SUR LA MANIÈRE DE SE SANCTIFIER DANS SON ÉTAT ET SELON SON ÉTAT
Il faut convenir que c'est une idée bien fausse que celle que le monde se forme de la sainteté, en la représentant comme quelque chose de dur, d'austère et d'impraticable, où ilest à peine permis d’aspirer.
On s’imagine que la vie des personnes de piété est toujours plongée dans le sein de la mélancolie; que leur visage est toujours couvert de nuages sombres; que leur cœur ne s'ouvre jamais à la joie; que jamais des jours sereins et tranquilles ne se montrent à eux : idée fausse, injuste, que la raison n'a jamais dictée, que la vérité désavoue, que l’amour-propre s’est formée lui-même pour avoir un prétexte d'abandonner la sainteté, en se la représentant comme audessus de ses forces. Non, la sainteté n’est point telle qu'on se l'imagine, toujours sauvage et enfoncée dans les forêts, toujours sanglante et hérissée d’épines, toujours triste, et couverte de cendre et de cilices; elle se trouve dans les villes comme dans les déserts, sur le trône comme dans l'obscurité et dans la poussièré, et souvent elle n’est pas moins couverte de pourpre que de haillons.
O Israël, disait autrefois le prophète à son peuple, ne pensez pas que la loi sainte que Dieu vous impose soit éloignée de vous et au-dessus de vos forces. Non, pour l’observer il ne faut ni errer dans les déserts, ni grimper sur les montagnes, ni passer au delà des mers; vous le pouvez sans sortir de votre patrie, sans renoncer à vos biens, sans prodiguer et exposer votre vie; Dieu, qui connaît votre faiblesse, l'a mise à votre portée: et elle ne se fera jamais chercher longtemps si vous la cherchez avec sincérité.
Mais enfin en quoi consiste done la sainteté, et que fautil faire pour être saint? O hommes formés pour le ciel, voulez-vous apprendre à devenir saints, el connaître la voie
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qui conduit à la sainteté? Ah! si on disait aux personnes du monde : Voulez-vous apprendre le moyen de devenir riches, de vous rendre heureux sur la terre? avec quelle joie n'apprendrait-on pas cette nouvelle! avec quelle avidité ne prêterait-on pas une oreille attentive! J'ai quelque chose de plus grand à annoncer, c’est le moyen d'être saints, cest-à-dire d'être riches, d'être heureux pour le ciel : et ce moyen est d'autant plus consolant, qu'il est plus assuré et plus infaillible, Car, enfin, que faut-il pour être véritablement saint? Le voici dans deux mots : il ne s'agit que de remplir fidèlement les devoirs de votre état. Les connaissez-vous, vous êtes savant; les remplissez-vous, vous êtes saint : Dieu ne demande que cela de vous. La raison essentielle et fondamentale, c’est qu'en effet tous les états ont été établis par h Providence; et la Providence, ayant réglé les états, devait donner les moyens de s'y sanctifier; ces moyens de sanctification devaient être à la portée de tout le monde, dans lous les états. Or quels moyens plus assurés, plus à la portée de tout le monde, dans chaque état, que l'acromplissement des devoirs mêmes de cet état? Donc l'accomplissement de ces devoir: devait être le moyen infaillible pour y ètre saint. Ce que je dis, je le dis à tous, s'écrie le Sauveur : Nmnibus dico (1).
Ansi, grands du monde, voulez-vous être saints. ne vous enflez pas de votre élévation, elle vous rendrait odieux : images de Dieu sur la terre, ne faites sentir votre grandeur que par vos bienfaits, vous ne serez grands que pour être saints.
Magistrats placés sur les lis, destinés à rendre la justice, et à décider du sort des hommes, tenez toujours en main la balance égale ; que jamais l'intérêt ni la prévention ne la fassent pencher. Souvenez-vous que vos arrêts et vos motifs seront pesés un jour dans la balance du sanctuaire.
Négociants occupés de votre commerce, que la probité en soit la base, le crédit en sera le soutien. N'enviez pas les grandes fortunes; elles sont quelquefois suspectes de grandes prévarications, et toujours sujettes à de grands revers.
Artisans réduits à un travail constant et pénible, ne le commencez jamais sans l'offrir à Dieu, pour attirer ses bénédictions. Jésus-Christ même travailla sur la terre : quel modèle pour sanctifier vos actions! quel motif pour adoucir vos travaux !
Pères de famille, voulez-vous être saints, élevez vos enfants
(1) Marc, XIV.
dans la crainte de Dieu; laissez-leur du moins ce précieux héritage ; il vaut mieux que celui des trésors.
Mères chrétiennes, ne vous faites pas de la sainteté une idée éclatante etextraordinaire: veillez sur votre domestique, ayez l'œil sur le détail d’un ménage et d'une famille. Ne croyez pas ces soins indignes de vous : la femme forte n'a pas d’autres occupations ; cependant l’Esprit-Saint en a fait l'éloge, et c'est sous la noble simplicité de ces traits qu'il la représente.
Enfants, ayez pour vos parents le respect, la soumission, la tendresse; ce n’est qu’à ces marques qu'on peut vous reconnaître pour enfants de Dieu.
Filles chrétiennes, voulez-vous être saintes, conservez les bienséances de votre sexe et de votre élat, c'est-à-dire: que la pudeur repose sur votre front, que la discrétion dicte toutes vos paroles, que la retenue dirige tous vos regards, que la modestie soit votre plus bel ornement : tels sont vos véritables avantages selon Dieu et selon le monde.
Domestiques, car la sainteté se communique à tous, souvenez-vous que Jésus-Christ a servi lui-même ses apôtres; servez donc vos maîtres avec exactitude et fidélité sur la terre ; à ce prix vous rêgnerez un jour dans le ciel.
Enfin, chrétiens, qui que vous soyez, vous ne pouvez être que dans un de ces deux états : ou dans la prospérité, ou dans l’affliction. Etes -vous dans la prospérité, je n'ai qu'un seul mot à vous dire : Défiez-vous de votre état; il est dangereux, parce que d'ordinaire l’état de prospérité n’est pas celui qui forme les saints. Pour vous qui gémissez dans l’affliction, votre état est triste et pénible, il est vrai; mais quand je considère le ciel, je vois que tous les saints ont marché dans ce chemin; c'est donc le chemin du ciel; marchez- y avec résignation, baisez la main qui vous frappe, offrez vos peines en esprit de pénitence pour vos péchés : vous voilà saints, un jour vous serez heureux.
Puisse donc ce sentiment être éternellement gravé dans nos cœurs? Que faut-il faire pour arriver à la sainteté? Remplir les devoirs de l’état. Et quand je dis devoirs, j'entenüs les devoirs même les plus ordinaires et les plus communs, ceux que nous avons tous les jours sous nos yeux et entre nos mains : être bon père, bon ami, bon citoyen, bon parent, c’est-à-dire que pour être saint il faudrait souvent ne faire que ce que nous faisons, mais le faire tout autrement que nous ne le faisons : notre emploi, notre négoce, notre travail, nos prières, nosconfessions, nos communions, en un mot, nos actions ordinaires; mais notre emploi avec
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travail av tion; nOS avec plus d'exaclil saints, et pables et de le dev {résors € de les pe Elevo que état ( teté, et t Mais S dans toi Saints que de d Saints Dieu, s Saint
et que lé Saints soient d Saint l'ordre , porter L Saint Saint consola et dans dans le qui do saints.
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récieux lus de fidélité, notre négoce avec plus de probité, notre travail avec plus d’assiduité, nos prières avec plus d’attention, nos confessions avec plus de douleur, nos communions avec plus de ferveur, toutes nos actions avec plus d'ordre,
d'exactitude, de pureté d'intention : voilà ce qui fait les | Æ
té une Stique, Ile. Ne
Dre n'a saints, et les grands saints. En quoi nous sommes bien coun à fait pables et bien à plaindre, de ce qu'ayant un moyen si aisé qu'il la de le devenir nous le négligeons, c'est-à-dire qu'ayant des TRE trésors entre les mains, nous les laissons échapper, au hasard ISSiOn, de les perdre à jamais.
us re- Elevons donc nos vues et nos sentiments : et, dans quelque état que nous puissions être, consacrons-nous à la Sainteté, et travaillons sans délai à devenir saints.
Mais saints en tout, et dans toutes les circonstances, et dans tous les temps.
Saints dans nos pensées : que notre esprit n’en conçoive que de dignes de Dieu.
Saints dans nos affections : que notre cœur, fait pour
Aservez û-dire :
n dicte bgards.
Dnt vos
P », SOu- Dieu, soit fermé à toute affection trop humaine. pôtres; À Saints dans nos actions : que la grâce en soit le principe, sur là et que la piété en soit l’âme.
Saints dans toutes nos démarches : que toujours elles pouvez soient dirigées dans les sentiers de la justice. périté, Saints dans l'intérieur des maisons, pour y faire régner je n'ai l'ordre, la concorde et la paix; saints au dehors, pour y état; il porter l'édification et le bon exemple. spérilé Saints dans le mariage et dans le célibat. gémis- Saints dans l'abondance et dans la disette; saints dans la , dl est consolation et dans les épreuves; saints dans les maladies us les et dans la santé; saints à la vie et saints à la mort; saints ain du dans le temps et saints dans l'éternité, C’est l'heureux terme L VOUS qui doit tous nous réunir un jour dans la plénitude def Ir vos saints. À IX. | dans en Renferas auns, MÉDITATION SUR LA SAINTETÉ.
entre n pa- Voici les grandes vérités que la sainteté nous présens.…. uvent Qu'elles sont solides! qu'elles sont sublimes! Comment ontutre- elles échappé à nos esprits ? ou, si elles s'y sont présentées, poce, comment ont-elles fait si peu d'impression sur nos cœurs? ions, Dieu saint et auteur de toute sainteté, vous seul pouvez
avec leur donner l'efficacité et la force : gravez-les si profondé-
ment dans mon cœur, qu'elles ne s’en effacent jamais, et qu'elles deviennent la règle de toute ma conduite.
Première vérité. Nous ne sommes en ce monde que pour être saints. Voilà la grande affaire qui nous est contiée : toutes les autres peuvent bien nous amuser el nous partager, mais celle-ci doit nous occuper et nous posséder; toutes les autres peuvent bien être distribuées selon les différents états et conditions de la vie, en sorte que l’une soit l'affaire du négociant, l’autre celle du magistrat, l’autre celle du courtisan et du souverain; mais celle-ci domine sur toutes les autres, et nous intéresse tous tant que nous sommes : c'est celle du négociant dans son commerce, du magistrat sur son tribunal, du riche dans son palais, du roi même élevé sur le trône ; parce qu'avant que d'être tout cela nous sommes chrétiens, et que nous ne sommes chrétiens que pour être saints. Non, mon Dieu! vous ne nous avez point mis en ce monde pour être grands, pour être riches, pour être heureux, mais pour être saints. Toutes les autres affaires sans celle-là, ou nous sont indifférentes, ou nous sont étrangères, ou nous sont funestes. Vérité si constante , que, quand nous réussirions dans loules les autres, si nous échouons en celle-ci, tout est perdu sans ressource : au contraire, quand nous échouerions dans toutes les autres, si nous réussissons dans celle-ci, tout est assuré pour toujours. Ame chrétienne! Dieu vous voit livrée en proie à l'amertume des afflictions, accablée sous le poids de la calamité ; il voit tomber à côté de vous tout ce qui vous intéresse; il vous voit environnée des débris de vos biens, de votre santé, de votre fortune; mais au milieu de ce désastre funeste que vous soutenez, et sur ces débris épars, s'élève l’éditice de votre sainteté; vous n'avez rien perdu. C'était la seule chose qui vous intéressât véritablement; elle subsiste, tout est sauvé, parce qu'il en faut toujours revenir à cette grande maxime, que nous ne sommes au monde que pour être saints.
J'ai été convaincu de cette grande maxime dans la spéculation: l'ai-je bien suivie dans la pratique ? Je sais que je ne suis au monde que pour être saint : ai-je travaillé à le devenir? De quoi me servira d'être pénétré des grandes vérités de la religion, si dans ma conduite elles disparaissent? Mon Dieu! je ne veux plus vivre que pour me sanctifier; c'est l'unique vue que vous vous êtes proposée, c'est l'unique que je veuille suivre.
Deuxième vérité. Rien de si digne de nous que la sainteté ; hommes destinés pour le ciel, que faisons-nous sur la terre, et de quoi nous occupons-nous en ce monde? Accumuler
des trésor
voilà ce q effet ? Ne balance de Dieu ?
deses COI {ous nos vers et le airs, aflet aux flots se jouait s'agit-il d cclairent ce n’est F un Dieu vie; la Sa sagesse d la puissa cence de sang pou C'est le ses COM le Seigne quand d des sava élevés St la lèpre :
regards yeux. O monde, Dieu , ju ner le fa rien de nous qu Pénét disparai que tou Trois
et den Qui ête vous? | Où alle
le nom
(4) Pre
L'AME ÉLENÉE A DIEU. 433
18, et s'élever à un rang distingué,
des trésors, établir une fortune, « des affaires. Le sont-elles, en
voilà ce qu'on appelle de gran
ROUE effet? Ne consultons pas les idées des hommes, c'est une nie : balance trompeuse. Qu'est-ce que la sainteté dans les vues sager, de Dieu ? C’est le chef-d'œuvre de ses mains, c'est l'objet Fes 1e de ses complaisances : à ce double titre ne mérite-t-elle pas : Clats tous nos soins ? Quand autrefois il fallut créer ce vaste uniire du vers et le tirer du néant, étendre l'immense capacité des te airs, affermir les fondements de la terre, donner des bornes 0e es aux flots de la mer, l'Ecriture nous dit que le Tout-Puissant CES À se jouait de son ouvrage : Ludens in orbe terrarum (1); mais
ue s'agit-il de former des saints, de disposer les lumières qui sur le éclairent les saints, les occasions qui préparent les saints, chré- ce n’est plus une main qui se joue avec son ouvrage, c'est raie. un Dieu qui médite, qui souffre, qui donne son sang et sa aonde vie; la sainteté lui paraît mériter tout cela : il fallut toute la EIERS sagesse de son conseil pour former un si grand projet, toute Fu 0 là puissance de son bras pour l’exécuter, toute la magnifire cence de ses trésors pour l'embellir, toute l’effusion de son | a sang pour le cimenter et le perfectionner. |
eh C'est le chef-d'œuvre de ses mains; c’est encore l’objet de
A ses complaisances. Avez-vous vu mon serviteur Job? disait in le Seigneur : Considerasti servum meum Job (2)? Grand Dieu! É quand du haut du ciel vous considériez l'univers, il y avait Pons: des savants, des grands, des conquérants, des monarques à cÔLÉ élevés sur le trône, et Job était sur son fumier, dévoré de Te la lèpre ; cependant c'est sur Job affligé que vous fixiez vos Fr regards de complaisance : tout le reste disparaissait à vos teté ; yeux. Oui, une âme sainte, inconnue peut-être dans ce AOL monde, ensevelie dans l'oubli, voilà un spectacle digne de tAQe Dieu , juste estimateur de toutes choses, et qui sait discerpre ner le faux éclat des véritables lumières. Aux yeux de la foi, : 946 rien de si grand, de siexcellent et de si digne de Dieu et de spé nous que la sainteté. ,
per Pénétrez-moi de ce sentiment, Ô mon Dieu! tout le reste Le disparaîtra à mes yeux et touchera peu mon cœur, parce Le | que tout le reste n'est rien devant vous. er Troisième vérité, puisée dans le sein même de nos regrets ent UF et de nos pensées. Que faisons -nous pour devenir saints ? ler ; Qui êtes-vous? d'où venez-vous? où allez-vous? Qui êtesque vous? Je suis chrétien. D'où venez-vous? Du sein de Dieu,
; Où allez-vous? A l'éternité. Vous êtes chrétien, vous en avez
le nom : en avez-vous les vertus ? Vous allez à l'éternité : en aler
(4) Prov., vi. — (2) Job, «1.
prenez-vous le chemin? Etranger à cette terre de pèlerinage et d'exil, vous souvenez-vous que le ciel est votre patrie ? Appelé à l’héritage céleste, tâchez-vous d'attirer la tendresse du Père de famille qui vous invite? Vous avez une couronne préparée dans le ciel: pensez-vous qu’elle se donne au mérite ?
En qualité de chrétiens, il y a dans nous un grand nom, de grands titres, de grandes espérances : les soutenons-nous par de grands sentiments ? Hélas! tout est grand dans nous, à l'exception des mérites et des vertus.
O mon Dieu! quel est notre aveuglement! Que faisonsnous pour être saints, ou plutôt que ne faisons-nous pas pour nous éloigner des voies de la sainteté? Si on nous disait que pour être saints il faut prendre une voie toute contraire à celle de l'Evangile, c'est-à-dire qu'au lieu de la ferveur. du renoncement, de la mortification, de la vigilance, des bonnes œuvres, il faut de la tiédeur, de la dissipation, de la négligence, de l’oisiveté, de l'amour-propre, aurionsnous bien à changer dans nos mœurs? et, sans y rien changer, ne serions-nous pas déjà de grands saints ?
Voici ce que je dois me dire à moi-même : Qu’ai-je fait pour devenir saint? Où sont les mortifications que j'ai pratiquées, les pénitences que j'ai exercées, les sacrifices que j'ai faits? Tant de dissipation dans ma conduite, tant d'inutilité dans mes occupations, tant de lâcheté dans mes œuvres, tout cela est-il bien propre à m’ouvrir les voies de la sainteté et à m'y conduire? Encore une fois, que faisons-nous pour devenir saints? et à quel titre espérons - nous être placés parmi eux?
Quatrième vérité. Cependant, si nous ne sommes pas saints, que serons-nous un jour? et de quoi nous servira tout le reste qui nous occupe, qui nous agite, qui nous transporte? Quand nous voyons les enfants se jouer entre eux dans des amusements que comporte leur âge, nous sommes surpris de les voir s'occuper si sérieusement à des riens. Ce sont des enfants, disons-nous: hélas! à ce prix, que d'’enfants dans le monde, et dans un âge bien avancé! Car enfin, en comparaison des grands objets que l'éternité et la sainteté nous présentent, les amusements des enfants sont-ils plus vains que nos occupations prétendues importantes ? Quand est-ce donc que la foi nous dessillera les yeux? Attendonsnous pour les ouvrir que la mort vienne les fermer pour toujours? Nous aurons acquis de grands biens ; nous serons parvenus à de grands honneurs ; nous aurons tenu un rang dans le monde; allons donc avec cela nous présenter au tri-
punal d récompe Ab! q cet orac sur la t honneu vanité vanité 4 O mo mille fo annonc vos fol profonc de voir le croir cendres triste, et que malhe L’ar déjà s à nos veurs (
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dresse r'onne u mé-
| nom, s-nous NOUS,
aisonsas pour ait que raire à >rveur.
e, des on, de rionschan-
Je fait ai praes que Ain, euvres.
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ES pas servira trans- 'e eux mmes ns. Ce d’enenfin, inteté S plus Juand donspour erons rang u tri-
bvnal du souverain juge, et à ces titres demandons-lui ses récompenses destinées aux saints.
Ah! qu'on comprendra bien alors la vérité immuable de cet oracle du Sage : « Vanité des vanités, tout n'est que vanité sur la terre! » Vanité des biens qui périssent; vanité des honneurs qui éblouissent; vanité des plaisirs qui séduisent ; vanité du monde qui trompe; vanité de la vie qui passe; vanité de tout homme qui n'est pas saint.
O mon âme! la grâce ne vous l'a-t-elle pas dit mille fois ? mille fois la voix de la conscience ne vous l'a-t-elle pas annoncé, qu’un jour viendra que vous serez détrompée de vos folles erreurs? Semblable à un homme qui sort d’un profond sommeil, vous serez toute surprise, tout alarmée de voir tout passer eomme un songe; vous avez refusé de le croire durant votre vie, la mort viendra le graver sur les cendres de votre tombeau, et vous arracher malgré vous ce triste, ce dernier et funeste aveu, qu’il fallait être saint, et que pour n'avoir pas été saint on sera éternellement malheureux.
L'arrêt sera porté un jour: peut-être cet arrêt éternel est-il déjà suspendu sur nos têtes, et viendra-t-il bientôt retentir à nos oreilles; et nous ne pensons pas à en mériter les faveurs ou à en prévenir les rigueurs; et il viendra nous surprendre avant que nous ayons mis la main à ce grand ouvrage de notre sainteté. Elle sera vengée; et, si nous lui avons refusé notre cœur et nos soins dans le temps, elle nous arrachera des regrets et des larmes dans l'éternité.
O mon Dieu! où en suis-je, et quel éclat de lumière vient frapper mes yeux? Eclairez-les sur mes fautes, de peur qu'ils ne se ferment sur mes malheurs : la sainteté se présente encore à moi; je vais lui ouvrir mon cœur, lui consacrer les jours qui me restent à vivre. Heureux s'il m'en reste assez pour commencer, continuer et finir ce grand ouvrage, qui aurait dû m'occuper durant toute ma vie.
RÉFLEXIONS
Nouslisons souvent la vie édifiante des saints : nous en sommes touchés, nous les admirons : quand est - ce que nous les imiterons ? Point de famille qui n'ait donné quelque saint au ciel, et où l'on ne puisse dire : Nous sommes les enfants des saints. A-t-on conservé le précieux héritage de leurs exemples et de leurs vertus ?
C'étaient des saints, dit-on souvent dans le monde, quand on entend raconter leurs grandes actions; et que prétendons - nous donc être nousmêmes ? Voulons-nous n'avoir de part qu'avec les réprouvés? Nous vou- Jons vivre selon notre condition, et nous ne pensons pas que la première de toutes, c'est d’être saint,
Serons-nous un jour au nombre des saints ? Chacun de nous a parmi eux une place marquée : aurons-nous le bonheur de l'occuper un jour ? ou notre infidélité nous en exclura-t-elle à jamais ?
On dit qu'il en coûte pour être saint; et voudrions-nous nous sanctifier sans qu'il en coûtât rien?
Ilen coûte pour être saint, adorable Sauveur! Il faudra donc que vous portiez tout seul le fardeau de la croix ! On craindra de se charger de la moindre partie pour vous l'adoucir ; on voudrait avoir part à votre gloire sans en avoir aucune à vos souffrances et à vos douleurs.
PRIÈRE
Dieu de bonté et de sainteté, en méditant les grands objets que la sainteté nous présente, nous en sommes touchés, pénétrés. Rien de si vrai, nous disons-nous ; si nous pensions à ces grandes vérités, nous serions tous des saints. Mais pourquoi, à mon Dieu! n'y pensons-nous pas? À quoi pensons-nous de? et quand est-ce que nous y penserons ? Est -il rien de lus intéressant pour nous? Ah! je le comprends : si nous méditions proondément ces grandes, ces immuables vérités, elles produiraient dans nous les impressions les plus salutaires ; elles éclaireraient nos esprits, elles toucheraient nos cœurs, elles nous détacheraient du monde et de nous-mêmes ; elles rectifieraient nos idées , elles réformeraient notre conduite et nos mœurs; elles nous convaincraient, nous toucheraient, nous convertiraient ; nous serions en effet tous des saints, et le changement admirable qu'elles opéreraient dans nous vous ferait bénir, Ô Dieu des miséricordes! au lieu qu'en les éloignant nous restons toujours plongés dans nos anciennes misères, au risque de devenir les victimes de vos vengeances, pour n'avoir pas voulu servir de monument à la grâce. |
C'en est donc fait, d mon Dieu! je vais me rendre à la sainteté : je l'ai trop longtemps négligée : je vais lui consacrer mon cœur, mes soins, tous les jours de ma vie. O heureux jours! jours précieux, si je les avais tous employés à la sanctification de mon âme! Aidez-moi, mon Dieu, à marcher dans ce chemin qui m'a été jusqu'à présent inconnu: faites que je ne m'en écarte jamais, que je ne pense, que je ne travaille, que je ne vive plus que pour devenir saint: c'est la grande grâce et l'unique bona je désire désormais en ce monde ; j'ose encore l'espérer de votre
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PRATIQUES
4° Je commencerai par remplir inviolablement tous les devoirs de mon état: en cela consiste la sainteté. è ù
2° Je me prescrirai chaque jour mes pratiques de piété, et je les observerai fidèlement.
3° Je ne chercherai point une sainteté d'éclat, mais plutôt une sainteté humble et bien formée au pied de la croix. s ‘
&° Je fréquenterai les personnes saintes, et je tâcherai de les imiter. Eafin je me dirai souvent que je ne suis au monde que pour devenir saint.
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Rien de ue de co et par là 1 ver, Si not
4° La g1 à un ord de la gràc à la posse gloire, à {inés à vo le décou sance abs deurs de grâce , dé rés ! Diro sommes donne ui part à l'a grand et plus loir même d auraient n'en éta que, en comme naturæ manièr qui vive une fai vée?
20 N notre à disait :
admire nous, nous S
QU
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inteté nous s tous quoi en de S Dro-