‹ L'âme élevée à Dieu [microforme]Chapitre 17 sur 119 · TI · texte numérisé non relu

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mobile de ses actions, dans chaque condition et dans chaque état vous trouverez le vrai sage. le bon roi, le bon magistrat, le bon citoyen. le bon ami, le bon père. . Un roi qui se considérera comme immortel regardera ses sujets comme ses enfants, persuadé qu'il doit régner un jour, non pas sur eux, mais avec eux dans le ciel. Le magistrat pèsera ses arrêts dans la balance de l'équité, parce u'il pensera qu'il doit être pesé lui-même dans la balance du sanctuaire. Le négociant mettra la probité pour base de son commerce, parce qu’il se souviendra qu'il y à un négoce encore plus avantageux, en vertu duquel il peut acquerir les trésors de l'immortalité même. L'artisan travaillera jour et nuit, s'il le faut; mais, sans se borner au temps, il mettra son travail à profit pour l'éternité : et quel serait son malheur si, obligé de vivre à la sueur de son front sur la terre, il allait paraître dans l'éternité les mains vides! Tout homme, en un mot, qui aura l’immortalité devant les yeux n'aura rien que de juste dans ses projets, rien que de régle dans ses démarches, rien que de saint dans sa conduite et dans ses actions. Si l’on pensait à l'immortalité, et qu'on agit dans ses vues, tous les cœurs seraient l'asile de la vertu, tous les hommes seraient l'image de Dieu; les lois, la paix. l'équité, règneraient sur la terre, et le monde serait l’image d’un paradis de délices. |

Si l'on était bien pénétré de ces grands sentiments et animé de ces grands motifs, verrait-on ce qu'on voit si souvent dans ce monde, des hommes ne s'estimer, ne se faire valoir que par des avantages purement extérieurs, par l'amas des richesses, par l'élévation du rang, par l'éclat des parures? Une âme qui ne s’estime que par là ne semble-t-elle pas oublier la grandeur de son être et la sublimité de ses destinées ? Hommes immortels, honorons nos vertus et nos trésors : sachons estimer ce que nous sommes, et non ce que nous avons ; et comprenons qu'il n'est rien de si grand dans l'homme que l'homme même.

Ce n’est point cependant assez pour nous de concevoir toute la grandeur de notre destination, l'essentiel est de considérer si nous soutenons la dignité de notre être par la sainteté de nos sentiments et de nos actions, Eh! quel malheur pour nous, quel crime dans nous, si, étant si grands dans les desseins et les vues de Dieu, nous venions à dégénérer de cette grandeur par la bassesse de nos sentiments et l'indignité de notre conduite! Ne cessons done de puiser dans la source abondante que nous ouvre l'immortalité :

MÉDITATION SUR LE MÊME SUJET

La pensée de l’immortalité sainte,1ent méditée nous pro. cure les plus précieux avantages; elle vient à notre secour pour adoucir l'amertume de toutes nos peines, pour remplir toute l'étendue de nos désirs.

Ranimez donc nos sentiments, d mon Dieu! élevez-le jusqu’à vous, transportez-les dans le sein de cette immortalité glorieuse où vous nous appelez : elle est au-dessus d nos pensées ; mais elle n’est pas au-dessus de nos esptrances.

PREMIER POINT

La pensée de l'immortalité nous console dans toutes no peines, quelque grandes, quelque sensibles qu'elles puissent être. Et dans combien de tristes occasions n'avons-noux pas besoin de nous rappeler cette salutaire pensée dans le cours de cette vie périssable et mortelle? Qu'est-ce, hélas! que notre vie? qu’une suite d’afllictions et de calamites. L'homme, disait Job, a peu de jours à passer sur la terre. et ce peu de joursest rempli de beaucoup de misères : homo. brevi vivens tempore, repletur multis miseriis (1). Tous les hommes marchent par un chemin parsemé de croix et d'épines et souvent arrosé de leurs larmes. La vie de l’hommi est quelque chose de plus qu’une guerre continuelle : militia est (2); c'est une suite non interrompue de chagrins, d’inquiétudes, d’ennuis, de dégoûts, d'amertumes; c'est un tissu de maux, un flux et reflux continuel de vicissitudes et de changements qui, comme autant de flots agités, se succèdent les uns aux autres pour nous inonder, souvent même pour nous accabler. Si dans ce déluge de maux nous n'avions pour nous consoler dans la vie que la vie ellemême, quel serait notre sort? Nos yeux auraient-ils assez de larmes, et nos cœurs assez de soupirs, pour déplorer nos malheurs? Mais aussi quand, au milieu des misères de cette vie, qui n'est qu'une mort continuelle, l'immortalité vient se présenter à nos yeux et faire briller le céleste fambear des splendeurs éternelles, quoi de plus capable que ee point de vue d’adoucir le poids de nos maux, de tempérer l'amertume de nos regrets? Que nous importe, après tout, que durant cette vie nous soyons heureux ou malheureux, riches ou pauvres, grands ou petits, sains ou malades, s’il est vrai

(1) Job, x1v. — (2) Job, vu.

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de dire que cette vie n’est pour nous qu'un passage, et que Pimmortalité doit être notre partage, notre héritage et notre Séjour pour toujours! O mon âme! éclairée par ces grandes ét immuables vérités, élevons nos pensées, animons nos cœurs et nos sentiments, soutenons la grandeur de nos maux Par la grandeur de nos espérances. Nous avons un espace de temps à soutenir, et l'éternité pour nous consoler. Ce sont jei les ténèbres d'une longue nuit: le jour de l'éternité doit lui succéder, et quand l'aurore de ce grand jour viendra enfin à paraître, alors tous les nuages seront dissipés, tous les travaux seront couronnés, toutes les larmes seront essuyées; la sérénité renaîtra dans nos sentiments, la joie résidera dans nos cœurs et y fera régner une paix inalté-

rable. Souffrons donc, s'il le faut, ô mon âme! pleurons,

gémissons sur la terre. Nous sommes dans la vallée de larmes et ie lieu d'exil, mais souvenons- nous de la céleste patrie ; nous semons dans les pleurs, mais nous moissonnerons dans la joie; nous passons par le fer et le feu, mais nous arriverons au lieu de rafraichissement; encore quelques années d'épreuves et quelques jours de combat, et tout va finir et changer. Déjà les saints tiennent la couronne comme suspendue sur nous; portons nos regards vers le ciel, l'immortalité nous dédommagera un jour de tous les maux et de toutes les afflictions de la terre. C’est done à cet heureux terme que vous nous appelez, Ô mon Dieu! la pensée de notre immortalité nous l'annonce et nous y prépare.

SECOND POINT

Douce et salutaire pensée, qui par un nouvel avantage vient combler tous nos désirs et remplir toute l'étendue de nos vœux! 11 faut, à mon Dieu, que le cœur de l'homme soit un fonds de misères bien grandes, ou de désirs bien immenses, pour toujours souhaiter, toujours demander. toujours soupirer après quelque bien.

Je fais souvent cette réflexion et me dis à moi-même : On condamne quelquefois les hommes de ce que, toujours avides, ils ne se contentent de rien; on se trompe. Les

“hommes sont coupables, il est vrai, de souhaiter avec trop

d’ardeur les biens de ce monde; mais ils ont raison de ne s'en point contenter: ils sont destinés à quelque chose de pus : il faut bien que cela soit ainsi. Nous voyons que tous es autres êtres se contentent des biens qu'ils possèdent dans leur espèce, l'homme seul est toujours insatiable dans ses

désirs. Pourquoi? Parce qu’il n’y a que vous, Ô mon Dieu,

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qui puissiez le contenter, En vain lui présente -t-on l'am:

des biens. des richesses, des trésors de la terre: c'est 1

amas de poussière qu'on lui jette aux yeux pour lempêeh de voir la grandeur et de puiser la felicité dans sa soure, Aussi, malgré tous ces biens qu’on lui offre et qu'on | prodigue . il cherche, il désire. il soupire toujours. Futmaître du monde entier, il désirerait d'autres mondes conquérir,

Voyons les grands de la terre : ils S'imaginaient que | félicité consistait dans la grandeur: et, quand ils Sont arriv au comble de la gloire. ils ont reconnu que cette gloi

n'était que fumée, Dégoûtés des grandeurs, 11s se sont tour

nés du côté des richesses. Voyons les enfants du siècle : i possèdent des trésors immenses, el dans le sein même d trésors tout n'est qu'indigence. Peu satisfaits de tout «

qu'ils ont, ils désirent ce qu'ils n'ont pas : dégoûtés des tr.

sors, ils se plongent dans les plaisirs. Voyons les sensuels les voluptueux : ils cherchent leur bonheur dans les délie des sens; ces délices ont bientôt épuisé leurs attraits ; il fu les réveiller par des monstres de volupté, jusqu'à dégrad le sentiment, déshonorer la raison. Qu'était-ce que tout cel dans eux, 6 mon Dieu, qu'un désespoir de passion qui: livrait à loutet ne D uvait se contenter de rien? Maintena ils sont forcés de s'éerier avec Salomon : Vanité des vanité tout n’est que vanité et afflictions sur la terre : Van vanilatum (1).

O heureuse immortalité! quand viendras-tu nous préser.

ter des objets capables de nous satisfaire? Assez longtemp courant après le mensonge, nous avons éprouvé que loi

le reste, loin de remplir nos vœux, n'a fait qu'aigrir et er

flammer nos désirs. Heureuse immortalité! là les "honneu seront solides, les trésors y seront immenses, les délices seront pures, les passions, le dirai-je? oui, les passior mêmes y seront sanctifiées, y seront consacrées (2). Dans sens, le mal, le désordre du cœur humain, ne viennent qu de ce qu'on lui prescrit des bornes trop resserrées en | présentant des objets peu dignes de lui, Donnons à l'än

tout son essor, laissons-la agir dans son étendue, elle por

tera ses vues vers le ciel, elle fixera ses désirs sur l’immor

talité et les biens véritables : dès lors l'homme ambitieu

sera content, l’homme avare sera rassasié. l'homme ani sera satisfait, parce qu’ils trouverent dans l'immortalité di biens solides, les véritables délices.

(1) Eccl., 1. — (2) Ascendamus post illum, etiam per passiones nosira

August., sermon 76.

‘mont Ben de D

do

mort

dépé:

& telle, vices.

Eu et ai

‘autre

biter Cest

le-t-on l'am:

terre: c'est 1 our l'empêeli lans sa Sourc:

re et qu'on || aujours. Fut:

tres mondes

rinaient que | [ils sont arri pue cette gloi Is se sont tour.

s du siècle : | sein mème di aits de tout « ‘“oûtés des Ir.

les sensuels:

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attraits ; 11 fu isqu'à dégradi ce que tout cel » passion qui en? Maintenir ité des vanité terre : Vanut

u nous préser:

ssez longtenp rouvé que lo qu'aigrir et et:

là les honneu 2. les délices 1, les passio ées (2). Dansi e viennent qu sserrées en | pnnons à l'àn ndue, elle por rs sur l’immor nme ambitiet l'homime avi mmortalité d

passiones nostrii

L'AME ÉLENEÉE A DIEU.

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