CINQUIÈME CONSIDÉRATION
Sur l'amour de Jésus-Christ pour nous en instituant la sainte Eucharistie pour s'unir à nos âmes.
I. Jésus-Christ a institué le divin Sacrement pour s'unir à nos âmes; voilà où tend la générosité de son amour. Il est là comme ce marchand dont parle l'Evan-
gile, qui vend toutes ses richesses pour acquérir une perle qu'il croit rare et précieuse. Accipite et comedite, dit Jésus à ses disciples, et en leur personne, à tous les fidèles : Accipite et comedite; hoc est corpus meum (Matth., 25). Comme s'il eût voulu dire : Homme, nourris-toi de moi, afin que tu fasses un avec moi : Dixïi : Me comede, ut summa unio fiât (S. Jean Chrysost., hom. 25). Ah! quelle bonté, quelle tendresse, quelle condescendance de la part de notre Dieu! Le Sauveur, dit saint François de Sales, ne peut paraître en nulle chose plus aimant , ni plus tendre que dans l'acte où il s'annihile, pour ainsi dire, et se réduit en nourriture pour pénétrer dans nos âmes et s'unir au cœur des fidèles. 0 prodige ! s'écrie saint Jean Chrysostôme; ce Dieu suprême, sur lequel les anges mêmes n'osent fixer les yeux , s'unit à nous et nous unit à lui, au point de ne faire avec lui qu'un corps et qu'une âme. Et quel est le berger, continue le même saint, qui nourrit ses brebis de son propre sang? N'est-il pas des mères qui donnent leurs enfants à des étrangères, pour les nourrir? Mais Jésus-Christ, dans le Sacrement, nous alimente de son propre sang et nous unit à lui, afin que par cette union nous ne fassions qu'un avec lui. Ah! qu'il est grand, ajoute, tout étonné, saint Laurent Justinien, qu'il est grand votre amour pour nous, ô mon Dieu ! puisque vous avez voulu vous unir si étroitement à notre corps que nous parvenions à n'avoir qu'un cœur avec vous : O quam mirabilis est dileclio tua, ô Domine Jesu, qui tuo corpori taliter nos incorporari voluisti, ut tecum cor unum habeamus
(De divin, amicitia, c. 4)! Ame ingrate et vile, le croyez-vous, ce mystère? Oui, mon Jésus et mon Dieu, je le crois. Mais , que je sois insensible à un si grand amour, le comprends-je comme je le dois? Oh! que j'ai connu tard qui vous êtes et qui je suis ! Plus je vous admire, plus j'ai horreur de moi-même. Que de fois ne vous êtes-vous pas affectueusement uni à mon âme? Mais à quel monstre vous êtes-vous trouvé uni, ô divin amant? à quel monstre d'indignité, de souillure et de froideur? Mon âme s'est trouvée tant de fois au sein d'une félicité inconnue, que pour en jouir même une seule fois, ce n'eût point été assez de répandre tout mon sang. Oh! aveugle et insensée! âme malheureuse et coupable, que de moments tu as perdus! Que de suaves délices tu n'as pas su goûter! Les Séraphins mêmes te portaient envie, et moi!... Ah! vils attraits des sens, monde trompeur, passions perfides, que m' avez- vous donné en échange?...
Ici, arrêtez-vous un moment, âme pieuse, à comparer la possession si intime et si douce de Dieu, avec les objets de la terre qui ont causé votre froideur, et vous ont privée du bonheur de connaître et de goûter un si grand bien. Prenez de généreuses résolutions; demandez les lumières d'en haut et les grâces du ciel, et terminez cette méditation par un renoncement entier à votre amour-propre , et par une offrande absolue de votre cœur aux désirs, aux volontés et à l'amour ineffable de votre divin époux.
IL Quand le roi Salomon eut élevé un temple au Seigneur, saisi de stupeur, il s'écria : Comment est- il
possible que Dieu habite sur la terre parmi les hommes? Si le ciel ne peut vous contenir dans son immensité infinie, Seigneur, combien moins encore cette petite demeure que j'ai bâtie! Mais qu'aurait dit Salomon, s'il avait vu ce Dieu si grand, qui d'un signe ferait rentrer toutes les créatures dans le néant, ce Dieu éternel, infini, immense, venir habiter, non plus dans un temple majestueux , comme était celui de Jérusalem , mais dans un cœur plus étroit et plus misérable qu'un chétif vermisseau, s'unir à lui, s'identifier à sa nature pour ne faire qu'un avec lui ? Les Gentils, au milieu des délires de l'idolâtrie , se donnèrent une infinité de dieux. Néanmoins, parmi tous ces dieux qu'ils inventèrent, ils n'arrivèrent jamais à s'en figurer aucun qui fût aussi bon envers les hommes que le nôtre, qui veut se réduire* en nourriture pour s'unir à nos âmes. C'est pour cela qu'en apprenant les œuvres d'amour de notre Dieu, ils s'écrièrent, saisis de stupeur : Qu'il est bon, qu'il est grand, le Dieu des chrétiens !
Que vous êtes heureuse, âme pieuse, quand vous vous approchez pour recevoir dignement Jésus-Christ dans votre auguste Sacrement ! Sainte Thérèse, en se promenant un jour dans son monastère , rencontra un petit enfant tout seul sur son passage. Toute étonnée, elle lui dit : Comment ètes-vous entré? Et comme il ne répondit point, elle pensa qu'il était parent de quelque religieuse, et se contenta de lui demander son nom. A cette question, il répondit : Dites-moi d'abord le vôtre, et je vous dirai ensuite le mien. — Bien, reprit la
sainte, je m appelle Thérèse de Jésus. Alors l'enfant, souriant amoureusement et étincelant soudain d'une lumière divine, dit : Et moi, je me nomme le Jésus de Thérèse, et il disparut. Cette union entre Thérèse et Jésus est l'image de celle qui existe entre lui et vous, pand vous le recevez pieusement dans la sainte communion. Il se forme alors un tel lien entre vous et Jésus, que, comme il le dit lui-même, vous habitez en lui et lui en vous : Qui manducat meam carnem et Mbit meum sanguinem, in me manet et ego in eo. Or, est-ce peu que le bonheur d'être uni si intimement à Jésus? On lit dans l'Ecriture que le centurion de l'Evangile se disait heureux d'une seule parole de Jésus, proférée en son honneur et pour la guérison de son serviteur. Que je vais être heureuse, disait la femme de l'Evangile, que je vais être heureuse, si j'ai le bonheur de toucher seulement le bord de son vêtement ! Cela seul me délivrera de mes maux. Un regard, un signe de Jésus, sa seule présence faisait tressaillir toute la Palestine de joie ; et les peuples qui le suivaient en foule au désert, malgré la fatigue et la faim, se croyaient heureux pourvu qu'ils pussent arriver jusqu'à lui et entendre sa parole. Mais qui pourrait se glorifier autant que vous, qui, en communiant dignement, pouvez vous dire avec raison : Jésus -Christ est en moi, il vit en moi , il est tout à moi et je suis tout à lui : In me manet et ego in eo ? Chère union ! union précieuse ! union ineffable ! Rappelez-vous néanmoins que le but de Jésus-Christ, dans cette union, est de régner sur votre cœur et de le posséder entièrement :
— Gh -
Fll'h ainsi parle le Seigneur, fili prœbe mihi cor tmm, in tibi meum; mon fils, donne-moi ton cœur, comme moi je t'ai donné le mien. Il veut de vous un abandon sincère et entier de vous - même , avec l'intention déterminée de vous laisser guider à sa manière. Vous devez donc vous considérer comme n'étant plus vôtre en rien, mais penser que vous êtes tout à Jésus. Souvenez-vous que celui qui ne lui donne pas son cœur, ne lui donne rien, parce que le cœur est la chose qu'il estime le plus.
III. Considérez, âme pieuse, que Jésus-Christ, dans le divin Sacrement, ne s'unit pas seulement à notre âme par le moyen de la grâce, mais encore à notre corps par sa très-sainte chair. Cette union, au dire des saints, est une chose tout-à-fait merveilleuse ; ils l'appellent naturelle , substantielle et réelle avec le corps du Sauveur. Saint Jean Chrysostôme va jusqu'à dire que notre pauvre corps s'unit tellement au corps sacré de Jésus-Christ, que de deux corps il ne s'en forme qu'un seul ; de même que si, en ajoutant une tête à un corps décapité , on en formait un corps entier, sain et parfait; de même, dit le saint, dans la sainte Communion , en nous unissant comme membres à notre tête, qui est le Rédempteur, de deux corps il ne s'en forme qu'un seul (Homil. 61 ad popul. Antioch.). Il semble qu'on ne peut rien dire de plus pour exprimer l'étroite union que contracte l'homme avec le Verbe incarné dans cet auguste Sacrement. Et cependant saint Cyrille d'Alexandrie va plus loin, et se sert d'expressions plus fortes encore. Qu'on prenne, dit-il, de la cire et qu'on
la mette en fusion sur le feu ; qu'on fasse également fondre d'autre cire, et qu'on les laisse ensuite se mêler ensemble et se confondre, qui pourra alors distinguer l'une de l'autre, qui pourra les séparer? Ainsi, ajoutet-il, le Rédempteur, en venant à nous, mêle nos chairs à ses chairs glorieuses, et cela pour ne former en quelque sorte qu'un même corps (Hom. 10 in Joan., c. 43). Oh! qu'il est donc grand, qu'il est immense l'amour de Jésus pour nous, d'avoir établi un moyen si prodigieux pour s'unir si intimement à nos âmes et à nos corps. Mais hélas! l'ingratitude monstrueuse des hommes fait de cette union un criminel abus : quelques-uns la fuient et la méprisent pour se livrer au monde et au péché. D'autres (qui pourrait le croire, si on ne le voyait tous les jours !) prennent à dégoût ce pain sacré et emploient toutes les ruses et tous les prétextes pour s'en tenir éloignés. Mais si ce pain, disait saint Ambroise, est notre pain substantiel de chaque jour> pourquoi laissons-nous passer des semaines et des mois sans nous en nourrir? Nous devrions tous vivre de manière à pouvoir le recevoir tous les jours. Il en est qui s'en nourrissent, mais tandis qu'ils sont unis intimement au Christ et qu'ils le portent dans leurs entrailles, que font-ils? Dissipés par leurs sentiments, portés par leurs pensées à des affaires du monde, ils s'éloignent de lui d'esprit et de cœur : Juxta Christum sine Christo (S. Paul, ep. h ad Se ver.). Ce n'est point là cependant ce qu'il y a de pire. Le mal le plus déplorable est commis par ceux qui s'approchent de Jésus avec un cœur sacrilège, et qui ont l'audace d'appro-
cher de leurs lèvres ce pain des anges, tandis que leur âme est livrée au démon. Oh! quelle horrible union font alors ces monstres d'ua cœur immonde et corrompu avec le plus pur et le plus saint de tous les cœurs? Ame dévote et pieuse, ah! versez ici deux sources de larmes sur le cœur de Jésus, en pensant que ceux qui l'humilient et le foulent aux pieds avec tant de hardiesse, sont peut-èlre les plus favorisés de son peuple. Que cet irréligieux mépris de ces infâmes ingrats excite en vous comme un cri d'horreur. Le cœur de Jésus attend de vous avec anxiété une affectueuse et constante réparation de toutes les irrévérences qui se commettent envers le Sacrement d'amour, par votre foi, votre bon exemple, votre- ferveur, vos communions bien préparées, fréquentes et opportunes. Prenez ici cette résolution, et faites-en à Dieu une généreuse offrande. Pour votre règle et celle des autres, rappelezvous toujours ce sage avertissement que saint François de Sales écrivait à un haut personnage pour l'encourager à une fréquente et pieuse communion (Liv. 2, lett. hl). « L'expérience que m'ont donnée vingt-cinq ans de ministère auprès des âmes, m'a fait comprendre combien est puissante la vertu de ce Sacrement, pour raffermir les âmes dans le bien , pour les délivrer du mal, les consoler, et, en un mot, pour les diviniser flans ce monde, pourvu qu'on le fréquente avec la foi, la pureté et la dévotion convenables. Vive Jésus! »
Préparation à la Communion.
Qu'elle est grande, ô mon Dieu, votre bonté pour
moi! Non content de m' avoir créé et préféré à tant d'autres qui vous auraient servi mieux que moi, de m'avoir racheté au prix de tout votre sang, malgré mon ingratitude, de m'avoir conservé après tant de péchés qui m'ont mérité l'enfer, de m'avoir comblé de bienfaits malgré l'abus que j'en ai fait, vous voulez encore ce matin me nourrir de votre chair et m'abreuver de votre sang. Non content d'être devenu mon égal par votre naissance , mon modèle par votre vie , mon guide par votre doctrine , ma rédemption par votre mort , et ma récompense par votre gloire , vous voulez encore devenir ma nourriture dans la sainte Eucharistie? 0 Jésus, n'êtes- vous pas le souverain Maître du ciel et de la terre ? Comment donc voulezvous maintenant descendre du trône de votre gloire pour vous cacher sous les apparences d'un peu de pain et venir habiter dans mon cœur ?
Quand je pense, ô Jésus, à ce que je suis et à ce que vous êtes, je demeure tellement confus que j'ose à peine lever les yeux pour m'approcher de votre table. Je ne suis rien et vous êtes tout : je ne suis que misère et vous êtes la perfection même ; quel rapport y a-t-il donc entre vous et moi ? Toutefois, puisque vous menacez de la mort éternelle celui qui ne mange pas votre chair et ne boit pas votre sang, et que vous promettez tous les biens à celui qui vous reçoit, pour cela j'irai, tout en confessant mon indignité avec le centurion , vous recevoir pour satisfaire à vos désirs , pour pourvoir à mes besoins , pour renouveler mon esprit , pour sanctifier mon cœur et pouvoir dire avec l'apôtre
Paul : Ce n'est plus moi qui vis, mais c'est Jésus- Christ qui vit en moi.
Venez, ô Jésus, dans mon âme, qui soupire après vous ; comme le cerf désire d'arriver à une source d'eau limpide pour s'y désaltérer, ainsi je brûle de m'unir à vous, parce que ma plus ferme espérance est que votre venue rétablira dans mon âme le règne de votre grâce , et me sera un gage sûr de posséder un jour avec les anges et les saints le royaume de votre gloire : Sicut desiderat cervus ad fontem aquarum, ita desiderat anima mea ad te, Deus. Venez donc en mon âme , ô pain par excellence , infiniment plus précieux que la manne que vous envoyâtes à votre peuple dans le désert. Venez me rassasier de votre grâce, afin que, nourri par vous, je puisse, comme Elie, gravir la montagne sainte , sans éprouver de lassitude ni m'arrêter sur le chemin. Faites que je trouve en vous toutes les saveurs et toutes les suavités, afin que rien ne m'attire hors de vous. Et pour que votre grâce descende sans obstacle dans mon âme, anéantissez-y ce qui vous déplaît. Pardonnez-moi tous les péchés de ma vie, et purifiez-moi de même des fautes les plus légères, comme vous voulûtes de votre main laver les pieds aux apôtres, avant de les admettre au banquet de votre corps immaculé. Faites que je vous reçoive avec cette pureté de conscience, ce sentiment d'attention et cette ardeur d'amour avec lesquels vous recevez sur la terre tous ceux qui maintenant vous glorifient dans le paradis. Permettez que je vous offre, en compensation de mon indignité, toutes les saintes dispositions que por-
tèrent à cette table les Apôtres, les Martyrs, les Confesseurs, les Vierges, et de plus celles de Marie, quand vous vous incarnâtes dans son sein virginal; enfin, les dispositions divines que vous eûtes vous-même, ô Jésus, dans le cénacle, quand vous instituâtes, à l'étonnement du ciel, cet admirable Sacrement.
C'est de vos mains, ô Vierge sainte, que Siméon reçut dans ses bras Jésus enfant ; c'est aussi de vos mains que je m'imagine de le recevoir aujourd'hui. Mais avant de me le présenter, offrez-le au Père éternel comme une victime de propitiation pour mes innombrables péchés, et comme un holocauste d'impétration pour tant de besoins de mon âme : puis, donnez-le moi, ô Vierge sainte, et en me le donnant, dites-lui que je vous suis dévoué, et ainsi il s'unira volontiers à moi et me comblera de ses grâces.
Action de grâces.
Ils furent si brûlants et si vifs les transports du vieillard Siméon, lorsqu'il pressa l'enfant Jésus dans ses bras, que, dans l'enthousiasme de sa joie, il fit entendre ce cantique sacré : Ntmc dirnittis servum tuum, Domine, secundum verbum tuum in pace, quia viderunt oculi mei salutare tuum. Mon Dieu, envoyez maintenant la mort à votre serviteur ; je l'accepte volontiers, parce que mes désirs sont pleinements satisfaits ; car j'ai vu de mes yeux le Sauveur du monde et je l'ai pressé sur mon sein. Et toi, ô mon âme, qui as eu ce matin le bonheur de recevoir sur ta langue Jésus- Christ et de le presser sur ton cœur, que dis -tu? que
penses- tu? où sont tes vifs et brûlants transports? Ah! Jésus! quel doux moment est celui-ci pour moi! Tant de patriarches, tant de saints prophètes ont désiré de vous voir sur cette terre , et ne furent point exaucés; et moi, le plus indigne des pécheurs, moi qui ai mérité mille enfers, je suis devenu le tabernacle de votre divinité. Mon bien-aimé, puis-je m'écrier avec l'épouse sacrée, est avec moi et je suis avec lui : Dilectus meus mihi, et ego illi. J'ai enfin trouvé l'objet de mon amour, la source de toute ma consolation, le trésor de mon cœur, la joie de mes yeux , l'allégresse de mon esprit, le principe et la fin de ma vie ; j'ai trouvé mon adorable Jésus. Je ne porte plus envie, Seigneur, ni aux pasteurs, ni aux mages qui vous adorèrent enfant dans votre berceau. Plus heureux qu'eux, non-seulement je vous ai vu de mes yeux, et je vous ai touché de mes lèvres, mais je vous possède réellement dans ma pauvre âme, glorieux et triomphant, tel que vous êtes à la droite de votre divin Père. Anges du ciel qui assistez continuellement au trône de l'éternel, venez maintenant épanouir votre allégresse autour de mon cœur, et faire cortège à votre roi. Dans vos hymnes célestes, glorifiez pour moi cet aimable Jésus, qui fait continuellement votre béatitude dans PéterneJle joie du paradis.
Allumez dans mon cœur , ô Jésus , la belle flamme de votre saint amour, de cet amour que vous êtes venu apporter sur la terre, et que vous désirez si ardemment de voir allumé dans tous les cœurs , de cet amour infini qui vous poussa à mourir pour nous sur une croix,
et à rester au milieu de nous anéanti sous de si pauvres espèces. Ah! que ne puis-je, Seigneur, brûler comme une flamme pour vous ! Que ne puis-je brûler de mon ardeur toutes mes iniquités passées, vous aimer autant que je vous ai offensé, et autant que vous le méritez. 0 feu divin qui illuminez les esprits, enflammez les cœurs, renouvelez les âmes, attirez les affections et unissez les volontés, faites-moi sentir les effets de votre venue dans mon cœur. Eclairez-moi de votre lumière , réchauffez-moi de votre chaleur, purifiez-moi par votre vertu, raffermissez-moi par votre toute-puissance, afin que je sois fort dans mes luttes contre mes ennemis. Ne permettez pas, Seigneur, que je reste languissant et froid dans votre amour, après vous avoir reçu dans mon sein, vous le Dieu d'amour et la chanté par essence. Et qui jamais, à l'avenir, pourra me séparer de vous? Que le monde entier me persécute, et que la foudre du ciel me brise ; jamais l'exil, ni la misère, ni la prison, ni le châtiment, ni l'infamie , ni la mort ne pourront m' éloigner de vous.
Prière de saint Thomas d'Aquin.
Je vous remercie, ô Père tout-puissant et Dieu éternel, d'avoir daigné me nourrir, moi, pécheur et votre indigne esclave , du précieux corps et du précieux sang de votre Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ. Je vous prie que cette sainte communion ne me soit pas une nouvelle faute digne de châtiment, mais plutôt une intercession salutaire pour obtenir mon pardon; qu'elle me serve à la destruction de tous mes vices et à l'accrois-
sèment d'une charité parfaite dans toutes les puissances de mon âme, et surtout qu'elle m'aide à m'unir à vous, unique et vrai Dieu, et à accomplir fidèlement et heureusement mes jours dans votre sainte grâce. Et alors qu'il vous plaise , ô bon Père , de me considérer à ce banquet ineffable du paradis, où, avec votre Fils et l'Esprit-Saint , vous êtes aux élus la vraie lumière, la plénitude de la consolation, l'éternelle joie et la parfaite félicité.
O mes plus douces amours, Jésus et Marie, faites donc que je souffre pour vous, que je meure pour vous, que je sois tout à vous et en rien à moi! Loué et béni soit toujours le très-saint Sacrement. Bénie soit la sainte et immaculée Conception de la très-sainte
vierge Marie.
Aspirations,
1 . Je renonce aux satisfactions de la terre pour vous plaire, mon Dieu.