QUATRIÈME CONSIDÉRATION
Sur l'extrême amour avec lequel Jésus-Christ se donne tout à nous dans la sainte Eucharistie.
I. Imaginez- vous, âme pieuse, de voir Jésus-Christ au moment où il institue l'Eucharistie. Le voilà qui Rassied entouré de la bien-aimée couronne de ses chers disciples, il sait que dans peu il sera trahi, lié,
emprisonné, et le lendemain barbarement maltraité et mis à mort; néanmoins, ce soir-là, son front est plus serein que jamais, ses yeux sont plus aimants, son sourire est plus gracieux, et sa face plus rayonnante. Voyez comme il lève vers les cieux ses divins regards toul brillants d'une lumière extraordinairement douce. Voyez cette face céleste, comme elle est plus éblouissante que de coutume ! Sur tout ce visage respire un air de paradis, et il s'en exhale un parfum d'amour qui enchante et ravit. Oh! comme son cœur brûle et s'enflamme! Nous pouvons le concevoir d'après ses propres paroles, puisque lui-même nous dit que la langue est la fidèle interprète du cœur, parce qu'elle exprime les sentiments dont il est rempli : Ex abundantia cor dis os loquitur (Matth., 42). « Mes chers enfants (c'est ainsi que sa tendresse nomme ses disciples), mes chers enfants, j'ai toujours désiré et j'ai désiré du plus ardent désir de manger cette pâque avec vous, avant de commencer ma Passion : Desiderio desideravi hoc pascha manducare vobiscum, antequam patiar (Luc, 22). Dès le premier instant de ma conception jusqu'à ce jour, j'ai sans cesse brûlé du désir de vous donner cette dernière preuve de ma tendresse, en célébrant avec vous cet ineffable mystère. » Desiderio desideravi hoc pascha manducare vobiscum, antequam patiar : ces paroles, dit Laurent Justinien, sont comme les étincelles de cet incendie d'amour qui embrasait et consumait son cœur : Flagrantissimœ ca^itatis vox est. Ah! mon Dieu, mon Dieu! combien est grande votre affection pour nous, ingrates et mi-
sérables créatures! Mais quel bien voyez- vous donc dans les hommes pour les aimer tant? Et ne sont-ce pas eux qui, dès votre entrée dans le monde, vous ont impitoyablement exilé de leurs propres demeures? Et quand vous en sortiez, ne sont-ce pas eux qui vous ont fait expirer sur le bois infâme de la croix? Ne sont-ce pas eux qui vous abreuvèrent de mépris, d'insultes et d'outrages? Et quelle récompense avez-vous eue jusqu'à présent pour tant de bienfaits dont vous les avez comblés, pour avoir guéri les infirmes, rassasié ceux qui avaient faim, rendu la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, la vie aux morts? — Des railleries, des mépris, des insuites et des calomnies. Et vous, ô mon Dieu, après de si iniques traitements, vous brûlez encore du désir de leur faire le don auguste de tout votre être! Ah! chers chrétiens, pouvez-vous douter encore si Jésus-Christ vous aime?
II. Pour vous faire une idée plus sensible encore de la grande affection de Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie, réfléchissez, âme pieuse, sur la circonstance dont nous avons parlé, de l'institution d'un si grand Sacrement. Ce fut la nuit même, comme le remarque l'Apôtre, où il devait être trahi et livré à ses plus féroces ennemis : In qua nocle tradebatur (1 Cor., ki). Ce ne fut pas le jour où une femme du peuple, ravie du fleuve de cette éloquence céleste qui coulait de ses lèvres, et de la splendeur de ses miracles, s'écriait : Heureuses les entrailles qui t'ont porté et le sein qui t'a allaité! Ce ne fut pas dans le temps où la foule, nourrie et rassasiée par une prodigieuse multiplication de
pains, voulait l'enlever et le couronner roi. Ce ne fut pas non plus lorsque, quelques jours auparavant, le peuple le fit entrer en triomphe dans Jérusalem, ornant de feuillages et de fleurs son chemin, allant au-devant de lui avec des palmes à la main, et dépouillant chacun son vêtement pour en couvrir les routes par où il passait, en le proclamant le Messie tant désiré par des paroles prophétiques, pleines d'allégresse et de joie : Hosanna fdio David; Benedictus qui venit in rumine Domini (Matth., 21). Bien que dans ces moments glorieux il eût pu montrer son ardent amour pour les hommes, en se donnant à eux pour nourriture, il aurait paru, cependant, que les acclamations populaires en étaient le motif. C'est pourquoi il choisit cette nuit même, et presque cette heure où l'impie synagogue préparait des armes et des soldats, des liens et des chaînes, et donnait des ordres exprès pour s'assurer de sa personne et le faire barbarement mourir : In qua nocle iradebalur. Pendant que les hommes préparaient à cet aimant Seigneur les flagellations, les épines, la croix pour le faire mourir, lui leur donnait le plus grand témoignage de son amour en se donnant à eux en nourriture : In qua nocte iradebalur. Des prêtres impies se rassemblaient pour le perdre, un disciple infâme le trahissait; on lui préparait un horrible supplice; et lui faisait les derniers efforts de son amour pour les hommes, en leur laissant sur cette terre le bien le plus précieux et le plus beau du paradis : In qua nocte tradebatur. Peut-être pensezvous qu'il ne vit pas l'amas épouvantable d'injures,
de douleurs et d'outrages dont on allait l'accabler. Ne le croyez pas; il avait tout prévu. Il voyait le sacrilège de Judas, le parjure de Pierre, et le délaissement de tous ses Apôtres. Il voyait les insultes et les blasphèmes du peuple, l'horrible appareil de la flagellation, des épines, des clous, des lances et tous les affreux tourments de son cruel supplice.. Et cette vision, qui aurait éteint l'amour dans tout autre cœur que dans celui de Jésus, ne fit qu'accroître le sien pour nous : Aquœ multœ non potuerunt extinguere caritatem. Un de vous, disait le Seigneur avec un accent plein de tendresse aux disciples qui étaient à table avec lui, un de vous me trahira; toi, Pierre, tu me renieras trois fois; tous, vous serez scandalisés à cause de moi ; mais pour moi, je meurs du désir de me communiquer à vos âmes. Prenez, prenez : Ceci est mon corps, ceci est mon sang; prenez, mangez, buvez et enivrez-vous de moi, mes bien-aimés. Oh! amour ineffable! ô bonté d'un amour inouï! Si l'Ecriture exalte jusqu'aux astres la mansuétude du jeune David, qui accorda deux fois la vie à Saûl, son ennemi, qui le poursuivait pour ie faire mourir, que devra-t-eUe dire de la générosité de notre si bon Rédempteur?
III. Considérez, âme pieuse, une autre circonstance de la grande affection de Jésus Christ pour nous en instituant la sainte Eucharistie. Lui, qui est la sagesse même, prévoyait tous les mauvais traitements que l'ingratitude des hommes aitait lui faire subir dans ce Sacrement d'amour. Il voyait ces insultes horribles, ces mépris abominables, ces sacrilèges affreux que nous a
transmis l'histoire au sujet des temples profanés, des autels renversés, des prêtres égorgés, des vases sacrés souillés, des saintes hosties (ô Dieu! j'ai horreur de le dire) répandues sur le pavé, jetées dans la boue, foulées aux pieds, percées avec des traits, et de plus, données en pâture aux chiens et aux bêtes immondes. Il prévoyait la noire ingratitude de tant de chrétiens qui allaient préférer à cette céleste nourriture les plus vils aliments de l'Egypte, qui allaient la mépriser, la dédaigner et l'outrager par leurs irrévérences, leurs mauvais propos, leurs regards immodestes, leur vanité scandaleuse, et des choses pires encore qu'ils se permettent en sa présence. Il voyait la perfidie de ceux qui allaient oser le recevoir avec une âme souillée et flétrie. Ces affreux traitements étaient devant ses yeux, et son courage ne faiblit point. Hésita- t-il pour faire à de tels hommes un don si auguste? Non, âme pieuse, non : son amour surpassa, vainquit tout. N'importe, se dit-il en lui-même, n'importe : les hommes me feront ce qu'ils voudront ; ils me traiteront avec la dernière indignité : je souffrirai tout, pourvu que je puisse rester avec eux. Mais, Seigneur, un tel excès d'amour ne convient pas à votre majesté. Ah! l'amour, répond saint Jean Ghrysostôme, ne cherche pas des motifs : lorsqu'il veut faire du bien et se faire connaître à l'objet aimé, il va, non où la convenance le guide, mais où le porte son désir : Amor ratione caret, et vadil quo ducitur, non quo debeat (Serm. 145).
O amour digne, amour qui n'est le propre que d'un Dieu, qui est l'amour par essence! C'est ici, âme
pieuse, que vous deviez tout vous consumer d'amour pour Jésus-Christ, qui vous aime d'une tendresse si affectueuse et si puissante. Quel roi dispenserait ses grâces à une personne disposée à le mépriser, à l'injurier, à le plonger dans une affreuse mort? Qui donnerait ses biens à un homme tout intentionné à l'humilier et à l'outrager dans sa bonté? Qui a jamais ouï dire qu'on se porte à recompenser pour en recevoir des humiliations? Et cependant c'est à ce prix que Jésus- Christ se donne à nous. Quelle patience, quelle charité, quelle douceur ineffable! excitez -vous à une sainte indignation pour tant d'outrages qu'il reçoit dans ce Sacrement d'amour ; puis faites un retour sur vous-même. Ah! peut-être, vous aussi, l'avez-vous cruellement traité, ce divin ami! Parcourez votre vie passée. Oh Dieu! votre ingratitude s'est peut-être accrue avec vos années. Quelle horreur, si la pureté, la dévotion, la ferveur de votre première communion s'est, de jour en jour, plus refroidie! A cette vue, jetezvous en esprit au pied du trône de l'amour dans un abîme de confusion. Demandez plus de lumières pour vous connaître et pour vous détester vous-même, et des grâces plus abondantes pour former de bonnes résolutions. Excitez, le plus que vous pourrez, votre douleur d'avoir si mal correspondu à la grande affection de Jésus pour vous : en même temps animez et enflammez votre désir de lui être à l'avenir agréable et reconnaissante. Criez du fond de votre cœur désolé que cette fois vous espérez fermement de rester fidèle à vos résolutions. Sachez que vous ne pouvez mieux faire plaisir
au cœur de Jésus que lorsque vous vous montrez désireuse d'être tout à lui. Si vous savez assez désirer, ayez la certitude d'obtenir. Demandez pour secours dans vos prières la très-douce Mère de Jésus; et terminez cette méditation par une offrande qui embrasse et renouvelle toutes celles que vous lui avez faites jusqu'à ce jour.
Préparation à la Communion.
0 Dieu caché et méconnu de la plupart des hommes, je vous crois et reconnais dans le saint Sacrement pour mon Seigneur et Rédempteur ; je vous adore profondément avec les bienheureux du ciel et les justes de la terre, et je voudrais avoir des sentiments dignes de votre présence. Je ne vois que les humbles apparences du pain ; mais je sais qu'elles sont un effet tout spécial de votre infinie bonté, et que ce voile sert à couvrir vos splendeurs, afin de ne pas nous éblouir par l'éclat de votre majesté et nous pénétrer de plus de confiance et d'amour.
Dieu de majesté et de gloire, qui suis-je pour abaisser vos yeux vers moi, et avoir la bonté et la miséricorde de venir habiter dans ma pauvre âme? Comment, moi, misérable ver de terre, moi pécheur, moi qui n'ai payé vos bienfaits que par des ingratitudes et des outrages ; moi, m'approcher de la table des anges et me nourrir de votre chair immaculée; moi?... Ahî je ne suis pas digne d'un tel honneur. Le seul qui me cenvient, c'est de me prosterner devant vous, ô souverain Roi du ciel, de pleurer mes fautes, et de me
confondre dans l'abîme de mon indignité; à moins que je cède au doux appel que vous me réitérez de venir à votre table, par crainte de vous déplaire en m'é~ Joignant par défaut de confiance.
Ah! mon Dieu, mon Dieu, le vrai et le seul ami de mon âme, que pouviez- vous faire do plus pour exciter mon cœur refroidi, à correspondre à votre amour? Ne suffisait-il donc pas, pour vous l'attacher, d'être mon Dieu, mon Créateur, mon Père, mon Rédempteur, mon souverain et mon unique bien? Pourquoi donc avez- vous voulu mourir pour moi, sacrifié sur une croix? Pourquoi avez- vous voulu instituer ce Sacrement, et ainsi vous immoler sans cesse? Ah! je sais, ô Jésus, je sais pourquoi! Vous m'aimez infiniment, et c'est pour cela que vous faites tant de sacrifices. Oh! amour inouï, ô bonté vraiment ineffable de mon Dieu! Loin donc de mon cœur, ô affections de la terre ; je vous déteste et vous abhorre! Faites place à l'amour de mon Jésus, à qui, dès ce moment, je consacre tout mon cœur. Séraphins du ciel, et vous, auguste Marie, obtenez-moi un cœur semblable au vôtre, afin qu'à l'avenir il brûle d'amour pour Jésus.
Oraison de saint Thomas d'Aquin.
Dieu tout-puissant et éternel, voici que je m'approche du vénérable Sacrement de votre unique Fils, et Notre-Seigneur Jésus-Christ. Je m'approche comme un malade qui va au médecin de la vie, une âme souillée à la source de la miséricorde, un aveugle à la lumière de l'éternelle splendeur, un pauvre et un indigent au
Seigneur du ciel et de la terre. Je supplie donc votre clémence de m'accorder la grâce de recevoir le pain des anges, le Dieu du ciel, le Roi des rois, avec tant de respect et d'humilité, avec tant de contrition et de piété, avec tant de pureté et une foi si entière, que je participe non-seulement au corps et au sang de mon Seigneur, mais encore à la vertu et à la grâce d'un si auguste Sacrement, afin que je mérite d'être uni au corps mystique, et compté au nombre de ses propres membres. 0 Père très-aimant! faites que votre Fils chéri, que je vais recevoir sous le voile qui le cache à mes yeux, me montre un jour sa face dans le ciel.
Que tardez-vous encore, ô Jésus, de venir dans mon âme? O pain des anges, ô manne du paradis, mon espérance, ma consolation, ma vie, mon tout, venez me nourrir de votre chair immaculée, me remplir de votre divin esprit et me faire tout à vous. Mon cœur ne soupire qu'après vous. Je voudrais vous recevoir avec cet amour si pur, cette foi si vive, avec ces dispositions si saintes, dans lesquelles vous reçut dans son sein la vierge Marie. Tous ses mérites et ceux des âmes qui vous sont le plus chères, ainsi que les vôtres, je vous les offre, ô Jésus, pour suppléer en quelque sorte à mon indignité. Venez donc, ne tardez plus, venez prendre possession de mon âme, et vous faire de mon cœur un trône où vous puissiez régner à jamais par votre amour.
Action de grâces.
Bénis ton Dieu, ô mon âme, et vous, puissances
intérieures, réveillez-vous pour reconnaître et adorer votre Seigneur qui se trouve uni à vous; ne cessez jamais de bénir son saint nom. Ah! un Dieu est tout à moi! Le Créateur du ciel et de la terre, le Maître de l'univers s'est uni à une si misérable créature! Quelle complaisance! Quelle bonté! Quels remercîments pourront répondre à une si grande faveur! Je vous en rends grâces, ô mon Jésus, autant que je sais et que je puis ; et j'invite aussi à vous remercier avec moi, tous les anges, les élus du ciel et de la terre et toutes les créatures de l'univers.
Mais où vous trouvez -vous, ô souverain Roi de gloire? Dans un cœur plus indigne que l'étable où vous naquîtes, dans un cœur vide de vertus et plein de misères? Oh! qu'elle a été grande votre bonté, voire condescendance de venir dans une si pauvre demeure! Oh! qu'elle est grande ma confusion de me voir si favorisé d'un Dieu que j'ai tant offensé et outragé par mes fautes! Je déplore maintenant, et je déteste tout ce que j'ai fait de mal, et tout ce qui en moi déplaît à vos yeux. Ah! trop grand sans doute, Seigneur, est l'outrage que je vous ai fait, de vous avoir abandonné si honteusement pour ne m'attacher qu'à de misérables créatures qui n'ont su que séduire mon cœur et me conduire à la perdition. Je renonce maintenant à tout, ô mon Jésus, pour me réunir à vous et être tout à vous pour toujours. Je renonce aux amitiés perfides du monde , pour n'estimer que le prix de la vôtre. Je renonce aux richesses trompeuses du monde, pour ne me rendre riche que de votre grâce. Je renonce
aux vains honneurs du monde, pour jouir de la haute gloire d'être votre disciple et votre fils. Je renonce enfin à toutes les délices et aux satisfactions que j'ai rêvées sur cette terre, pour mettre en vous toutes mes consolations et ne posséder q*ue vous seul, mon vrai et unique bien, et vous posséder à jamais.
Mais pourquoi , ô mon Jésus , n'ai-je pas en ce moment un cœur tout brûlant de ferveur et semblable au vôtre, pour vous aimer et vous entretenir dignement? Anges saints, et vous, habitants du ciel et de la terre, venez ici pour former le cortège de votre roi, et obtenez de mon âme des sentiments dignes de lui. O bien-aimé Jésus, vraie lumière de mes yeux, vraie joie de mon cœur, mon soutien, mon trésor, ma vie, mon vrai souverain et mon unique bien, faites que je vous aime et désire de vous aimer de toute mon âme et de toutes mes forces. Je vous aime, et je voudrais en ce moment, par l'ardeur de mon amour, réparer tout le temps où je ne vous ai pas aimé. Je voudrais avoir un cœur tout amour pour vous, afin qu'il ne fut occupé que de vous, et ne plus aimer les créatures qu'en vue de vous. O sainte fournaise de l'amour céleste, faitesmoi participer à vos ardeurs; environnez mon cœur de vos flammes divines, et consumez-y tout amour du monde et de moi-même. Faites qu'exhalant le feu suave de votre amour, mon cœur, mon esprit et ma vie ne se meuvent que pour vous, et que, non content de vous aimer seul, je travaille à vous attirer tous les cœurs et à vous faire aimer de tous ceux qu'il me sera possible.
Accomplissez, ô Jésus, les desseins de miséricorde pour lesquels, du sublime trône de votre gloire, vous avez daigné descendre dans une si pauvre demeure. O mon Dieu, qu'il ne vous suffise pas de vous être donné tout à moi ; donnez-moi encore les trésors et les grâces que vous portez avec vous! Vous qui, dans le temps de votre vie mortelle, avez rendu la vue aux aveugles, purifié les lépreux, guéri les malades, sanctifié les pécheurs, usez envers moi de cette vertu qui est toujours attentive à faire du bien à ceux qui vous invoquent avec une foi vive. Voici, à vos pieds, ô mon Dieu, un pauvre aveugle, donnez-lui la lumière; voici un lépreux atteint de la hideuse lèpre du péché; purifiez-le ; voici un malade couvert de plaies spirituelles, guérissez-le; voici un grand pécheur, sanctifiez-le ; puisqu'à votre pouvoir infini rien n'est difficile, j'espère tout de votre charité. Donnez-moi donc, Seigneur, la grâce de pleurer mes péchés, de bien satisfaire aux devoirs de mon état, de supporter avec patience et résignation les travaux de la vie, de vous aimer enfin, et d'employer à votre divin amour tous mes jours, jusqu'à mon dernier soupir, qui, je l'espère, sera un soupir d'amour qui me fera parvenir à vous aimer parfaitement dans le ciel. Vierge sainte, anges du Très- Haut, élus du ciel, je vous remercie de votre assistance. Vous aussi, rendez grâces à mon Seigneur, pour le don auguste qu'il a daigné faire à mon âme. Faites que je lui en sois toujours reconnaissant, et que je vive de manière qu'il me visite encore à l'heure de mon trépas, afin que, par la vertu de sa présence, je puisse,
à cette heure suprême, venir avec vous pour exalter à jamais ses miséricordes dans le paradis.
Aspirations.
d. Que voulez -vous, Seigneur, que je fasse pour vous?