MÉDITATION SUR LES ENGAGEMENTS ET LES DEVOIRS DU CHRÉTIEN
Prosterné à vos pieds, Ô mon Dieu! je viens considérer dues engagements et me rendre compte à moi-même de ce Mine je suis à vos yeux, ou du moins de ce que je dois être.
“je suis chrétien : cette grande pensée, qui se présente à moi,
duncrite toutes mes réflexions et doit exciler tous mes sentinents. Daignez m'éclairer de vos vives lumières pour l'ap- “profondir ét en connaître tous les engagements et toute J'etendue.
| PREMIER POINT
» Je suis chrétien! c’est une grâce ineffable qu'on m'a ac- “cordée préférablement à tant d'autres, de m'avoir fait naître “de parents chrétiens, éclairés des lumières de la foi, tandis “que tant d'autres gémissent dans les ténèbres de l'erreur et “les ombres de la mort. Je pouvais y naître comme eux, et “comme eux je pouvais y mourir, Dès lors, éloigné des voies “du salut, jamais je n'aurais eu de part au bonheur des saints, éternellement j'aurais été séparé de Dieu, condamné aux ténèbres et aux tourments éternels. La bonté de Dieu en a disposé autrement en ma faveur; je suis né dans le sein de J'Eglise, au nombre de ses enfants: je n'ai qu'à ecouter sa voix, suivre ses maximes, et marcher dans le chemin qu'elle me montre, assuré de marcher dans la voie du ciel Let d'y arriver un jour, si jusqu'au bout je suis fidèle à la suivre. L'Eglise m'a comme recu entre ses bras : en naissant elle n’a régénéré dans les eaux sacrées du baptême: toute ma vie elle m'instruit, me dirige; j'espère qu'elle recevra mes -derniers soupirs : après ma mort même, j'aurai encore part à ses prières et à ses sacrifices. Quelle grace! quelle faveur! . Grâce d'autant plus grande que je n’ai rien fait ni rien pu laure pour la mériter. Dieu me l’a accordée par sa bonté pu- “rement gratuite. Grâce d'autant plus précieuse qu'elle devient pour moi la source d’un nombre presque infini d’autres urèces durant cette vie, el que sans elle loutes les autres “ne seraient inutiles pour arriver au ciel. Grâce d'autant plus … ineffable qu'elle peut devenir pour moiie principe et le gage
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20 L'AME ÉLENÉE A DIEU,
Soyez-en mille fois béni, à mon Dieu! je reconnais la grandeur du enfait; c'est un pur effet de votre bonté et de votre tendresse peur moi, Tant d'autresen auraient mieux protité et seraient devenus de grands saints. Si les habitants de Tyr et de Sidon avaient recu les mêmes lumières, ils auraient vécu sous le cilice et la cendre. Si tant d'intidèles et de barbares etaient nes dans le sein du christianisme, ils auraient été saints. Mais, hélas! cette grâce qu'a- t-elle produit dans moi, et quel usage en ai-je fait jusqu'à présent? Où est la reconnaissance que j'en ai marquée? où sont les fruits que j'en ai tirés? où sont les vertus chrétiennes que j'ai pratiquées! Vous les voyez, ce vide et cet abus, ô mon Dieu; vous en êtes offensé, el je n’en gémis pas dans l'ame rtume de mon cœur! Si ce cœur à été “ingrat , infidèle, au moins de-
vrait-1l être affligé et contrit, Formez-la, cette contrition.
dans moi; ajoutez celte grâce ‘à tant d'autres, de peur qu'elles ne me soient inutiles, qu'elles ne servent qu'à me condamner, et qu'au lieu de former un chrétien elles n'aient trouvé qu'un iugrat et un infidèle.