Félix Alcan, édit
Il est vrai, cependant, qu'un bon cerveau perçoit non Funité de sa Personne, mais la bonne harmonie des parties qui la constituent. Cette conscience lui vient de ce que toutes les parcelles tes plus infimes de son corps sont unies au cerveau par des nerfs de sensibilité, et aussi de ce que toutes les régions de Técorce grise sont reliées entre elles par ces innombrables neurones d'association, dont nous avons déjà si fréquemment invoqué le fonctionnement : leur présence assure partout la « synergie fonctionnelle », et c'est de cette synergie que nous avons le sentiment. De tous les temps les philosophes spiri* tualistes ont voulu faire du Moi un roi souverain, le monarque absolu de la Conscience et de la Volonté, qui sont tout simplement des républiques où régnent seules les lois de la concurrence vitale. Je ne vois que les fous pour avoir un cerveau royal, parce que leur personnalité entière se concentre sur une idée fixe, dominatrice, unique.
D'ailleurs, depuis le jour où M. Ribot publia sa magistrale ébauche des Maladies de la Personnalité^ depuis l'époque où M. Pierre Janet fit connaître le résultat de ses recherches sur V Automatisme psychologique ^ et sur l'État mental des hystériques ', voire depuis le temps, déjà lointain, où M. Azam raconta l'histoire de Félida et du dédoublement de