‹ L'âme devant la Sainte EucharistieChapitre 51 sur 53 · RETOUR A DIEU · texte numérisé non relu

RETOUR A DIEU

Seigneur Jésus, hélas! qu'ai-je fait? Gomment vous ai-je abandonné et méprisé? Comment ai-je oublié votre nom? Comment ai-je rejeté votre crainte? Comment ai-je foulé aux pieds votre loi et transgressé vos préceptes? 0 mon Dieu, mon Créateur, mon Sauveur, ma vie et tout mon bien! Malheur à moi, misérable ; malheur à moi, parce que j'ai péché! Malheur à moi, parce que je me suis rendu semblable aux bètes! Malheur à moi, parce que je suis devenu comme l'animal sans raison! 0 mon Jésus, tendre pasteur! 0 mon doux Maître ! secourez-moi ; relevez votre brebis abattue; tendez la main à celui qui chancelle; effacez mes souillures, guérissez mes plaies, fortifiez ma faiblesse, sauvez-moi ou je vais périr. Je l'avoue, je suis indigne que la terre me supporte ; je suis indigne de la lumière ; je suis indigne du secours de votre grâce ; car mon ingratitude a été grande, ainsi que l'énormité de mes péchés; cependant, votre miséricorde est plus grande encore : ayez donc pitié de moi, ô mon Dieu qui aimez les hommes ! O ma dernière espérance! ayez pitié de moi , selon la grandeur de vos miséricordes ; et, dans la multitude de vos bontés, effacez mon iniquité. Oui, ô mon Dieu, pardonnez-moi, car c'en est fait : je reviens à vous, et je suis et serai pour jamais tout à vous.

FELICITE ET JOïES DU CIEL.

Oh! qu'heureuse est; la céleste Jérusalem! Ses murs sont bâtis de pierres précieuses; ses portes resplendissent de l'éclat des perles ; ses places sont pavées de l'or le plus pur ; des fleurs toujours fraîches et toujours brillantes embellissent ses jardins ; là un éternel cri de joie, des cantiques perpétuels d'allégresse, des chants de triomphe et de bonheur éclatent et se renouvellent sans cesse au milieu des concerts des saints et de l'ineffable douceur des plus suaves parfums ; là est une paix et un repos qui surpassent tout sentiment; un calme, une sérénité que l'esprit de l'homme ne saurait comprendre : là luit un jour éternel ; toutes les âmes n'y font qu'une âme, tous les cœurs qu'un seul cœur; une douce sécurité , un contentement pur, une tranquille félicité, une joie délicieuse y régnent sans cesse; là les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père.

0 quel ravissement de se mêler aux chœurs des anges, d'être en perpétuelle société avec les patriarches et les prophètes, avec les saints apôtres et les martyrs, avec les confesseurs et les vierges, avec la trèsglorieuse Marie, Mère de Dieu! Plus de crainte, plus de tristesse, plus de tiédeur, plus de lassitude, plus d'angoisses! Plus de travail à supporter, plus d'obstacles à vaincre, plus de dégoûts, plus de besoins! 0 quelle richesse de consolations! Quelle affluence de délices! Quelle surabondance de joie! Quel abîme de pures voluptés, de voir cette lumière sans bornes et souve-

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rainement aimable, cette gloire indicible de la trèshaute Trinité ; de voir le Dieu des dieux sur la montagne de Sion; de le voir, non plus en énigme, mais face a face; de voir l'humanité glorieuse du Fils unique de Dieu! Si le spectacle de ce ciel visible, si la clarté scintillante des étoiles, la splendeur rayonnante du soleil, l'éclatante blancheur de la lune, la lumière brillante du jour ; si ce spectacle est si ravissant ; s'il est si doux de contempler l'élégante parure et les couleurs aimables des oiseaux , des plantes et des fleurs; si le chant du rossignol et de l'alouette; si la mélodie des instruments a tant de charmes pour nous; si on respire avec tant de volupté l'odeur des roses et des lis, des aromates et des parfums ; si la saveur des fruits divers flatte si agréablement noire goût ; si , dis-je , toutes ces choses nous procurent des jouissances si vives, de quel torrent de délices notre âme sera-t-elle inondée lorsqu'elle contemplera sans nuage cette immense beauté, lorsqu'elle savourera à loisir cette douceur ineffable d'où découlent et procèdent toute la beauté et toute la douceur des créatures ?

Le printemps encore, en ornant d'une grâce nouvelle et d'une admirable parure le ciel, la terre, les arbres et toute la nature, nous offre une image de la résurrection et de l'éternelle félicité; cependant, entre l'image et la réalité, la différence est plus grande qu'entre les ténèbres d'une nuit obscure et l'éclat du soleil dans son midi. Heureuse et deux fois heureuse la céleste Jérusalem, où se trouve tout ce qui peut plaire, et d'où ce qui peut déplaire est à jamais banni ; où le

bonheur de ceux qui l'habitent est de louer, dans les siècles des siècles, le Dieu tout-puissant !

En s'entretenant ainsi des joies et du bonheur de la céleste cité, que l'âme méditative apprenne à les aimer et à les désirer, non pas tant pour son propre avantage que pour l'honneur et la gloire de Dieu, qui doivent être en tout la fin unique de tous ses actes.

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