‹ L'âme devant la Sainte EucharistieChapitre 35 sur 53 · VINGT-HUITIÈME CONSIDERATION · texte numérisé non relu

VINGT-HUITIÈME CONSIDERATION

Sur la pureté de cœur avec laquelle nous devons nous approcher de la sainte Eucharistie.

I. Considérez, âme pieuse, avec quelle pureté de cœur nous devons aller recevoir dans la sainte Eucharistie celui qui est, selon l'expression de l'Ecriture, un agneau sans tache, paissant au milieu des lis éclatants de blancheur. Que ne doit-on pas à un Dieu tellement saint, qu'il trouve des imperfections jusque dans les plus sublimes des Séraphins. Ah! ranimez votre foi et transportez-vous par la pensée dans la cité sainte où il a établi son trône. Voyez ; il n'y a rien là d'immonde, rien de souillé, rien qui n'ait été purifié sept fois dans le feu. Là resplendissent les pierres précieuses, les émeraudes, les rubis, les topazes et les plus riches perles. Voyez ces belles et nombreuses troupes de purs esprits dans leur vêtement d'innocence. Ils forment le cortège et la suite du céleste Agneau; car il les surpasse tous par la pureté du cœur : Virgines sunî, et sequuntur Agnum quocumque ieriî. Voyez aussi ceux qui se tiennent devant son trône, la tête inclinée et les yeux baissés : ce sont les anges qui, par respect pour son adorable majesté, n'osent lever leur front et regarder sa face. Or, du trône de sa gloire, descendez par la pensée vers ce trône d'amour, que

l'excès de sa bonté lui a fait choisir sur nos autels, et songez avec quelle pureté de cœur nous devons nous approcher pour le recevoir à cette Table sacrée. Oui, malheur à celui qui oserait présenter des lèvres immondes à cette coupe divine et recevoir ces chairs sacrées avec un cœur corrompu et souillé par le péché. Jésus est une blanche colombe; comment donc pourrait-il habiter avec d'infects vautours? C'est un limpide ruisseau ; comment donc pourrait-il se mêler et se confondre avec les eaux d'un étang vaseux? C'est un agneau à toison pure et sans tache ; comment donc pourrait-il s'unir à des animaux immondes? Ah! ce serait un crime horrible que de le penser. Qui fut plus pur que Marie, que tous honorent comme un miroir de pureté, puisqu'elle fut exempte de tout péché, même le plus léger? Et cependant, la sainte Eglise, en parlant de l'incarnation du Yerbe divin» s'étonne qu'il nous ait aimés au point qu'en vue de cet amour il n'ait pas eu horreur d'entrer dans ce sein , d'ailleurs si pur et si immaculé : Tu ad liber andum suscepturus hominem, non horruisti virginis uterum. Mais, ô mon Dieu, n'est-ce pas ce même Jésus qui s'incarna dans le sein virginal de Marie, que chacun de nous reçoit dans la Communion? La Communion n'est-elle pas une extension du mystère de l'Incarnation, comme le proclame saint Augustin : Extensio incarnationis? Qui donc pourrait dire combien doit être pur notre cœur, pour être digne de cette étroite union avec Jésus-Christ? Si l'Eglise est saisie d'étonnement à l'idée que le Verbe éternel ait daigné entrer

dans le sein si pur de la sublime Vierge, quelle surprise, quelle stupeur ne serait pas celle de tous les anges, s'ils le voyaient entrer dans un cœur souillé par le péché? Les prêtres de l'antique alliance, par cela seul qu'ils portaient dans leurs mains les vases sacrés, étaient obligés d'avoir le cœur pur et sans souillures : Mundamini qui fertis vasa sacra. Pensez- vous que l'acte de porter des vases sacrés soit plus auguste que celui de recevoir sur sa langue et de faire entrer dans son cœur le corps immaculé de Jésus-Christ? Ah! s écrie saint Denis, quelle parfaite pureté exige une action si sainte! Exigit extremam munditiem. C'est pour cela que saint Paul nous dit que nul ne doit s'approcher d'un banquet si saint pour s'y nourrir de ce fruit du paradis, sans être auparavant rentré en lui-même et sans avoir attentivement sondé les replis de sa propre conscience, pour voir si elle est habitée par l'innocence, ou le péché : Probet autem seipsum homOj et sic de pane illo edat, et de calice bibat. S'il n'a pas à se reprocher quelque faute trop grave, qu'il vienne humblement recevoir ce pain de vie ; mais, si les remords de quelque grave péché le tourmentent, par pitié qu'il se tienne éloigné jusqu'à ce qu'il en soit purifié, s'il ne veut boire et manger sa propre condamnation, et trouver un poison mortel là où les autres trouvent une médecine salutaire.

IL Lorsque Dieu voulut descendre sur le mont Sinaï pour donner la loi à son peuple, il parla le premier à Moïse et lui dit : Sanclifica illos, hodie et cras, laventque vestimenla sua, et sint mrati in diem ter-

tium: Sanctifiez le peuple aujourd'hui et demain, qu'ils lavent tous leurs vêtements, et qu'ils soient prêts pour le troisième jour. Saint Ambroise médite sur ce précepte de Dieu et dit : La venue de Dieu sur la montagne est une figure de ce qu'il devait faire plus tard dans le Sacrement de l'autel, où il descend sous les espèces consacrées pour visiter son peuple et l'enrichir de ses dons. Donc : Si in figura Imita observantia, quanta in veritate? S'il exigeait du peuple hébreu tant de sainteté et tant de pureté dans la seule figure du mystère, quelle sainteté et quelle pureté ne doit-il pas exiger pour recevoir dans le Sacrement Jésus lui-même, qui est la réalité de l'antique figure? Lorsque David eut résolu, d'après les conseils du prophète Nathan, de bâtir un temple pour y déposer l'arche du Seigneur, surpris de la grandeur de l'œuvre, il s'écria : Opus grande est! neque enim homini prœparatur hdbitatio, sed Deo : Oh! quelle est grande l'œuvre que j'entreprends! Ce n'est plus à un homme qu'il s'agit de préparer un palais, mais bien au Dieu de majesté et de gloire, au Roi du ciel. Mais que renfermait donc cette arche pour laquelle David montrait une si grande vénération, qu'il regardait comme l'œuvre la plus importante de son règne le soin de lui préparer une majestueuse demeure? Deu? tables de pierre, sur lesquelles était écrite la loi, ei un vase de manne qui était la figure du saint Sacrement. Or, qu'aurait-il dit et qu'aurait-il fait s'il avait dû préparer une demeure à Dieu lui-même? Qu'aui ait-il dit et qu'aurait-il fait, s'il avait dû faire de son

cœur un temple pour le Dieu du ciel? Ah! quelle honte pour tant de chrétiens qui se mettent si peu en peine de la préparation de la demeure qu'ils destinent à Jésus-Christ dans leur sein! Faites-leur bien comprendre, ô foi sainte, ce que c'est que préparer une demeure, non pas à un homme, mais à Dieu luimême.

Mais continuez, âme pieuse, à méditer sur cette vérité. Si ceux qui, dans l'ancienne loi, mangeaient le pain de proposition devaient avoir le cœur pur et sans souillure, quelle sainteté et quelle pureté de cœur Dieu ne demande-t-il pas de ceux qui s'approchent du pain de vie pour se nourrir de sa divine substance? Si, pour rendre le prophète Isaïe digne d'annoncer la parole de Dieu, il fallut qu'un Séraphin purifiât ses lèvres avec un charbon ardent pris sur l'autel, quelle pureté et quelle sainteté ne devons-nous pas avoir, non pas seulement pour annoncer la parole de Dieu, mais pour recevoir en nous corporellement et substantiellement la majesté infinie de Dieu même?

III. Considérez, âme pieuse, quel temple Dieu voulut lorsqu'il permit à Salomon de lui en élever un. H l'exigea d'une grandeur, d'une richesse et d'une magnificence telles, que ce temple devait paraître une merveille divine plutôt qu'une œuvre de l'homme. Sa grandeur n'était pas moins vaste que l'enceinte d'une cité; et quant à sa richesse, ce n'était rien que ces cèdres et ces marbres si précieux qui l'embellissaient, en comparaison de ces lames d'or massif qui couvraient, dans toute leur étendue, les murailles du sanctuaire, où,

jusqu'aux clous, tout était d'or. Pour la magnificence, le prix des métaux le cédait à la perfection du travail de sculpture, de bas-relief et d'architecture. Les vases sacrés étaient des prodiges de richesse et d'art, tant ils étaient précieux, habilement travaillés et sculptés. Mais, à quelle fin Dieu voulut-il qu'on lui élevât une demeure si magnifique, un édifice si splendide, si ce n'est pour nous donner un emblème de la beauté et de la magnificence qu'il exige pour les temples spirituels, qui sont nos âmes, quand nous le recevons dans la sainte Eucharistie? Domum Dei decet sanctitudo. Si la sainteté convient pour des temples matériels élevés au Seigneur, quelle sainteté ne doit pas être celle de nos âmes qui, en recevant Jésus-Christ dans le saint Sacrement, deviennent autant de sanctuaires spirituels où habite sa divinité? Ah! Seigneur! pour quelle fin exigeriez-voustant de pureté dans vos églises, si une égale pureté ne devait pas resplendir dans ceux qui vous reçoivent dans leur sein? Dans quelle intention auriez-vous recommandé aux prêtres de ne consacrer votre corps que sur le lin le plus blanc, et de ne bénir votre sang que dans des calices d'or et d'argent, si vous n'aviez voulu demander des cœurs purs dans ceux qui vous reçoivent? Trouveriez-vous peutêtre votre plaisir à habiter au milieu du marbre, du bronze et sur des trônes d'or, et ne vous inquiéteriezvous point que les cœurs des hommes, qui se nourrissent de votre chair divine, soient d'or, eux aussi? Serait-ce donc dans ce but que vous demandez qu'on fasse resplendir vos églises ; n'est-ce pas plutôt pour

nous donner une grande idée de la beauté intérieure que nous devons préparer en nous pour vous y accueillir? Oh! oui, Seigneur! vous demandez pour vos temples des monuments vastes et splendides, afin que nous nous souvenions que vous êtes infini, immense, et que pour cela nous devons vous recevoir avec une. grande humilité et un profond respect. Vous aimez l'appareil des ornements, des vases et des tapis, afin que nous apprenions à venir vous recevoir avec une âme ornée de vertus. Vous exigez la propreté et la pureté en toutes choses, afin que nous comprenions que notre cœur doit être pur pour vous recevoir et qu'il ne doit avoir ni plaies dégoûtantes, ni souillures de péché.

Hâtez-vous donc, âme pieuse, de purifier votre cœur de toute tache avant de vous approcher de la sainte Communion, pour laquelle, quelque pur qu'il soit, il ne le sera jamais trop. Il fut dit à Moïse de quitter sa chaussure avant de s'approcher du buisson au milieu duquel Dieu se trouvait, pour figurer la pureté requise à celui qui veut s'entretenir avec Dieu dans l'oraison. Mais il ne suffit pas aux apôtres de quitter leur chaussure ; il fallut encore qu'ils lavassent leurs pieds, et qu'ils souffrissent patiemment ce service des mains mêmes du Sauveur, afin de montrer que, pour recevoir avec fruit la Communion, il ne suffit pas d'une pureté commune de sentiments, mais qu'il la faut toute spéciale. Ainsi, avant la chute de la manne, tombait-il du ciel une abondante rosée, comme pour rendre la terre digne de supporter cette céleste nour-

riture. De même, c'était de la plus blanche farine que devaient être faits les pains de proposition ; ils devaient aussi reposer sur une table pure et sans tache, et être couverts de l'encens le plus précieux, afin que cette grande pureté les rendît propres à être la figure du saint Sacrement, et fût aussi pour nous comme un avertissement de l'exquise pureté de conscience que nous devons établir en nous pour le recevoir.

Préparation à la Communion.

Quelle preuve plus lumineuse vous reste-t-il encore, ô Verbe éternel, pour me faire comprendre l'amour intime que vous nourrissez pour moi, misérable et vile créature? Dites, que vous reste-t-il à produire pour me contraindre à vous aimer? Malheureux que je suis! non content de ne vous avoir pas aimé dans le passé, je vous ai chargé d'injures comme mon plus plus cruel ennemi! Malheureux, qui, pour un plaisir éphémère, ai perdu votre grâce et vous ai déclaré en face ne plus vouloir vous servir! Ah! mon Dieu! cette pensée est un glaive qui me déchire et me transperce le cœur. Hélas! ayez pitié de ce misérable vermisseau, qui, brisé par le repentir, implore votre clémence. J'espère, 6 mon Dieu, que, par les mérites de votre mort, vous ne me refuserez pas mon pardon, ni la persévérance^ dans votre amour ; car tout mon désir est de sourire à votre tendresse. Eh! quoi! attendrais-je que vous m'envoyiez dans l'enfer? Oh! je vous aime, bonté infinie; je vous aime, ô mon Dieu digne d'un amour infini ; je vous aime et je veux sans cesse répéter dans cette vie

et dans l'autre : Je vous aime, ô mon bien, mon trésor et mon tout. Ne permettez pas, ô Jésus, que je me trouve encore séparé de vous. Venez, ce matin, dans ma pauvre âme et unissez-vous-la tellement que jamais rien ne la sépare de vous.

Puisque vous daignez, ô Jésus, me nourrir ce matin de votre substance dans la communion, il est juste que pour vous je renonce à tous les plaisirs et à toutes les délices que peut me donner cette terre. Oui, ô mon Jésus! je renonce à tout cela, et je proteste que je préfère plutôt souffrir tous les maux, uni à vous, que de jouir de tous les biens du monde dans votre éloignement. Il suffit à mon bonbeur de vous contenter et de vous plaire, mon Dieu, qui méritez d'être contenté à tout prix. Veniat dilectus meus in hortum suum, comedat fructus pomorum suorum (Cant., 5). Venez, ô mon bien-aimé, dans mon pauvre cœur, qui, dans des temps malheureux, n'était pas à vous, mais qui vous est revenu dévoué par le secours de votre grâce. Venez et goûtez en mci ces fruits de vertu que vous fécondez par votre présence. Et, pour l'honneur de votre majesté, purifiez mon âme, ô Jésus, ornez-la, enflammez-la, et rendez-la belle à vos yeux, afin qu'elle soit digne d'être votre séjour.

Mon Jésus, je ne suis pas un serviteur parfait, mais vous pouvez me rendre tel. Je ne vous suis pas cher à cause de mes fautes, mais vous pouvez me faire goûter ce bonheur en m'enivrant ce malin de votre divin amour. Venez, Seigneur, mon bien-aimé, venez prendre possession de mon âme.

Fixez votre règne en moi, de manière que votre amour seul y domine, et que seul il ait le tribut de mon obéissance. Enivrez-moi tout entier, et faites que j'oublie les créatures, que je m'oublie moi-même et mes propres intérêts, afin que je n'aime que vous, mon Dieu, mon trésor, mon bien. C'est vers vous seul que j'aspire, c'est vous seul que je cherche, c'est à vous seul que je pense, c'est à vous seul que je veux plaire.

Vox dilecti mei pulsantis : Aperi mihi, soror mea, columba mea, immaculata mea (Gant., 5). Ecoute, ù mon âme , la voix que Jésus fait entendre dans le Sacrement. Ouvre-moi ton cœur, te dit-il, et je viendrai pour m'unir à toi, afin que tu t'unisses à moi ; et alors tu deviendras ma sœur par ressemblance, mon amie par la communication des biens, ma colombe par le don de simplicité, et mon immaculée par le don de pureté que je te communiquerai. Si tu veux donc, ô mon âme, que Jésus repose en toi , ouvre-lui ton cœur, et compare ton abjection à sa majesté. Humilie-toi autant que tu le peux, en repoussant de ton cœur tout cet amour- propre qui tient Jésus éloigné et l'empêche de venir fixer en toi sa demeure. Venez à moi, ô mon Rédempteur, venez, et par votre divine lumière faites-moi voir ma bassesse, ma misère, mon néant, afin que vous puissiez vous reposer selon votre plaisir dans mon âme, pour ne plus jamais vous en séparer.

Action de grâces.

Trahe me post te; curremus in odorem unguentorum tuorum. O Jésus, puisque vous avez voulu vous abais-

sor jusqu'à venir dans ma pauvre âme, pressez-moi sur votre sein et faites-moi tout à vous. Je ne veux point que vous m'accordiez mes satisfactions, mais que par vos doux attraits vous gagniez mon cœur et l'attachiez avec les doux liens de votre amour, afin que je ne fasse désormais que votre sainte volonté. Il est juste que tous mes penchants cèdent à vos saintes dispositions. Unissez-moi tout à vous, mais d'une union si intime, que je puisse, détaché des affections terrestres, marcher avec vous dans la voie des saintes vertus, afin qu'en cette vie et dans l'autre j'arrive à ne dépendre que de votre seule divine volonté.

Introduxit me rex in cellam vinariam; ordinavit in me caritatem (Cant., 2). Mon très-doux Jésus et l'unique souverain de mon cœur, vous m'avez déjà introduit dans l'heureux sanctuaire de votre saint amour, c'est-à-dire en vous-même, en m'unissant à vous par ce Sacrement. Oui, Seigneur, je sens déjà que mon cœur est changé. J'éprouve un saint désir qui me donne la paix, qui me rend nauséabondes les affections impures, et m'anime à vous aimer, mon Dieu , de l'amour le plus pur. Oh! puisque vous avez daigné m'introduire dans cet heureux sanctuaire, ne permettez pas que j'en ressorte. Détachez -moi de l'amour de la terre. Unissez-moi toujours de plus en plus à vous dans cette vie, afin que je sois un jour parfaitement uni à vous dans le ciel, où je verrai votre lace divine, où je pourrai vous aimer de toutes mes forces , sans interruption et sans imperfection pendant toute l'éternité.

Quœ est ista, quœ ascendit de deserto, deliciis affluens,

innixa super dilectum suum (Gant., 18)? Oh! quelles

sont ces âmes, ô mon Dieu, qui, vivant sur la terre,

la regardent comme un désert? Quelles sont ces âmes

qui, détachées des choses visibles, vivent en vous seul,

comme si pour elles il n'y avait rien autre au monde?

Quelles sont ces âmes qui, détachées d'elles-mêmes,

s'élèvent au-dessus de l'humanité et des misères de

cette terre, pour ne contempler que les cieux et ne

mettre qu'en vous leurs espérances? Quelles sont donc

ces âmes, sinon celles qui s'unissent souvent à vous,

Seigneur, dans votre Sacrement? Oui, mon Dieu, et

c'est aussi mon désir que celui d'èlre détaché de toute

chose et d'être tout à vous. Le monde sera désormais

un désert pour moi ; et fuyant tout attachement aux

créatures, je ne penserai et ne vivrai que pour vous

seul, comme s'il n'y avait sur cette terre que vous et

moi. Vous serez désormais ma seule espérance, mon

unique amour, mon trésor et mon tout.

Ah! Jésus! est-il une créature plus fragile et plus misérable que moi? Déjà vous savez combien de fois j'ai cédé aux efforts de mes ennemis, et combien de fois ils ont entraîné ma volonté pour arriver jusqu'à mon cœur et y détruire les fruits de votre grâce. Oh! fortifiez-moi de votre appui , afin que je n'aie plus le malheur de vous perdre ou de vous chasser de mon cœur. Faites -moi mourir plutôt que de me laisser retomber dans le péché ; faites- moi espérer en cet instant où j'espère d'être uni à vous, ô mon Rédempteur, plutôt que de me laisser perdre encore votre amitié.

Comment puis-je aimer autre chose que vous, ô mon Dieu, qui êtes la bonté même? Ah ! Seigneur! je préfère votre amour et votre grâce à toutes les richesses du monde. Je ne veux aimer que vous et n'avoir en dehors aucun autre objet d'affection. Jamais, ô mon Sauveur, votre bonté et votre miséricorde ne s'effaceront de mon souvenir. Donnez-moi, Seigneur, la grâce de demeurer ferme et constant dans l'amour que je vous ai voué. J'ai bien résolu de vous rester fidèle ; mais dans le cours de la vie , ma volonté peut changer, et je puis vous trahir comme autrefois. Aidezmoi donc, et soyez ému de compassion pour ma faiblesse. Très-sainte Marie, vous qui êtes la mère de persévérance, obtenez-moi ce don de votre Jésus; près de vous je cherche cette vertu , de vous je l'attends, de vous je l'implore.

Ame de Jésus, sanctifiez-moi, etc., p. 23.

Aspirations.

4 . O Jésus, que ne puis-je vous aimer autant que je vous ai offensé?

2. Tendre Jésus, méprisé pour moi, faites que je le sois pour vous.

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