HABITANTS DE LA PROVINCE
Il est difficile d’évaluer le chiffre de la population de la province de Battambang. Un recensement exact n’en a pas été fait, que je sache.
La plus grande partie des habitants sont Cambodgiens. Bien que l’écriture siamoise ait été introduite dans les actes du gouvernement, la langue usuelle est le cambodgien.
Parmi les Cambodgiens on trouve, à Battambang comme à Pnomh-penh, quelques familles descendant des Portugais. Auprès de la mission vit une famille appelée Da Costa; le chef, un vieillard, au teint assez clair, au profil peut-être plus régulier que celui des autres Cambodgiens, dit avoir eu de nombreux papiers établissant sa descendance. Ils furent brûlés ou enlevés lors de la révolte du Cambodge en i884- Mais il conserve encore un ostensoir et une statuette de la
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Vierge en ivoire, lesquels remonteraient au temps de la venue de ses ancêtres.
Les ressources des Cambodgiens sont la pêche et la culture du riz. Le poisson abonde jusqu’à ce que les eaux soient tout à fait basses; il faut alors le chercher au-dessous de la douane, et il devient plus cher. En autres saisons, il suffit de jeter une ligne à l’eau pour en prendre : éperviers de 4 à 6 mètres de long, lignes à plusieurs hameçons, nasses, barrages, aucun engin ne fait défaut à l’indigène.
Les rizières s’étendent derrière la ville; la culture du paddy est très simple : la terre remuée par une charrette à soc triangulaire reçoit le grain lancé à la volée ; on herse ensuite ; le champ n’a plus besoin d’autres soins que de ceux du ciel. Pour que la récolte soit bonne, il faut des pluies suffisantes jusqu’à la fin de décembre. Ces deux dernières années ont été mauvaises. Les Cambodgiens de la province, comme les Laotiens, travaillent peu, le bon marché des denrées et la facilité de la vie sont peut-être une des principales causes de celte paresse apparente ' .