‹ L'âme élevée à Dieu [microforme]Chapitre 13 sur 119 · PROVIDENCE · texte numérisé non relu

PROVIDENCE

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en vous-même : Cette inégalité de conditions et de biens estelle l'ouvrage de la Providence? les uns riches, et les autres pauvres; les uns souverains, et les autres sujels; les uns maitres, et les autres esclaves, Mais pensez et réfléchissez : dans une parfaite égalité de conditions et de biens, le genre humain, la sociéte civile, l'union de ses membres auraitelle pu subsister ? Qu'on élablisse deux villes, une toute composée de grands et de riches, l'autre de petits et de pauvres ; celle des pauvres périrait bientôt, on le comprend. Celle des riches pourrait-elle se soutenir? Eh! dans ectte égalité de fortune et de rang, où tous les hommes seraient égaux, également commodes et aisés, qui voudrait prendre sur soi les états pénibles et laborieux, et cependant nécessaires, tandis que les autres exerceraient les fonetions tranquilles et honorables? Qui voudrait, en qualité de laboureur, arroser la terre de ses sueurs, tandis que les autres vivraient dans le sein du repos et de la mollesse ? Dans une ville tout seraitil peuple sans distinction, ou tout magistrat sur les lis? Et dans l'univers tout doit-il obéir, ou tout commander? ou, si personne ne commande ni n'obéit, que serait-ce que l'univers ? qu'une tour de Babel.

De sorte que, bien loin que cette inégaiité de conditions et de biens soit opposée à la Providence, c’est, au contraire,

arce qu'il y a une Providence qu'il doit y avoir une inégaité de conditions et de biens. Il était du ressort de cette saesse qui embrasse tout d'unir les hommes entre eux par fes liens de la subordination et de la dépendance, afin que, l'heureux consolant l’affligé, le riche secourant le pauvre, le pauvre et l’affligé, le riche et l'heureux unissent leurs voix pour célébrer de concert les louanges de la Providence qui les gouverne.

L'Ame. Mais enfin, Ô mon Dieu! en supposant la nécessité des conditions inégales, pourquoi du moins, dans cette inégalité, ne pas privilégier Les justes préférablement aux impies? Pourquoi ne pas confier aux bons le dépôt de l’autorité et des richesses, dont ils auraient fait un si bon usage, au lieu de les donner aux hommes injustes, qui en abusent et qui les déshonorent ?

Le Seigneur. Reconnaissez encore ici les vues de ma Providence dans celles de ma sagesse. Pourquoi refuser les biens de la terre aux justes? Afin qu'ils ne cessent pas d'être justes : dans l'abondance, ils s'éléveraient et ils se perverliraient. Parce que par là je veux exercer leur vertu et augmenter leur couronne : Job me rend plus de gloire sur son

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