‹ L'âme élevée à Dieu [microforme]Chapitre 16 sur 119 · SIXIÈME LECTURE SUR L'IMMORTALITÉ · texte numérisé non relu

SIXIÈME LECTURE SUR L'IMMORTALITÉ

Tandis que d'une part tout nous présente la mort et la dissolution de nos corps, formés de terre, de l'autre, tout nous annonce aussi l'immortalité de nos âmes, créées à l’image de Dieu. La foi, la raison, le sentiment intime, le consentement unanime de toutes les nations, tout concourt à établir le précieux avantage de celte immortalité glorieuse. La foi nous l’assure dans tous ses oracles : les lumières de la raison peuvent nous en convaincre; le sentiment intime nous fait sans cesse soupirer après elle ; nous sentons qu'’après notre mort il subsistera encore quelque chose de nousmêmes; comme le consentement général et unanime de toutes les nations se réunit en faveur de cette vérité fondamentale.

Comme c'est à des chrétiens qu’on présente ces saintes lectures, ce serait faire tort à leur foi que d'entreprendre de leur prouver un article si essentiel à la religion; contentonsnous de leur en présenter les précieux avantages et de les engager à s'en rendre dignes.

Point de pensée si grande, si féconde, et qui nous puisse

> vouloir sonder eritons-nous pas et que vous nous ertes ? Que prée vous êtes bon; rovidence, vous ceux qui mettent ours, toutes nos s et téméraires :

ds de tendresse ipiter dans des

rve, je me jette souverainement, naissez le néant la fin à laquelle ez donc de tout, oir qu'une seule ,m'y soumettre, espérer de votre ns celles du plus

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L'AME ÉLEVÉE A DIFU. 45

être si salutaire que la pensée bien méditée de l'immortalité de nos âmes; elle devient pour nous la source des biens les plus précieux.

Elle nous élève dans nos sentiments, elle nous sanetifie dans nos actions, elle nous satisfait dans nos désirs, elle nous console dans toutes nos peines. Entrons dans les grandes vues qu'elle nous présente, Rien de plus digne de nous que de connaître ce que nous sommes dans l’ordre de la grace. |

4e Elle nous élève dans nos sentiments. Rien de si vrai : le malheur de l'homme vient souvent de ce qu'il ne se connaît pas, ou de ce qu'il se connaît mal; il ne connaît ni ce qu'il peut ni ce qu'il attend, souvent même ni ce qu'il est. Nous nous trompons quand nous croyons être dans un corps qui est nous- même. Non, sans doute, ce corps, cette argile n'est point nous: c’est notre âme; dans elle est notre solide grandeur. O aveuglement déplorable des hommes! Si on leur demande qui êtes-vous ? L'un dira je suis noble, tenant un rang dans le monde; l’autre, je suis magistrat, assis sur les lis; un autre, je suis roi, élevé sur le trône. Tout cela est grand, mais il y a en vous quelque chose de plus grand encore : vous êtes immortel : voilà le plus beau de vos noms et le plus précieux de vos titres; l'éclat des autres disparait devant celui-ci, Vous êtes immortel; à ce titre, votre premier principe, c’est Dieu; votre modèle, c'est l'Homme- Dieu; votre occupation, c'est la vertu; votre vie, c’est la grâce; votre héritage, c'est le ciel; votre espérance, léternité; votre bonheur, le bonheur de Dieu même. Sous ce point de vue, votre âme vaut plus que tous les biens du monde, votre dignité est plus grande que celle de tous les rois de la terre, et le seul titre d’immortel que vous portez gravé sur le front vous honore plus que tous les diidèmes qui pourraient l'orner.

Dans la sublimité de ces sentiments, l'homme commence à se connaître et à se respecter ; dès lors il craindra de se déshonorer par des vices, de se dégrader par l'esclavage des passions, de S'avilir par la contagion des choses humaines. Immortel comme il est, il prend son essor vers le ciel, til rougit de s'attacher à la terre, semblable à un grand monarque qui rougit lorsqu'on le surprend dans des occupalions indignes de lui. Un grand roi ne doit former que de dignes projets dans son esprit, et un homme immortel ne doit concevoir que de nobles désirs dans son cœur.

L'homme mortel mettra donc sa grandeur dans les vanités propres du temps; mais l’âme immortelle, qui voit des

atomes là où le monde croit voir des colosses, ne mettra sa grandeur que dans $0 1 immortalité; elle n'a qu'à se tenir

HAE dans ce sentiment si élevé pour voir passer sous ses pieds la tra à: vaine pompe des grandeurs humaines ; dès lors l’homme n'a - | IH que faire ni de faste pour s'élever, ni de voile pour se dégui- su) All, ser, ni d'hypocrisie pour se contrefaire; il n'a qu’à renoncer jot 114 au meusonge de son orgueil pour être véritablement grand, gis (ut Sans rien emprunter au dehors, la nature et la religion l'ho- u NE norent assez pour être grand sans enflure, et pour le pa- u Qt À raître sans affectation ; parce que, dès lors élevé au-dessus s0 fiL du monde et des sens, il devient grand de la grandeur de en UE Dieu même, sage de sa sagesse, équitable de sa justice, im- les AR mortel de son immortalité” et, pour ainsi dire, tout divin de et QUE | sa divinité même. Dans cette vue, l'homme cessera de s’ai- me noi mer ; ou, s’il s'aime encore, il aimera dans lui, non l'homme mit il LA charnel, non l’homme terrestre, non l’homme sensuel, mais ter! | | l'homme spirituel, mais l’homme immortel, mais l’ homme hot if céleste; car voilà l'homme, et voilà tout l'homme : le reste n'

|| n'en est que l'ombre, le fantôme et l'image : Hoc est omnis dan

ii | homo (1). dan

AE 2° L'idée de l'immortalité nous sanctifie dans toutes nos agil

il actions, par la grandeur des vues et la sublimité des motifs tou:

{ qu'elle nous inspire. Que sont, en effet, tous les autres mo- l'éq

üfs pour régler notre conduite en comparaison de celui de d Mi

notre immortalité? Non, il n’y à de véritables vertus que S

celles qui sont fondées sur cette immortalité glorieuse ; les me

autres feront des dissimulés, des politiques, des hypocrites, dan

des sépulcres blanchis: mais elles ne feront jamais des ŒUe

| hommes sages par choix, et vertueux par principes. On dit rich

(l] quelquefois que les vertus ne sont souvent que déguisement Une

qe et dissimulation. Pourquoi? Parce que ces vertus se bornent D

L'uT au temps et ne visent pas à l'immortalité. Souvent la justice *

| n’est qu’une vertu contrainte et forcée : ia main est pure, ;

le cœur ne l’est pas. Le désintéressement n’est qu’ostenta- Ph

Lion, la modestie n’est qu'affectation : cela n'arrive que trop

if dans cette région de ténèbres. Mais élevez l'homme à la ré- € IH gion sublime de l’immortalité : on y respire un air plus pur fou el dégagé de toute contagion, la vertu y est vérité, y est sin- por

cérité, y est sentiment; "la main est innocente, et le cœur . L.

fl est sans tache. % Ma Telles sont les vertus en général. Placez-les en particu- “ lier dans chaque condition, dans chaque état; donnez à l'in

l'homme l’immortalité pour règle de sa conduite et pour +

elle

" (1) Eccl., xu.

. ne mettra sa

, qu'à se tenir

us ses pieds la s l’homme n'a our se déguiqu'à renoncer lement grand, religion l’hot pour le pa- :vé au - dessus grandeur de a justice, imtout divin de ‘ssera de s’ainon l'homme sensuel, mais nais l’homme nine ; le reste Hoc est omnis

ns toutes nos ité des motifs es autres mon de celui de es vertus que rlorieuse ; les s hypocrites.

t jamais des icipes. On dit déguisement is se bornent ent la justice in est pure, L qu'ostentarive que trop ime à la ré-

air plus pur é,yest sin- . et le cœur

en particu- ; donnez à ite el pour

elle est inépuisable dans les biens qu’elle nous présente,

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