tirées des œuvres des plus beaux génies et très-appropriées aux besoins des âmes.
On se tromperait fort toutefois, si, ne le jugeant que d'après ce seul exposé, on ne le croyait utile qu'aux personnes adonnées à la vie religieuse, ou du moins
qu'à ces âmes d'élile qui aiment à nourrir leur piété de ce qu'a produit de plus doux l'onction de Dieu.
Qu'on examine, en effet, ces hautes pensées sur l'Eucharistie, ces préceptes de vie spirituelle, ou plutôt celte philosophie sublime si appropriée au cœur humain , si puissante pour en remuer les ressorts , si pleine de grandeur et d'amour qui le caractérisent, et surtout ces hymnes de foi si consolantes et si pures qui suivent chaque considération, hymnes où le cœur puise comme une intarissable exhalaison de vie, et s'empreint d'un sentiment profond de cette douce mélancolie religieuse qui sied si bien à l'âme qui prie, et qui la viviiie et l'élève comme un songe des deux; oui , qu'on examine toutes ces sources de vie , et l'on verra qu'il n'est point de chrétien qui ne puisse le lire, le méditer avec fruit; point de cœur si blessé, point d'âme si flétrie, si délaissée, qui ne puisse y trouver du calme et des consolations.
De plus, toutes ces matières, nous osons le dire, sont présentées sous une forme propre à les faire aimer, sans aucun, mélange de celte aridité qu'on trouve souvent dans les écrits ascétiques. Nous ne connaissons pas de livre en ce genre qui réunisse au même degré la tendresse, la vivacité du sentiment, la naïveté de l'expression, et surtout cette heureuse fusion des plus beaux passages de nos livres saints, cette onctueuse piété et cette grâce d'élocution que nous gémissons, hélas! de ne pouvoir assez reproduire, et qui dénotent dans l'auteur autant de science |ue de foi,
Aussi, quelle Jouée consolation, quelle paix inexprimable on éprouve en le lisant! Comme on satisfait cet impérieux besoin que le cœur se sent d'aimer! Comme l'âme s'élève rapidement vers les hauteurs d'une vie pure, et s'établit dans cet état calme, inaccessible aux passions humaines, qu'ont trouvé les saints, et qui est comme une émanation lointaine de la félicité mystérieuse qui nous attend au-delà de cette vie! Comme elle entre vite en intime communication avec le céleste époux, et alors, seule avec lui, hors des bruits du monde, au milieu du silence des créatures, dans les transports d'un pur amour, dans un sentiment de bonheur toujours nouveau, comme elle jouit et s'exhale en touchantes aspirations vers Dieu , en établissant doucement en lui son repos, sa pensée, ses désirs!
Tel est l'effet qu'a produit sur nous ce pieux écrit. Nous avons essayé d'en reproduire l'onction et les beautés. Heureux si nos efforts n'ont point été stériles! Heureux si nous sommes parvenus à porter les fidèles à se nourrir, comme d'un aliment de vie, de ce récit du plus auguste de nos mystères , et à puiser à cette source vive le délectable amour dont s'abreuvent les élus ; et par là , si nous avons pu coopérer à la gloire de Dieu et au bien des âmes!