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SUR L'EXCELLENCE DE LA GRACE SANCTIFIANTE

Rien de si important et même de si nécessaire pour nous que de connaître quels sont l'excellence et le prix de la grâce, et par là même quels soins nous devons avoir de la conserver, si nous avons le bonheur de la posséder.

1° La grâce sanctifiante est le principe de notre élévation à un ordre surnaturel et divin : état sublime où, en vertu de la grâce, nous sommes destinés à une fin surnaturelle, à la possession intime de Dieu, à l'éclat de la lumière de gloire, aux délices de la vision intuitive, c'est-à-dire destinés à voir Dieu face à face, à le posséder en lui-même, à le découvrir, non plus à travers les nuages d’une connaissance abstraite et obscure, mais dans la plénitude des splendeurs de sa gloire. Aussi, dès que nous possédons cette grâce , de quels titres glorieux ne sommes-nous pas honorés ! Dirons-nous qu'en vertu de celte grâce sanctifiante nous sommes élevés au - dessus de nous - mêmes; qu'elle nous donne un rapport intime avec Dieu, que dès lors nous avons part à l'amitié, à la tendresse même de Dieu? Tout cela est grand et sublime; mais le prince des apôtres porte encore plus loin ses pensées, et, éclairé des lumières de cette grâce même dont il fait l'éloge, il s'exprime en des termes qui auraient de quoi nous surprendre, si l'Esprit-Saint même n'en était le garant et l’auteur; il ne craint pas d'assurer que, en vertu de la grâce sanctifiante, nous sommes faits comme participants de la nature divine, divinæ consortes raturæ (1); parce que la grâce sanctifiante forme en quelque manière dans nous une nouvelle vie, que ce n’est plus nous qui vivons, mais Dieu même qui vit dans nous. Quelle gloire ! une faible créature pouvait-elle espérer d'y être jamais élevée ?

20 Nouveau privilége, la grâce sanctifiante est le titre de notre adoption en qualité d'enfants de Dieu. Mes frères, disait autrefois le disciple bien-aimé, voyez, comprenez, admirez quelle est la bonté du Père des miséricordes envers nous, que non-seulement nous soyons appelés, mais que nous soyons en etfet les enfants de Dieu : ut filii Dei nomi-

(t) H Petr., 1.

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nemur et simus (1). Jésus-Christ est Fils de Dieu par essence, nous le sommes par adoption : c’est la foi même qui nous l'apprend. O vous tous qui avez le bonheur de posséder la grâce, vous êtes les enfants de Dieu. L'Esprit-Saint nous rend ce glorieux témoignage et nous autorise à donner à Dieu le doux nom de Père, in quo clamamus : Abba, Pater (2). Avons-nous jamais pénétré à combien juste titre nous disons souvent à Dieu notre Père, Pater, et lorsque, offrant chaque jour l’hommage de nos prières, nous lui avons adressé cette consolante parole, en avons-nous jamais compris tout le sens et connu toute l'étendue ? Comprenons-la du moins aujourd'hui; et, quand dans la suite nous la lui adresserons, disons-le dans ces doux sentiments; disons le toujours avec une nouvelle tendresse, Pater, mon Dieu et mon Père; mais en même temps souvenons-nous que le Père que nous invoquons est au ciel, pour nous apprendre que la terre que nous habitons est pour nous un lieu de pèlerinage et d’exil, que le ciel est notre véritable patrie, que c’est là que nous devons aspirer, parce qu'un fils doit s’unir à son père pour avoir part à sa gloire et à son héritage. 30 C’est le nouveau droit que nous donne la grâce sanclifiante, le droit à l'héritage céleste; car, en nous rendant enfants de Dieu, la grâce nous rend par là même les héritiers de sa gloire et les cohéritiers de Jésus-Christ même, cohæredes autem Christi (3). Dans le monde, un père qui aurait un fils digne de lui ne pourrait sans quelque injustice en adopter un autre, parce que l'héritage ne peut être partagé entre plusieurs sans que chacun en souffre dans son partage. Il n’en est pas ainsi de vous, Ô mon Dieu! vous adoptez tous les hommes pour fils : la multitude des adoptés ne diminue en rien les trésors du partage. Les trésors célestes de vos grâces sont comme la lumiére; ils ne perdent rien à se communiquer : je ne profite pas moins des rayons du soleil que si j'étais seul au monde à les recueillir, Que tous les enfants de Dieu ouvrent leur cœur à la gràce, le Père des miséricordes a de quoi les remplir. Tels doivent donc être mes sentiments en qualité d'enfant de Dieu : en levant les yeux au ciel, en voyant cette gloire, ces trésors, ces délices, ces couronnes, ces sceptres, Je puis dire : Voilà mon héritage. Les enfants des hommes auront des héritages dans la région des morts : le mien est dans la région des vivants. Le Père céleste me l’a préparé dans son sein : la grâce m'en assure la possession.

(1) Joan., ut, — (2) Rom., vin. — (3) Rom., 1.

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4° La grâce sanctifiante porte encore plus loin ses faveurs ;

et pour combler notre bonheur, même dès cette vie, elle

fait que Diew vient lui-même dans nous et fixe son séjour

dans notre âme. En vertu de la grâce sanctifiante, il réside

dans elle; il la possède par sa présence; il l'éclaire par sa

sagesse; il la soutient par sa puissance : en sorte que Dieu

se trouve dans elle comme un roi dans le sein de son empire,

pour y régner : comme un père dans sa famille, pour y présider; comme un pasteur dans son troupeau, pour le condui-e. Notre cœur devient dès lors comme une espèce de paradis vivant, capable d'attirer Dieu sur la terre, en sorte que, selon la consolante pensée d’un saint Père, si Dieu n’était pas immense, et si par son immensité il ne remplissait pas le ciel et la terre, il quitterait en quelque manière le ciel pour venir dans cette âme, tan il a de tendresse pour elle. Tous les biens célestes, toutes les vertus de concert y résident : la foi avec son flambeau, l'espérance avec tous ses vœux, la charité avec toutes ses ardeurs; les esprits bienheureux eux-mêmes se font une gloire d’être avec une âme en grâce, tout le ciel semble être avec elle, parce que Dieu lui-même est dans elle.

Que si cela est ainsi, si la grâce sanctifiante est la source féconde d'où découlent tant de biens à la fois, st elle est la précieuse rosée qui répand tant d’influences célestes, la terre promise où naissent tous ces fruits de bénédiction, y a-t-il quelqu'un qui ne soupire après elle, qui n’en admire la beauté, qui n'en désire la possession, qui ne lui donne son estime et son cœur, qui ne la préfère à tous les biens et à tous les trésors de la terre, qui ne la regarde comme le seul et unique bien digne de fixer nos regards, nos vœux, nos désirs et nos cœurs? Et qu'est-ce, en effel, que tout le reste sans elle? Trônes, sceptres, couronnes, sans la grâce, tout retombe dans son néant, et par elle tout est relevé, tout est grand. Voyons cet homme pauvre, abandonné, couvert de haïllons. Aux yeux du monde, c'est un objet de mépris, tout au plus de compassion : or cet homme en apparence si méprisable , s’il a la grâce, est plus grand aux yeux de Dieu que tous les conquérants et les rois de la terre, s'ils en sont privés. Voyons, au contraire, cet heureux du siècle, ce grand de la terre selon.le monde : tout est grand dans lui,

tout ce qui l'environne est éclat; mais n'a-t-il pas la grâce, c’est un objet d’indignation aux yeux de Dieu : il ne le voit qu'avec dédain, il ne le supporte qu'avec horreur. La grâce, la grâce, voilà le principe de la véritable grandeur.

En voulons-nous une preuve bien sensible et un exemple

bien frappant, allons le cherc/.er : et où? Non dans les palais des grands, non sur le trône des rois, non à la tête des armées parmi les conquérants, mais sur le fumier du saint homme Job. Avez-vous vu mon servileur Job, dit le Seigneur avec une espèce de complaisance? Considerasti servum meum Job? Oui, Seigneur, nous l'avons vu; mais dans quel état! couvert d’un horrible ulcère, rongé tout vivant de vers. Eh bien, cet homme en apparence frappé du Ciel, c'est l'homme de ma droite, c’est l’objet de mes complaisances, à qui j'ai confié le soin de ma gloire, qui fait la matière de mon triomphe. A travers les nuages qui l’environnent, je vois briller les rayons de ma grâce A la vue de cette grâce, le lieu même où il est placé devient une espèce d'autel érigé à ma gloire ; ses vers sont les ministres bien moins de mes vengeances que de mes miséricordes; et Job lui - même est la précieuse victime qui m'est immolée; je la reçois des mains de la grâce; jamâis sacritice plus précieux ne fut offert à mon cœur. Allez donc, et considérez les grands dans leurs palais, lesriches dansleur abondance; s'ils n'ont pas la grâce, je ne les connais pas, ou je ne les connais que pour les frapper d'anathème. Job sur son fumier est plus grand à mes yeux que les rois élevés sur le trône : Job couvert d'une lèpre est plus cher à mon cœur que les rois couverts de la pourpre.

0 grâce céleste! si vous êtes le digne objet des complaisances de Dieu même, quelle place devez-vous tenir dans l’idée et l'estime des hommes ?

MÉDITATION SUR LE MÊME SUJET

Eclairé de vos divines lumières, je comprends, Ô mon Dieu ! que la grâce sanctifiante est tout à la fois le bien le plus précieux, le bien le plus nécessaire, et cependant le bien le plus exposé. Quels soins ne dois-je donc pas lui donner pour la conserver! Ah! que c'est avec juste raison que vous nous dites par la bouche du Sage : Conservez avec soin votre cœur, et dans votre cœur le précieux trésor de la grâce! Omni custodia serva cor tuum (1). Mais, hélas! que pourront tous mes soins, si vous ne les soutenez de votre secours ?

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(1) Job, 1.

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nous le bien le plus précieux. Le soin qu'on a de se conserver la possession d'un bien doit être proportionné à la grandeur du bien qu'on possède; et, à mesure que le bien est plus grand, le soin doit être aussi plus ardent. Or, qu’estce que la grâce pour nous? C'est un bien, c’est le premier des biens, c'est le plus grand des biens, c’est le plus solide des biens, et, à proprement parler, c’est même le seul et unique bien, puisque la grâce devient pour nous la source de tout autre bien. Et de quels biens cette grâce ne devientelle pas pour nous la source féconde! Excellence de la grâce, quoi de si grand? Richesse de la grâce, quoi de plus précieux ? Mais surtout délices de la grâce , quoi de plus doux ec de plus consolant? La paix de l’âme, la tranquillité de la conscience, le repos du cœur, cette sainte confiance en Dieu, ces moments de consolation qui donnent un avant-goût des désirs célestes.

Ames justes, âmes fidèles dont j'envie le sort, n’est-ce pas ce que vous avez éprouvé dans ces moments heureux où vous avez pensé à revenir à Dieu, où vous êtes rentrées dans sa grâce ? Qu’avez-vous éprouvé, que douceur, que consolation et que paix? Si vous avez versé des larmes, qu’étaitce, que des larmes de joie ?

Ce jour n’a-t-il pas été le plus heureux de vos jours? La grâce n'est-elle pas pour vous cette terre délicieuse d’où découlent le lait etle miel? Le seul bien de la grâce ne vous a-t-il pas tenu lieu de tout autre bien?

Et puis-je moi-même, à mon Dieu! sans être touché et pénétré, me rappeler cet heureux moment où, éclairé de votre grâce, j’eus le bonheur de me rendre à vous? Mais pourrais-je, sans l'ingratitude la plus monstrueuse, m’exposer à perdre le plus précieux dépôt de votre grâce, après l'avoir recouvrée ? et ne me rendrais-je pas à jamais indigne de vos dons et de votre cœur?

20 Conserver la grâce avec soin, parce que la grâce est pour moi le bien le plus nécessaire. De quoi me serviraient tous les autres biens? Sans celui de la grâce, que sont pour moi tous les autres biens? Avec la grâce je puis tout et j'ai tout. Sans la grâce de Dieu je n'ai rien, je ne puis rien, et je ne suis rien; eussé-je tous les autres trésors, sans la grâce je suis dans la plus triste indigence; eussé-je tous les plaisirs, toutes les joies de la terre, sans la grâce puis-je les goûter? Bien si nécessaire, que sans la grâce jamais je nc pourrai rien mériter pour le ciel; toutes mes actions seront stériles, toutes mes œuvres mortes, tous mes lalents enfouis, tous mes pas seront perdus et hors de la voie. Sans

la grâce jamais je n’aurai entrée dans le ciel, et je ne pourrai être qu'éternellement malheureux.

Aussi que n’ont pas fait, que n'ont pas souffert les saints pour rappeler ou pour conserver cette grâce! Solitaires et anachorètes, que faites-vous dans les déserts et ensevelis tout vivants dans les antres et les cavernes? Ah! me ditesvous, c’est que nous portons un trésor, et nous le portons dans des vases fragiles; la solitude la plus retirée ne nous a pas paru un asile trop assuré pour le mettre à couvert. Saints pénitents, que je vois päles, défigurés, languissants, pourquoi vous livrer ainsi à tant de pénitences et de rigueurs? L'air retentit de vos sanglots, la terre est arrosée de vos larmes. Hélas! me répondez-vous du fond de vos antres, c’estque nous ccnnaissons le prix de la grâce, et que nous craignons notre fragilité. Et vous surtout, invincibles martyrs, glorieux athlètes de la foi, pourquoi paraissez - vous sur des échafauds, au milieu des brasiers ardents ? Pourquoi vois-je vos membres déchirés et nageant dans des fleuves de sang? Vous me répondez par la voix même de ce sang : Nous mourons, nous mourons avec joie, et nous donnerions mille vies pour conserver la vie de la grâce.

Mon Dieu! que ces sentiments sont grands! qu'ils sont désirables! Sont-ce les miens? La grâce me les avait inspirés : les ai-je gravés et conservés dans mon cœur? Oh! que ceux-là sont heureux, Ô mon Dieu ! qui n'ont jamais perdu le précieux trésor de la grâce! quel bonheur ! Ce précieux trésor n'est-il pas préférable à tous les trésors de la terre? Que de regrets, que de larmes ils se sont épargnés durant la vie! que d’alarmes au moment de la mort!

3° Enfin, conserver la grâce avec soin, parce qu'elle est exposée à mille ennemis et à mille dangers. La grâce est un miroir; le moindre souffle peut en ternir l'éclat : c’est une fleur que le moindre vent peut abattre et flétrir; c’est un germe précieux ; un trop grand air peut l'élouffer et le faire périr. Mais d'ailleurs de combien d’ennemis n'est-elle pas assaillie, et quels efforts ne font-ils pas pour nous la ravir! Hors de nous, autour de nous, au dedans de nous, tout conspire sa perte ; hors de nous, les démons qui, en lions rugissants, cherchent sans cesse une proie pour la dévorer; autour de nous, un monde pervers, qui par mille objets dangereux veut nous séduire et nous pervertir; dans nous, mille passions violentes, ennemis domestiques et d'autant plus redoutables, toujours soulevés, toujours conjurés, tou- Jours acharnés contre nous et contre la grâce.

O don de Dieu! à grâce précieuse! comment vous sou-

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tiendrez-vous environnéede tant d’ennemis? Comment pourrez-vous subsister dans une terre si étrangère, à moins que,

ar des soins assidus, une vigilance continuelle, une crainte salutaire, une sainte frayeur, nous ne tächions de vous garantir et de vous préserver?

Que faut-il donc faire, Ô mon Dieu! et quels moyens faut-il prendre pour la conserver ? Ce qu'on fait tous les jours dans le monde pour un bien qu’on estime et qui est précieux, car en ce point le monde même peut servir de modèle.

Nous-mêmes, pour la conservation de nos biens, de notre santé, de notre vie, que ne faisons-nous point? Jamais assez de soins, de précautions, de ménagements. À la moindre incommodilé, nous nous alarmons; au moindre mal, nous ne sommes presque plus à nous. Pourquoi? Il s’agit de la vie.

O mon Dieu! jusques à quand les enfants du siècle serontils plus sages et plus éclairés que les enfants de la lumière ? Eh quoi ! aveugles que nous sommes! nos biens, notre fortune, notre santé, notre vie, nous sont-ils plus chers, plus précieux que la grâce de Dieu, que la vie de la grâce? Ah! prenons, pour la conserver, tous les moyens que la sagesse, la raison, la foi, nous inspirent : humilité, vigilance, retraile, prière, mais, sur toutes choses, la fuite des occasions.

Non. je le comprends, je le sens, à mon Dieu! il n’est point de vertu si bien établie, point de résolution si forte et si efficace qui tienne longtemps contre certaines occasions dangereuses. En vain me rassurerais- je sur la sincérité de res sentiments, sur la fermeté de mes propos : si je m'expose, je succomberai ; si je me jette dans l’occasion, l’occasion me perdra : je dois regarder mes passions comme un flambeau mal éteint qui fume encore, et qui à la moindre occasion peut se rallumer et causer un nouvel incendie. Fuyons, prions et tremblons, c’est l'unique moyen de persévérer et de nous sauver.

Ce que je puis me dire dans les sentiments de la foi, ce que je dois à jamais graver dans mon cœur, c’est que la grâce est un si grand bien, que, quand dans une balance nous mettrions tous les biens de ce monde, les honneurs et tout leur éclat, les richesses et tous leurs trésors, les plaisirs et tous leurs attraits, tout cela, mis en parallèle avec la grâce, disparaît devant elle et s’éclipse par son éclat.

La grâce est un si grand bien, qu'à proprement parler c’est

le seul dont la possession mérite nos vœux et nos soins, dont la perte mérite nos regrets et nos larmes.

La grâce est un si grand bien, que c’est l'unique trésor que nous possédions en ce monde, et qui nous restera quan( nous en sortirons.

La grâce est un si grand bien, que quand, pour l’acquérir ou de peur de la perdre, il faudrait sacrifier nos biens, quelque grands qu'ils soient, notre santé, quelque précieuse qu'elle puisse être, notre vie même, quelque chère qu'elle doive nous être, il ne faudrait pas balancer un inslant, mais appeler à notre secours l’héroïsme chrétien, présenter la tête et recevoir le coup, offrir le cœur et laisser enfoncer le poignard, plutôt que de laisser donner atteinte à la grâce.

La grâce est un si grand bien, qu'entre un prédestiné et un damné, entre un saint et un réprouvé, il n’y a d’autre différence que celle que met devant Dieu cette grâce précieuse.

Ce que je puis, et ce que je dois encore ajouter, c’est que la grâce est un si grand bien, qu'il n'y a rien sur la terre qui puisse m'en donner une juste idée : pour le concevoir, il faut m'élever jusqu’au ciel, jusqu’au trône même £e Dieu. Un Dieu, voilà son auteur; le sang de Dieu, voilà son prix; le bonheur mème de Dieu, voilà sa récompense.

Enfin la grâce est quelque chose de si grand, de si précieux, que, quand un jour nous irons devant Dieu et paraîtrons à son jugement, si nous avons le bonheur de la posséder, notre jugement sera fait, notre sentence portée. notre sort assuré : sans que nous répondions , la grâce parlera pour nous; et si avec elle nous allons nous présenter à la porte du ciel, »’entrée du ciel nous sera ouverte, et sa possession à Jamais assurée. O mon àme ! veillez donc constamment sur vous-même, et conservez à jamais le plus grand et le plus précieux de tous les dons de Dieu : Omni custodia serva cor luum.

PRIÈRE

O mon Dieu! que n'ai- LE pas à déplorer, à me reprocher envers votre râce! Vous me l'aviez donnée à mon baptême; bientôt j'en eus perdu e trésor. A peine les lumières de la raison avaient éclairé mon âme, que

les ténèbres du péché vinrent se répandre sur elle ; peut-être ai-je eu

le malheur de vivre, de gémir longtemps dans cet état de péché. Nuand je suis retourné à vous, vous m'avez rendu cette pre précieuse : l'ai-je conservée avec soin? Combien de fois, avec quelle présomption l'ai - je

canons et à combien de dangers! Ai-je le bonheur de la posséder à

pr sent? La conserverai- je jusqu'à la fin? Je vous le demande, à mon

pieu ! Ce n € ponté. Si VO terre.

Lo Considé cest une éF rejette et là

Jo Regard cest une 1 et qui fait

3° Pense une chute

&o Prier & grâce serait nous-même

Nous épines, course ; nait, qi seule pe double & de vue | toutes 1 gueurs éternels cette do de notr leste pa

4° L' celte vi d'inqui

Qu'e blons :

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acquébiens, e prée chère un inn, prélaisser Atteinte

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est que a terre evoir,.

e qe , Voilà écom-

si préet pade la ortée, e parnier à a posstamgrand stodia

s votre perdu

pieu ! Ce n'est que de vous que je puis l'attendre ; je l'espère de votre bonté. Si vous m'accordez ce bonheur, je n'ai pl''s rien à uésirer sur la

terre.

PRATIQUES

4° Considérer notre âme comme l'épouse de Dieu; si la grâce y regne, c'est une épouse chérie ; si elle la perd, c'est une épouse indigne, Dieu la rejette et la répudie. , |

d Regarder notre âme comme l'image de Dieu; tant qu'elle a la grâce, c'est une image éclatante ; si la grâce se retire, c'esi une image détigurée et qui fait horreur. à :

3 Penser que nous portons le trésor de la grâce dans des vases fragiles; une chute nous le ravit peut-être à jamais.

4° Prier souvent le Seigneur de nous soutenir dans les occasions où sa grâce serait exposée ; prendre garde de nous y exposer imprudemment nous-mêmes, de peur d'y périr.

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