‹ L'âme élevée à Dieu [microforme]Chapitre 19 sur 119 · SEPTIÈME LECTURE SUR L'EXCELLENCE ET LA DIGNITÉ DU CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

SEPTIÈME LECTURE SUR L'EXCELLENCE ET LA DIGNITÉ DU CHRÉTIEN

… Rien de si grand, dans les vues de Dieu et aux yeux de la doi, qu'un véritable chrétien. Jugeons-en par la magnifi- Æence des titres dont le christianisme l’honore, par la sainlcté du modèle qu'il lui présente, par l'élévation des sentiments qu'il lui inspire, et par la grandeur des espérances qu'il lui propose. À ces traits connaissons ce que nous Sommes. ou du moins ce que nous devons être.

52 L'AME ÉLEVIE A DIEU,

19 Qu'est-ce qu'un chrétien? C'est un disciple de Jésus- Christ, éclairé des lumières de la foi. nourri dans les splendeurs de l'Evangile, instruit des vérités immuables de la religion, Grâce ineffable ! titre glorieux ! c’est de Jésus-Christ même que nous l'avons hérité; c'est lui qui nous l'a mérite et acheté au prix de son sang, dans lequel nous avons été réegénérés en même temps que dans les eaux sacrées qu baptème.

Qu'est-ce qu'un chrétien? Un membre de Jésus-Christ. Tous les chrétiens ne sont plus qu'un corps, dont Jésus- Christ est le chef, et dontils doivent être les membres vivant de la vie d’un Dieu, puisque les membres doivent vivre de la vie du chef. Membres de Jésus-Christ; et dès lors nous sommes par excellence le temple de Dieu, non-seulement dans nos âmes, qui par la grâce de la régénération sont le trône de l'Esprit-Saint; mais nos corps mêmes, selon l’'oracle de saint Paul, sont le temple vivant du même Esprit- Saint : Templum sunt Spiritus sancti (1). A tous ces titres ajoutons ceux dont saint Pierre honore tous les chrétiens, en les appelant, tantôt un sacerdoce royal, tantôt une nation sainte, tantôt un peuple d'acquisition, glorieuse conquête acquise à Jésus-Christ au prix de son sang. Quels titres ! quel sacré caractère! Si les chrétiens savaient ce qu'ils sont, vivraient-il, comme ils vivent? verrait-on d’autres chrétiens que les saints ? :

2° Qu'est-ce encore qu'un chrétien, et que doit-il être? Un homme formé sur les maximes de l'Evangile et sur le modèle de Jésus-Christ même. Aussi les chrétiens formés sur ce grand modèle, qu'ont-ils été, et quels hommes ontils présentés à l'univers? Des hommes nouveaux et jusqu'alors inconnus au monde, les vrais sages, dont les païens n'ont jamais connu que le nom; dans eux on admirait l'assemblag: glorieux de toutes les vertus : fidélité dans les discours, sincérité dans les sentiments, droiture dans li conduite, modestie sans affectation, élévation sans enflure. humilité sans bassesse, n'ayant des passions que pour les combattre, des plaisirs que pour les sanctifier, des devoirs que pour les remplir; aimant le bien, et ne le connaissant que pour le pratiquer; méprisant les éloges, et ne sachant que les mériter; craignant de paraitre presque autant que de pécher, et craignant de pécher bien plus encore que de mourir, Voilà le chrétien; son cœur est le sanctuaire de là vertu ; sa bouche. l'interprète de la vérité ; toute sa conduite.

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4 l'expression fidèle d’un Homme-Dieu. Tel est l'homme, s'il

est parfait chrétien; s'il n'est pas tel, le christianisme lui

“ reproche ses faiblesses, condamne ses fautes, et le presse

de faire ses efforts pour ne pas déshonorer sa dignité.

3° Dignité du chrétien. Comprenons-la encore par la noblesse des sentiments que sa religion lui inspire en le rendant supérieur à tout.

Elle l'élève au-dessus des événements et de tous Îles revers, Que tous les maux viennent l'accabler et fondre sur lui: que ses biens lui soient enlevés, que tous ses amis l'abandonnent; que sa fortune chancelle, que sa sante dépérisse, que tout lat manque et lui soit ravi, la foi lui reste, il n'a rien perdu. Dépouillé de tout, il paraîtra plus srand , parce qu'il paraîlra grand par lui-même, donnant | aux yeux de l'univers le spectacle qu’un paien disait être si digne de Dieu, un homme de bien aux prises avec la fortune.

Elle l'élève au-dessus du monde, elle le fait triompher de ses erreurs, sa foi les dissipe; de ses douceurs, son cœur les méprise; de ses terreurs, son courage les brave : que

pourrait craindre du monde celui qui n'a à craindre que le péché!

Elle l'élève au-dessus de lui-même : s'élever au-dessus + du monde, c'est grandeur d'âme; mais s'élever au-dessus : de soi-même, c'est héroiïsme. Qu' ilest grand de voir un

* homme s'armer généreusement contre lui-même, : se dé- “clarer une guerre ‘implacable, toujours le glaive à à la main. “ couper jusqu'à la racine de ses passions, retrancher jusqu'aux moindres rejetons de son amour-propre, offrir de ‘lui-même à Dieu une victime continuelle, immolée sur l'au-

tel de la charité ! Tel est le chrétien. Il sent ce qu'il en coûte -à son cœur, mais il sait ce qu’il doit à sa foi.

, Elle l'élève au-dessus des tourments, des tyrans, de la ‘mort. Quand on ne vit que de sacrifices, il en coûte peu de “mourir : et n'est-ce pas là ce que les païens admiraient dans l s premiers chrétiens, dignes de ce grand nom ? Quel genre

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