‹ L'âme devant la Sainte EucharistieChapitre 50 sur 53 · SENTIMENTS DE REPENTIR · texte numérisé non relu

SENTIMENTS DE REPENTIR

0 mon âme, combien tu as été ingrate envers ton Dieu ! Il t'a comblée d'éclatants et innombrables bienfaits, toujours tu lui as rendu le mal pour le bien. Créée par lui, à son image et ressemblance, il t'a douée de l'immortalité ; il a mis à ton usage le ciel, la terre et tout ce qu'ils renferment; il t'a ornée de ses grâces et de ses dons; il t'a conduite à la lumière de la foi catholique ; sa main paternelle t'a ménagé mille occasions de bonnes œuvres. Tes crimes n'ont pu lasser sa longanimité; il t'a préservée des bouches de l'enfer. Le Roi des rois s'est incarné pour toi ; ton Créateur s'est fait lui-même ton frère ; et ce n'a pas été assez pour son amour que de naître pour toi, pour toi encore il a voulu souffrir ; pour Ici, il a été accablé de tristesse et d'angoisses; pour toi, il a été trahi et arrêté; pour toi, il a été chargé de chaînes et d'outrages, couvert de vils crachats, moqué, méprisé, déchiré de coups de fouet; pour toi, son chef adorable a été meurtri de soufflets et couronné d'épines; pour toi, il a été frappé d'un roseau, et il a défailli sous le poids tic la croix ; pour toi, ses pieds et ses mains ont été

percés de cîous, et sa bouche abreuvée de vinaigre4, pour toi, il a répandu son sang sacré; pour toi, il est mort et il a été enseveli. Il t'a adopté pour héritier du royaume céleste, te promettant ce que l'œil n'a point vu, ce que l'oreille n'a point entendu, et ce que le cœur de l'homme ne saurait comprendre.

Toi, pour lui rendre grâces de tant de bienfaits, pour reconnaître tant d'amour, tu l'as abandonné et méprisé ; tu t'es affranchie de sa crainte, tu as secoué le joug aimable de celui qui t'avait choisie ; tu es devenue comme une des filles de Bélial. Semblable à une courtisane effrontée, tu t'es livrée sans pudeur à l'iniquité. Tu as fait un pacte avec la mort et contracté alliance avec le démon. Toujours prête au mal, tu as accumulé les égarements sur les égarements, et tu t'es réjouie d'ajouter au dernier péché un péché plus grand. Tes crimes ont crucifié de nouveau Jésus-Christ, qui t'avait prise pour épouse, et renouvelé toutes ses plaies.

Oh ! qui te donnera des soupirs et des gémissements? Qui te donnera une fontaine de larmes pour pleurer nuit et jour ton ingratitude? 0 malheureuse! Et que feras-tu? Oh! si tu avais conservé ton innocence! Si tu étais demeurée sans tache ! Si tu ne t'étais pas misérablement plongée dans l'ignominie ! Si tu n'avais pas abandonné ton Dieu ! Mais tu as perdu ton innocence, tu t'es couverte de souillures et d'opprobres, tu t'es éloignée de ton Dieu. 0 malheureuse î Et que feras-tu? Vers qui te réfugieras- tu? De qui attendras-tu du secours? De qui, si ce n'est de celui même que tu as

offensé? Il est plein de tendresse, de bonté, de miséricorde. Humilie-toi, prosterne-loi, répands-toi comme l'eau en sa présence, et il aura pitié de toi.

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