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COMMERCE DE LA PROVINCE

La province de Battambang est riche. D’après les renseignements recueillis sur place par un commerçant européen , le mouvement commercial annuel serait d’au moins un million de piastres. Les principales productions du pays sont le riz (environ 5oo ooo piculs par an), le poisson salé (i5 à 20 ooo piculs), la cardamome, la gomme laque, qui jadis faisait l’objet d’un grand commerce et ne donne plus que fort peu, remplacée qu’elle est généralement par des produits européens; le bois d’aigle.

Battambang est principalement approvisionné d’objets européens par deux magasins que tiennent des Malais. Ceux-ci sont les représentants d’un Parsi de Bombay, dont la maison a des succursales à Bangkok, Singapore, et en plusieurs autres villes. Son représentant à Saïgon est le consul d’Angleterre, commerçant lui-même.

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Le courant commercial se fait soit par Bangkok, en prenant la route de terre, soit par Saigon et Pnompenh.

Les Chinois préfèrent généralement la première voie, à cause des droits qui frappent les marchandises dans notre colonie, et de l’incertitude où les laissent les variations de notre régime douanier.

Les principaux produits européens qui s’écoulent à Battambang sont :

Du coton blanc filé des Indes à raison de 2 fr. 5o

les 20 écheveaux;

Du coton blanc filé d’Angleterre (celui-ci plus fin) , 4 piastres les 4o écheveaux ;

Du coton teint, filé d’Angleterre ;

Des étoffes blanches de Manchester, la pièce de 26 yards (sur un peu moins d’un yard de large), 2 piastres;

Une qualité supérieure, 3 piastres 70 les 38 yards 1/2 (celle-ci porte la marque Gilfillan Wood and C°, regd in french colonies).

D’autres sont marquées : Thomas Barlon and Brothers, Manchester.

Quelques sampats de couleur, de France. Certains sampats sont fabriqués à Bombay. Les indiennes viennent de Manchester.

La mousseline à dessins frappés comme on en fabrique à Beims pour le Japon, vient du Japon.

En somme la plus grande partie des étoffes sont de fabrication anglaise. Celles que vendent lés Malais prennent la voie de Saigon Pnom-penh. En dépit des

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droits élevés dont elles sont frappées, elles sont préférées aux étoffes françaises. Les commerçants déclarent ces dernières excellentes, mais elles sont vendues trop cher au débitant.

Une pièce d’indienne par exemple achetée par celui-ci 2 roupies à Bombay, pourra, après avoir payé 90 cents de douane à Saigon, être écoulée à Pnompenh à 2 piastres 20. La même venue de Paris, exempte de droits, ne sera livrée au commerçant que moyennent 2 piastres 4o ; il perdrait à l’acheter.

Des pièces de mousseline, vendues 25 cents le yard à Saigon lorsqu’elles sont de provenance anglaise, ne sont pas apportées, fabriquées en France, à moins de 35 cents.

D’un autre côté des balles de cotonnades vendues 24o piastres à Saigon, sont trouvées à Bangkok pour 175. Les Chinois qui les transportent en charrettes les ont encore à meilleur compte que s’ils les prenaient chez nous.

Les quelques commerçants avec qui j’ai causé avouaient n’avoir pas de préférence pour les produits anglais aux dépens des français; mais en achetant ces derniers ils ne trouvent pas le même profit que sur les premiers.

Je n’ai pas à rechercher ici les raisons qui élèvent les prix de nos étoffes. Qu’il me soit permis pourtant d’en indiquer une : le haut prix des frais de transport, provenant peut-être de l’absence de concurrence entre des lignes faisant même trajet. Qu’on se rappelle que, tandis que deux bateaux des Messageries Maritimes et

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un d’une Compagnie de Marseille arrivent par mois à Saigon, au moins quatre ou cinq cargos allemands ou anglais entrent dans la rivière par semaine. Je l’ai dit ailleurs, et je suis heureux de cette occasion de le répéter ici : il ne tient qu’à nous de prendre une place dans la marine marchande qui approvisionne les ports d’Extrême-Orient et en particulier les nôtres. Et cette place serait bonne, si l’on en juge par le chiffre d’affaires que font les Anglais et les Allemands, et si l’on songe aux privilèges que nous serions en droit de réclamer chez nous.

Sur les Messageries fluviales, les frais sont également très élevés : un picul de riz de Battambang à Saigon (4 jours) coûte 34 cents de transport.

De Bangkok à Hong-kong (io jours de mer), le même picul ne paierait que i5 à 20 cents.

En dehors des toiles, les commerçants de Battambang vendent quelques articles de Paris : des parfums français; des boîtes rondes portant une glace sur le couvercle (allemandes); du fil blanc anglais (environ 1 cent la pelote) ; des aiguilles ; des boutons anglais ; de la teinture faite à Berlin pour les Indes.

Le lait condensé coûte 7 tomlangs, environ 1 fr. 12 la boîte.

L’absinthe 2 fr. 5o la bouteille; 10 boîtes d’allumettes valent 3 bats, environ o fr. 12.

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