‹ L'Ame éclairée par les oracles de la sagesse dans les paraboles et les béatitudes évangéliquesChapitre 17 sur 38 · Ouoniam iniquilatem meam ego coq · texte numérisé non relu

Ouoniam iniquilatem meam ego coq

nôsco : et peccatum meum contra me est

semper.

Mes péchés sont toujours présents à mes yeux ; ils me suivent partout ; leur triste souvenir s'offre partout à moi pour me déchirer. L'ombre sanglante d'Urie qui pour* suivait sans cesse David, le sang versé: d'Abelqui criait toujours vengeance contra Caïn , voilà la triste , la funeste image de mon état ; voilà le glaive de douleur qui perce mon cœur , le ver rongeur qui dé-* chire mon âme à tous les instants. Et com-f ment pourrais-je perdre de vue ie souvenir' de mes égarements ? La plaie qu'ils ont faite à mon cœur saignera toute ma viei Puisse-t-elle être fermée au moment de m£ mort. Que jusqu'alors elle fasse mon tour* ment, j'y consens, et je ne puis qu'ado-' rer votre divine justice : j'ai mérité l'enfer i quelle peine doit me paraître trop grande en ce monde ?

h. Tibi soli peccavi , et malum coram te

feci : ut jusliflceris in sermonibus luis ,

et vincas cùm judicaris,

.Vous êtes, ô mon Dieu ! le seul que je devais servir, adorer et aimer; et c'est vous surtout que j'ai offensé et outragé. Je

ïiie suis piqué de probité envers le monde , de fidélité envers mes amis , de reconnaissauce envers mes bienfaiteurs ; vous seul, ô mon Dieu ! vous seul avez été oublié > abandonné , outragé. Je suis même d'autant plus coupable, que c'est devant vous et en votre présence , que je vous ai offensé : oui , mon Dieu ! sous les yeux de votre sagesse, sous les bras de votre puissance \ sous le glaive de votre justice armée contre moi.

Il faut que l'aveuglement où jette le péché soit bien grand: on n'oserait offenser un roi en sa présence, et tous les jours on vous outrage, ô mon Dieu ! vous qui nous voyez , et qui à l'instant pourriez nous immoler et nous perdre. Tel a été mon aveuglement et l'horreur de mon crime, et je vis encore 1 etje ne meurs pas de douleurs î 5. Ecce enim in iniquitatibus conceplus sum : et in peccaik concepit me mater mea.

Il est vrai , ô mon Dieu ! que par le malheur de mon origine , j'ai été conçu dans le péché; triste héritage que j'ai reçu de mes parents en venant au monde ! funeste poison dont je n'ai cessé de ressentir les inor-

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telles atteintes ! il a agi , il a fermenté dans mon cœur, il a infecté toutes les puissances de mon âme ; de là l'aveuglement déplorable de mon esprit, la dépravation naturelle de mon cœur, un funeste penchant au mal, une répugnance continuelle pour le bien : voilà , mon Dieu , ce que je pourrais représenter à votre justice , non pour justifier mes désordres, mais pour tâcher d'en diminuera vos yeux la malice et l'horreur.

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