LE CERVEAU DE L'HOMME
Notions d'anatomie et de physiologie cérébrales, désormais indispensables à toute étude de psychologie. — Localisations cérébrales; sensation et mouvement. — La cellule cérébrale; le neurone. — Fibres collatérales et neurones d'association ; mécanisme de l'association des images et des idées. — Rôle fondamental de la mémoire. — Monisme et dualisme : incarnation de l'âme dans le système nerveux de rhomme; la durée des actes psychiques.
La science du cerveau de l'homme a pris, depuis un quart de siècle, une telle importance, elle a acquis si vite un si haut degré de précision, elle résulte d'un accord si fort, si unanime entre biologistes de tous pays, elle projette, enfin, un jour si
MAURICE DB PLEURY. — L'àmo du Criminel. i
vif sur les phénomènes de l'esprit , qu'il serait aujourd'hui tout à fait impossible de se passer d'elle pour traiter de psychologie générale, et, plus spécialement, de psychologie criminelle.
Rébarbative, hérissée, au premier aspect, de difficultés inquiétantes, effrayante par sa complexité, il est facile, cependant, de la simplifier sans la dénaturer, et de la mettre à la portée des esprits les moins attentifs. Pour qui pénètre jusqu'à elle, cette science des fonctions du cerveau pensant revêt bien vite les lignes pures,, les proportions harmonieuses et la claire ordonnance d'un beau jardin français aux allées droites, taillé dans cette forêt sombre qui fut longtemps la psychologie classique ^ Parcourons-le ensemble, ce jardin, en gardant sous les yeux quelques plans schématiques, quelques images rudimentaireSy. pour éviter de nous y perdre.
En voici une, tout d'abord, qui représente la topographie, la géographie d*une moitié du cerveau*, ou, pour employer Le langage usité, les localisations cérébrales sur Thémisphère gauche.
Ce mot a localisations » ne veut point dire que les diverses facultés de l'âme y ont chacune une
1 Fovr phit amples détails sur la psychologie cérébrale, Yoir mon Introduction à la Médecine de PEsprit, chap. iv; La médecine et ta psychologie^ p. 174 et suiv. 5* éd., 1898. F.. Alcan, édii.
2. On sait que nous avons un hémisphère cérébral droit et un hémisphère cérébral gauche, dont chacun préside au fonctionnement d'une moitié dm corps.
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place assignée, mais aimplemeot que telle lone — toajoara U même pour tous les cerveaux d'houroes — préside & telle aorte de seiuatiotis ou coœraaade
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à telle variété de mouvements. S'il arrive que la aoBe V eet AUacérée par une hémorragie cérébrale, par nue apoplexie, le sujet deviendra et restera aveugle ; si la lésion destructive porte sur toute la partie supérieure et moyenne de l'hémisphère, il y aura paralysie des mouvements de U jambe et du bras, et le malade sera hémiplégique.
4 l'amb du criminel
C^est que le point V est le lieu du cerveau où vient finir le nerf optique ; c'est là qu'il épanouit ses terminaisons,. là qu'il apporte et dépose pour ainsi dire les vibrations nerveuses cueillies par la rétine au contact du inonde extérieur, c'est-à-dire les notions de couleur et de forme : c'est donc là seulement que peut se faire la perception visuelle. Au point G', aboutissent de même tous les nerfs sensitifs qui, sans cesse, nous renseignent sur l'état des muscles, des ligaments, de la peau du genou, sur les contacts, sur les sensations de chaud ou de froid, que subit cette région de notre être, et de ce même point repartent les filets nerveux centrifuges qui président aux mouvements de l'articulation du genou.
A l'heure actuelle, les expériences sur les animaux, et les études cliniques complétées d'autopsies sur l'homme paralysé ^, ont permis de fixer avec la plus grande précision l'aboutissant cérébral de nos principales sensations, et le point de départ cérébral de la plupart de nos mouvements, de nos actes.
Si, maintenant, nous étudions les centres nerveux sur une coupe verticale mettant à nu Tintérieur des
1. La comparaison des symptômes ayec les lésions (méthode anatomo-clinique de Gharcot) est notre seul moyen de nous renseigner scientifiquement sur les localisations cérébrales chez l'homme.
g LAME DU CRIMINEL
deux hémisphères et de la moelle épioière qui leur fait suite, nous voici à même de faire une nouvelle série de constatations utiles. Nous y voyons d'abord (fig. 2) que la surface du cerveau, que son « écorce »> toute plissée de circonvolutions, est faite de substance grise, tandis que les parties sous-jacentes se constituent de substance blanche entièrement striée de fibres qui, groupées en faisceaux dans la moelle épinière, rayonnent vers Tecorce.
Contentons-nous d'envisager deux de ces fibres. L'une d'elles — que, pour la distinguer de l'autre, nous représentons ondulée — naît d'une des surfaces sensibles de notre organisme S. Nous la voyons gagner la moelle épinière, se jeter dans la corne postérieure où elle fait relais, pour remonter, s'entre-croiser avec ses congénères du côté opposé, prendre son rang, parmi mille autres, dans la substance blanche du cerveau, aboutir a l'écorce, et se terminer au contact d*une grande cellule de la substance grise.
De cette cellule repart une autre fibre, rectilîgne dans notre image, et centrifuge, celle-là. Après avoir subi l'entre-croîsement en E, P, cette fibre descend dans la moelle, fait relais dans la corne antérieure, repart, et aboutit, en M, à l'organe moteur, au muscle qui agit.
Une sensation qui vient k nous, et un mouvement que nous accomplissons, c^est là Te^sentîel du mécanisme de la vie, qu'on pfyarraii, ifej crois.