‹ L'âme élevée à Dieu [microforme]Chapitre 20 sur 119 · ESS · texte numérisé non relu

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d'hommes est done celui-ci! s'écriaient-ils : quod genus hoc hominum est! Si on les défère à notre tribunal, ils s'y pré-

sentent d'eux-mêmes; si on les condamne à la mort, ils en “rendent grâces comme d'un bienfait,; si on les conduit au Re nblice , ils y vont en triomphe. Les menace-t-on de leur “luire essuyer toute l'horreur des tourments : Vous le pouvez, “isent- ils ; nous ne sommes hommes que pour mourir, mais 4 nous ne sommes chrétiens que pour mourir en saints + nous

äYOnS UN Corps qui sSuecombe, mais une foi qui triomphe :

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54 L'AME ÉLENÉE A DIEU,

frappez, brûlez, déchirez, immolez; vous croyez nous donner la mort, vous ne faites que nous rendre à une vie plus heureuse ; pour nous, ce n'est pas le temps qui finit: c'est l'éternité qui commence. Quels hommes! quels sentiments!

Ce n'étaient, après tout, que de vrais chrétiens.

4 Eh! comment ces genéreux athlètes auraient-ils pu se démentir à la vue des couronnes qu'ils attendaient, et soutenus par la grandeur de leurs espérances? Car, en ce point, quelle est encore la grandeur du chrétien et sa preeminence sur tous les autres! Ici, élevons nos pensées et nos sentiments : notre espérance est pleine d'une immortalité gloricuse : spes illorum immortalitate plena est (A). Voilà notre partage, notre héritage; notre port est dans la région des vivants. Le beau spec tacle qu'y donna autrefois une mère généreuse ! Elle avait sept enfants, tous les sept furent conduits au martyre. Le tyran dictait les arrêts de mort; les bourreaux preparaient les bûchers, les faux et les glaives. Lous les instruments du supplice ; Le sang des illustres mar- Lyrs coulail à grands flots sous les yeux de cette généreuse mère : Peto, nati, ut aspiciatis cælum (2), disait- elle pleine des sentiments de la foi : Mes fils, mes chers fils, regardez le ciel, vous allez vous en assurer l'entrée: il vous ouvre son sein. C’est là ce que nous dit l'Eglise à nous-mêmes pour élever nos sentiinents etanimer l'ardeur de notre courage : Regardez le ciel; souvenez-vous qu'en qualité de chre tiens il est votre patrie ; que la terre est pour vous un lieu d'exil; que le monde est pour vous une terre étrangère.

Nos espérances nous élèvent au ciel, portons- y nos CŒUTS .

et nos vœux : gardons-nous de nous laisser avilir par la contagion des biens périssables; laissons passer sous nos pieds îe torrent des choses humaines. En qualité d'hommes

nous sommes dans le monde ; mais en qualité de chrétiens.

nous ne sommes pas de ce monde : Quid agis in mundo, qui major es mundo(3)? Quoi! vous êtes chrétiens , et vous tenez au monde! Vous êtes chrétiens, et vous prenez part aux folles joies, aux propos de ce monde! Vous êtes chrétiens. et on vous voit dans les assemblées, dans les spectacles du monde! quid agis in mundo? Souvenez-vous que si vous êtes dans le monde, ce n'est que pour en être ou les modèles par vos vertus, ou la condamnation par l'opposition de vos mœurs, ou les vainqueurs par la supériorité de vos sentiments : c'est-à-dire que vous n'êtes chrétiens que pour être saints.

(1) Sap., ur. — (2) Mach. vi. — (3) Tertull.

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