PSALME L
/. 1. Miserere met, Deus,secundhmmag" nam miscricordiam tnam.
Je viens , ô Dieu de bonté ! me prosterner humblement devant le trône de votre miséricorde, pour vous conjurer d'avoir pitié de mon ànie ; quelque coupable, quelque criminelle qu'elle soit, elle est l'ouvrage de vos mains et le prix de votre sang. J'ai péché , mes péchés sont un objet d'horreur à vos yeux ; ils sont un sujet de gémissements dans mon cœur. C'est dans ces sen-
(1) On donne plus d'étendue à la paraphrase de et psaume , parce qu'il est regarde' comme c'iaut par excellence le psaume de la pénitence.
timents que je viens vous en demander pardon. Je ue puis l'espérer que de votre seule miséricorde ; c'est elle que j'invoque et à qui j'ai recours. Que d'autres réclament votre bonté qu'ils ont tendrement aimée , voire sainteté qu'ils ont fidèlement imitée , votre justice qu'ils ont apaisée par leur pénitence ; pour moi, votre seule miséricorde peut m'offrir un asile ; c'est à ses pieds, c'est entre ses bras que je viens me jeter. Tendre Pasteur, vous aviez recherché la brebis égarée quand elle fuyait, la regetteriez-vous quand elle revient de son égarement ?
Et secundùm multitudinem miser alionum
tuarum , dele inîquitalem meam.
Non , mon Dieu , ce n'est pas assez pour moi de demander votre miséricorde , j'en implore toute l'étendue : le remède doit être proportionné au mal ; et comme mon péché renferme une multitude comme infinie de malice et d'ingratitude , je demande avec larmes cette multitude de miséricorde qui en renferme tous les trésors. Si elle n'était pas infinie, je l'aurais mille fois épuisée par mes péchés ; elle est encore tout entière , exercez-la tout entière envers moi. Qu'un abîme attire un autre
abîme; que l'abîme de mes iniquités attire l'abîme de vos miséricordes , et que là où a abondé le péché dans toute sa malice, surabonde aussi la miséricorde dans toute son étendue.
2. Amplliis lava me au iniquitate mea , et à peccato mco manda me.
Je tacherai, ô mon Dieu ! de laver mes péchés dans mes larmes ; mais, hélas ! mes larmes, quelque abondantes, quelque amères qu'elles puissent être, pourront-elles jamais effacer la noirceur de mes crimes? Lavez-les, ô mon Dieu! dans votre sang adorable; faites de ce sang précieux un océan de miséricordes où je puisse plonger toutes mes iniquités. C'est le seul bain salutaire où elles puissent être lavées. Purifiez de plus en plus mon âme de toutes ses taches ; plongez-ia toujours plus avantdans cet océan de sang et de grâces. C'est un nouveau déluge de maux qui croît tbus les jours dans moi ; que ce soit dans vous une inondation toujours nouvelle de miséricordes qui purifient dans moi tout ce que le péché ne cesse d'infecter de son funeste poison.