VINGT-SEPTIÈME CONSIDÉRATION
Sur l'horrible sacrilège que commettent ceux qui communient en état de péché mortel.
I. Considérez, âme pieuse, le sacrilège horrible que commettent les perfides qui osent recevoir Jésus-Christ, l'Agneau sans tache, dans un cœur impur, pire qu'un lieu d'immondices. 0 Dieu! quelle union diabolique ils font de la lumière avec les ténèbres, du Christ avec Bélial, du ciel avec l'enfer! Une des plus cruelles barbaries inventées par le tyran Maxence, fut de faire lier un homme vivant à un cadavre, bouche contre bouche, yeux contre yeux, pieds contre pieds, et de les laisser ainsi attachés l'un à l'autre jusqu'à ce que ia contagion du mort fît mourir le vivant. Telle est, pour ne pas dire plus grande , la cruauté de ces scélérats qui communient en état de péché mortel : ils unissent le Christ vivant et glorieux avec leur âme défaillante et corrompue, qui , aux yeux de Dieu , est la plus fétide et la plus hideuse du monde. Union sacrilège et infiniment pire que celle d'associer saint Michel
à Lucifer, car l'opposition qui existe entre Dieu et le péché est bien autrement plus grande que celle qu'il y a entre saint Michel et Lucifer. Le bienheureux Léonard rapporte qu'un jour, au moment où communiait un impie , une âme pieuse vit dans les mains du prêtre, au lieu de l'hostie, un charmant enfant qui se débattait des pieds et des mains, et se tordait pour ne pas entrer dans le cœur de cet impie.
Oh! qu'il serait bien qu'il arrivât à tous les sacrilèges ce qu'éprouva jadis la pécheresse Marie l'Egyptienne, et qui, de l'abîme de ses iniquités, l'attira à une vie prodigieuse de mortification et de pénitence. Poussée par un sentiment de curiosité, sinon par quelque chose de pire, elle était allée assister à la magnifique fête de l'Exaltation de la sainte Croix , qui se célébrait avec la plus grande solennité à Jérusalem. Voyant les âmes pieuses qui accouraient en foule vers le temple pour vénérer le signe sacré de notre rédemption, elle suivit la même direction. Déjà elle avait atteint le seuil de l'église; elle allait entrer, et voilà qu'une force invisible la repousse en arrière. Consternée, mais non vaincue, elle renouvelle sa tentative... et quelque chose d'invisible la repousse encore plus loin. La malheureuse renouvelle l'épreuve, mais la même force mystérieuse la rejette avec violence au dehors. Plût au ciel qu'il en fût ainsi de ces sacrilèges qui s'avancent hardiment à la table sacrée! Plût au ciel qu'alors ils sentissent une main glacée se poser sur leur cœur pour les en éloigner! Mais si Dieu n'a pas voulu multiplier pour eux les miracles > la foi ne suffit-elle
pas pour les épouvanter et les empêcher de commettre un crime aussi atroce?
Saint Jérôme, uniquement parce que sa conscience lui reprochait quelques transports de colère, tremblait devant l'entrée des basiliques des martyrs, et, prosterné sur le seuil sacré, le baisant et l'arrosant de ses larmes, il demandait comme une grande grâce que l'entrée lui en fût permise. Mais ce saint, qui étudiait nuit et jour l'Ecriture , savait les nombreuses purifications que Dieu prescrivait aux Hébreux qui voulaient pénétrer dans le sanctuaire. Il savait l'épouvantable châtiment infligé à ce malheureux qui était entré dans la salle du festin sans être revêtu de la robe nuptiale. Il savait aussi les terribles menaces du Seigneur contre les habitants de Juda, uniquement parce qu'ils avaient eu l'audace d'entrer dans le temple avec un cœur souillé d'iniquité. Vous allez, leur dit le Seigneur par la bouche de Jérémie, vous allez avec des voleurs, des homicides, des adultères* avec ceux qui adorent le mensonge et brûlent leur encens aux dieux étrangers; et puis, vous venez dans ma maison et vous affrontez ma présence. Hélas! ma maison est -elle devenue une caverne de voleurs? C'est moi qui vous ai vus; et à cause de cela, je vous rejeterai de devant ma face, comme j'ai rejeté tous vos frères descendants d'Ephraïm. Et toi, ô Jérémie, garde- toi bien de prier pour ce peuple ; ne m'offre ni louanges ni adorations pour lui, car je ne les recevrai point.
Si donc, au jugement de saint Jérôme, et ce qui est encore plus, de Dieu même, c'est un si grand crime
de n'entrer dans les temples sacrés qu'avec un cœur impur, que sera-ce d'y recevoir celui qui est le Dieu de pureté et de candeur? Cette seule pensée faisait frémir et saisissait d'horreur saint Thomas de Villeneuve : Horresco referens et toto corpore contremisco (Conc. 5 de Sacr. ait.) Saint Augustin ne pouvait imaginer une peine assez grande pour ces scélérats : Mallem sustinere pœnam Caiphœ, Herodis et Pilati, quam sacerdotis indigne celebrantis (De sac. Missae). Sainte Catherine de Sienne ne savait donner à ces perfides une plus juste qualification que celle de démons visibles, de démons incarnés, de tabernacles et de temples de Satan.
U. Continuez, âme pieuse, à considérer la noirceur, la scélératesse, l'atrocité du crime de ceux qui se rendent coupables de sacrilège. Que diriez -vous si vous veniez à voir une particule consacrée dans un égout? Ne frémiriez-vous pas d'horreur à un tel spectacle? Or, lorsque ces impies reçoivent dans leur âme souillée du péché mortel l'hostie consacrée, ils introduisent Jésus-Christ dans un lieu si fétide et si dégoûtant, qu'il en mourrait d'horreur s'il n'était ni impassible ni immortel; car, pour lui, une âme pécheresse est plus repoussante que pour nous un cadavre en putréfaction ; Tolerabilius fœtet canis mortuus, quam anima peccatrix Deo. Àh! cœurs dénaturés! comment votre esprit a-t-il pu , malheureux , vous conduire à un si noir forfait? Si vous aviez à recevoir dans votre maison votre souverain , le mettriez-vous face à face avec une personne odieuse, avec un ennemi, un traître,
un rebelle? Or, en communiant, vous recevez dans votre sein le souverain du monde, le Roi des rois, votre Créateur, votre Dieu ; et en le recevant en état de péché mortel, vous lui faites trouver dans votre cœur son plus grand ennemi, la chose qui lui est la plus odieuse sur la terre, l'unique objet de sa haine divine, et d'une haine infinie et nécessaire; car s'il cessait un instant de haïr infiniment et nécessairement le péché mortel, il cesserait d'être Dieu dès ce moment môme. C'est le péché mortel qui le premier éleva l'étendard de la révolte ; c'est le péché mortel qui le trahit et le livra à la mort quand il se fut réduit à l'état mortel.
Au riez-vous le courage d'avaler une arme qui vous percerait la gorge et vous ouvrirait les intestins? Eh bien! vous faites pis encore, quand vous recevez indignement Jésus-Christ. Vous mangez et vous buvez votre jugement, selon l'expression de l'Apôtre, c'est-àdire la sentence de votre éternelle condamnation à l'enfer.
Vous qui communiez en état de péché mortel, vous ruinez la plus belle des œuvres, le chef-d'œuvre de la sagesse divine. Jésus-Christ, en instituant la sainte Eucharistie, épuisa, selon l'expression du concile de Trente, les trésors de son amour pour les hommes; car, bien que Jésus-Christ, comme l'observe saint Augustin, soit infini en science, en puissance et en richesse, il n'a rien pu trouver ni nous donner de supérieur à lui-même. Mais quel était donc le but qu'il 3e proposa en nous faisant ce don infini? Celui de s'unir à nous le plus étroitement possible, de nous
identifier à lui, de nous diviniser autant que peut l'être une pure créature. Or, en communiant en état de péché mortel, vous détruisez tout ce céleste et sublime dessein de son amour, et vous faites tout ce qui peut y être le plus opposé ; vous vous détachez et vous vous éloignez toujours de plus en plus de Dieu par cet énorme sacrilège. Vous élevez entre lui et vous un mur infranchissable. Vous vous associez toujours de plus en plus au démon, en vous incarnant, pour ainsi dire, dans cet implacable ennemi du Seigneur. En effet, dit l'Evangile, à peine Judas eut-il communié indignement, que le démon s'empara de lui et l'entraîna à se pendre à un arbre , où son ventre s' étant déchiré par le milieu , vomit ses entrailles impures , comme le dit saint Pierre. Que si ces effets visibles n'accompagnent pas toujours les communions indignes, l'effet invisible de votre éloignement de Dieu et de votre alliance avec le démon, qui vous attire au sacrilège, ne manque jamais : c'est votre éternelle damnation.
III. Considérez, âme pieuse, combien raisonnent mal ceux qui concluent de la laideur du sacrilège qu'il serait mieux de ne pas communier. Il est vrai que c'est un moindre mal de ne pas communier, que de le faire en état de péché mortel ; mais c'est un mal non moins grand que de ne communier jamais ou trèsrarement. Que diriez-vous d'un homme qui, s'étant trouvé sur le point de mourir pour avoir mangé une nourriture empoisonnée, en tirerait la conséquence qu'il est mieux de ne point manger du tout? C'est un moindre mal, lui répondriez-vous, de ne pas manger,
que de manger des choses vénéneuses; mais c'est aussi un grand mal que de se priver de toute nourriture. Manger des choses vénéneuses, c'est vous exposer à mourir en peu d'instants, et c'est en cela que le mal est pire; mais la privation absolue de toute nourriture vous conduit sûrement en peu de jours à la tombe; donc c'est un très-grand mal de ne pas manger du tout. Venons maintenant à notre sujet. Si vous communiez en état de péché mortel, vous encourez aussitôt votre condamnation à la mort éternelle; et c'est pour cela que c'est un mal pire que de ne communier jamais; mais l'éloignement absolu de la communion vous conduit avec non moins de sûreté, quoique plus lentement, à la mort éternelle. Ainsi, de même que la nourriture physique est nécessaire au corps pour soutenir la vie corporelle, de même aussi la nourriture eucharistique est nécessaire à l'âme pour alimenter la vie de la grâce. Si vous ne mangez ma chair et ne buvez mon sang, dit clairement Jésus-Christ dans l'Evangile, vous n'aurez point la vie en vous. Ainsi, de même que pour avoir une vie forte et vigoureuse on a besoin de s'alimenter fréquemment de la nourriture corporelle, de même aussi il est comme impossible qu'une âme ne perde pas la vie de la grâce, si elle n'use que rarement de la nourriture eucharistique. Telle est donc la conséquence qui se déduit de ce qu'on vient de dire. Nous ne disons pas : 11 est mieux de ne pas communier, mais qu'il est nécessaire de communier dignement et souvent. Ainsi, que celui qui a la conscience chargée y mette ordre tout de suite
par une confession générale, et puis qu'il communie. Qu'il continue à se confesser et à communier le plus souvent qu'il lui sera possible, avec une grande et attentive préparation, et bientôt il se fera en lui un changement tout nouveau* La nourriture eucharistique est une nourriture divine et toute-puissante à produire en nous des fruits de vie et de salut éternel; mais elle opère selon les dispositions de celui qui la reçoit, de manière qu'elle devient un poison mortel pour les indignes. C'est la vie des bons et la mort des méchants, dit l'Eglise dans ses cantiques : Mors est malts, vita bonis. Vide paris sumptionis quant sit dispar exitus. Quelle différence dans les effets d'une même nourriture!
Préparation à la Communion.
Quid debui facere vtneœ meœ, et non feci (Jer., 3)?
Ecoute, ô mon âme, ce que te dit ton Jésus : Que devais-je faire pour toi, que je n'aie pas fait? Je me suis fait homme pour ton amour. De maître , je me suis fait serviteur. Je suis né dans une étable, et je suis allé jusqu'à mourir pour toi par l'infâme supplice de la croix. Je t'ai donné richesse et gloire, et je n'ai pris de toi que nudité et détresse. Je t'ai cédé tout ce que ma divinité avait de grandeur, et je n'ai pris de l'humanité que l'abjection. Je t'ai donné mes mérites, et je n'ai pris que tes peines. Je t'ai donné mon immortalité, et je ne me suis réservé que ta mort. Je t'ai donné la félicité de mon royaume, et je n'ai pris que les douleurs de ton exil. Que devais-je faire de
plus pour toi? Et cependant mon amour a voulu faire encore davantage, et il l'a réalisé. Après être mort pour toi, j'ai voulu rester dans le saint Sacrement pour me faire la nourriture de ton âme; et ce matin même, je n'attends que le moment d'entrer dans ton sein.
Ah! qui suis-je, ô Jésus, pour daigner me faire une 6i grande faveur? Hélas! les apôtres se disposèrent à recevoir l'Esprit-Saint par dix jours de retraite, de jeûnes et de mortifications; et j'oserai, moi, si peu préparé, m'avancer pour vous recevoir? Moi, naguère souillé par le péché, moi, si froid, si insensible à votre amour! Ah! Seigneur! quelle douleur pourrait compenser les innombrables déplaisirs que je vous ai causés par le passé? Et pourtant, nous voilà prêt à venir habiter dans une si vile et si ingrate créature!
Ah! que n'ai-je jamais offensé un Dieu si bon et si miséricordieux, qui se donne lui-même et s'offre comme gage de pardon au repentir de ses enfants. Oh! que tu fus injuste, ô mon cœur, de donner ton amour à ces créatures perfides qui t'ont fait oublier ton Créateur! O mon amour suprême, combien je vous ai outragé. Biens de cette terre, n'attendez de moi que le mépris; et vous, créatures, que l'indifférence. .. Je ne vous ai que trop aimés... Mon cœur n'éprouve maintenant d'amour que pour son bien-aimé Seigneur. Oh! oui, mon Jésus, je veux vous aimer. Je n'ai été que trop ingrat envers vous, qui ne m'avez point démenti votre bonté. Je l'admire, cette immense bonté, mais aussi, je reconnais mon injustice, et je me jette à vos pieds en vous disant ; Mon Jésus, ayez pitié de moi,
qui n'ai payé votre amour que par une noire ingratitude. Vengez- vous sur moi et châtiez-moi, mais ne m'abandonnez pas, ne me privez pas de votre tendresse. Punissez-moi et changez-moi. Ne permettez pas que ma vie s'écoule oublieuse de votre amour. Faites que je vous aime au moins par reconnaissance, et qu'avant de mourir je compense, en quelque sorte, votre céleste amitié.
Ah! si j'étais mort dans mon péché, je ne pourrais plus vous aimer! Je vous remercie donc, ô Jésus, de m 'avoir donné le temps de revenir à vous et de vous exhaler mon amour. Venez donc, venez posséder mon cœur tout entier; venez le détacher de toute affection à cette terre et le faire tout à vous! Heureux si, par votre grâce, je puis arriver jusqu'à renoncer à toutes les satisfactions terrestres, afin de ne tendre qu'à vous contenter vous seul, ô mon suprême et mon unique bien! Heureux si je puis parvenir à oublier toutes les choses humaines et ne me souvenir que de vous seul et de votre saint amour! Que sont les richesses, les plaisirs et les honneurs! Mon cœur n'est fait que pour vous, et en vous seul il peut trouver son repos. Les créatures peuvent l'attirer et le séduire , mais le contenter, jamais! Vous seul, ô mon Dieu, êtes son centre, son repos, sa félicité. Je ne veux donc que vous; car vous seul me suffisez, puisque seul vous êtes plus pour moi que toutes les créatures réunies. I Venez, è esprit divin, venez enrichir mon âme de vos dons et répandre sur elle vos bénédictions. Bien qu'elles me soient toujours nécessaires, elles me sont
indispensables en ce moment où je vais recevoir Jésus- Christ dans mon sein. Oh! purifiez-moi toujours de plus en plus de toute affection coupable; et par vos ardeurs, embrasez -moi de cette charité et donnezmoi ces sentiments qui doivent animer ceux qui s'approchent de la Table sainte ; Veni, creator spiritus.., lava quod est sordidum, riga quod est aridum, sana quod est saucium.
Action de grâces.
Jésus, douce flamme de mon cœur! que vous donnerai-je pour gage de ma reconnaissance? Ah! que ce cœur est froid et indifférent pour vous offrir quelque chose en échange de cet auguste bienfait! Il se sent encore trop de transports pour les créatures et les biens de la terre; il n'est languissant, triste, indolent, paresseux que pour vous. Ah! cœur ingrat, cœur oublieux des bienfaits, cœur de pierre! Qu'importe que tu sois sensible aux flatteries des hommes, si tu es insensible et glacé pour les tendres épanchements d'amour de ton Dieu! Hélas! reviens enfin à toi; renonce aux affections mondaines, et embrase-toi d'amour pour ton Dieu.
Ah! mon Dieu, secouez mon cœur; éteignez les sentiments profanes qui s'allument encore en lui, et enflammez-le de votre divin amour. Oh! oui, mon Jésus, pénétrez mon âme tout entière des feux de votre amour, afin que, ne cherchant que votre bon plaisir, je haïsse ce qui vous déplaît et chasse de mon cœur tout ce qui vous offense. Faites que je dise toujours aveo
une véritable affection : Mon Dieu, mon Dieu, je ne veux que vous et rien de plus. Donnez-moi un grand amour pour votre sainte Passion, afin que votre mort et vos peines soient sans cesse devant mes yeux pour m'enflammer chaque jour davantage envers vous, et me rendre propre à correspondre dignement à votre amour. Donnez-moi une grande piété envers le saint Sacrement, où vous m'avez révélé toute la tendresse que vous me portez. De plus, je vous prie de me donner une tendre dévotion à votre très-sainte Mère; faites-moi la grâce de l'aimer, de la servir, de toujours recourir à son intercession et d'exciter les autres à lui consacrer leurs hommages. Je vous prie, Seigneur, de m'accorder une sainte mort; faites qu'à ce moment suprême je vous reçoive avec un grand amour dans le saint Viatique, afin qu'uni à vous, enflammé d'un saint amour et brûlant du désir de vous voir, je quitte cette vie pour aller vous aimer à jamais dans les cieux.
Mais que vous donnerai-je, en attendant, pour la faveur immense que vous avez faite à mon âme en venant la visiter ce matin? Hélas! ne vous indignez pas de mes pauvres offrandes, ne regardez point la petitesse du don, mais la bonne volonté de celui qui le présente. Acceptez d'abord mon âme, hélas! non pas dans cette beauté qu'elle reçut au baptême, mais aussi pure que vous me le faites espérer, régénérée dans la pénitence et purifiée par votre précieux sang. Qu'elle soit à vous pour toujours et vous consacre toutes ses puissances; que, pour vous; elle ne redoute rien, qu'elle supporte tout et ne cherche que vous. Recevez
k&ssU les années de vie que vous m'avez destinées; je vous les consacre toutes et ne m'en réserve aucune. Qu'à vous soient les œuvres de piété qu'il me sera donné d'accomplir, à vous aussi toutes les occupations et les fatigues que l'obéissance et ma condition exigeront de moi : je les dirige dès ce moment dans le but de votre honneur et de votre gloire.
Je vous offre aussi, du fond de mon cœur, toutes les amertumes par lesquelles il vous plaira d'éprouver ma fidélité et ma résignation à votre sainte volonté. Je suis disposé à tout souffrir pour vous et à me reposer paisiblement dans votre providence. Je voudrais, ô Jésus, pouvoir former un faisceau de toutes mes inclinations vicieuses et vous l'offrir en sacrifice, afin que le feu de votre amour en fit une entière consommation. Mais si je ne suis pas encore capable de faire un tel sacrifice, je mettrai au moins tous mes soins à poursuivre en moi la passion dominante, et je n'aurai plus, je l'espère, le courage et la hardiesse de me présenter de nouveau à la sainte Table avant d'avoir triomphé d'elle.
Ah! Jésus! vous êtes tout à mon cœur, et mon cœur est tout à vous. Comme autrefois les apôtres se consacrèrent entièrement et irrévocablement à vous, le joui de la Pentecôte, ainsi me consacré-je moi-même, en m( livrant avec joie à tout ce que je pourrai vous offrir du plus doux. A partir de la Pentecôte, ils ne visèrent qu'à votre gloire et la prirent pour Tunique but de leurs actions. À moi aussi, Seigneur, votre gloire et votre service seront, dès ce jour, le principal but de toutes
mes fatigues et de toutes mes pensées. Et, de même que les apôtres sortirent du cénacle avec un esprit résolu à tout faire et à tout souffrir pour Famour de Jésus, de même aussi veux-je sortir de cette église avec un cœur prêt à tout braver et à tout souffrir, plutôt que de vous manquer de fidélité. Tel est, Seigneur, l'engagement que je prends devant vous. Oh! ne refusez pas l'offrande que je vous fais de ma résolution.
Adorable Jésus, je m'incline devant votre divine majesté: soyez pour moi un père et un sauveur.
Ame de Jésus, sanctifiez-moi, etc., page 23.
Aspirations.
1. Quel plus grand plaisir puis-je avoir que celui d'être agréable à mon Dieu?
2. Mon Dieu, je veux vous aimer sans intérêt, sans interruption, sans réserve.
3. Chères douleurs de Jésus, j'attends de vous la patience dans mes adversités.
Maximes.