‹ L'âme élevée à Dieu [microforme]Chapitre 5 sur 119 · Z-VOUS · texte numérisé non relu

Z-VOUS

suis le ionorer, irables !

ndes, ct ‘ponse :

Je suis s'il eût us mes r Limeo.

hrétien

qui connait l'indispensable nécessité où il est de servir Lieu, et la grandeur de la gloire qu'il trouve dans son service! Serviteur de Dieu, voilà mon nom, mon surnom, mes litres. mes esperances, Je ne suis que cela dans le monde : les autres prendront des noms superbes, des titres pompeux, Parmi les hommes, les uns seront appelés grands, riches, puissants. Parmi les monarques, ceux-là prendroni le nom de heros, de conquérants, de vainqueurs: je ne Le leur envie pas; pour moi, tous mes litres se réduisent à celui-ci: serviteur de Dicu. Parmi les vues et les projets que l'on forme, les autres en auront d’élévation, d'ambiüion, de grandeur, de fortune : toute ma gloire est de servir Dieu, toute mon ambition est de le bien servir.

Telle est la grandeur d'âme où le service de Dieu nous éleve, et la noblesse des sentiments qu’il inspire, et cela dans quelque état que l'on soit. Dans quelque condition que l’on vive, on peut tenir ce langage et s'élever à ces sentiments, Fussent-ils dans les états les plus bas, dans les conditions les moins relevées, tous peuvent aspirer à cette gloire, et consacrer aipsi l'hommage de leur dépendance en la relevant par leur dépendance envers Dieu : son service sanetifie tout, élève et consacre tout.

Un chrétien peul servir des maîtres sur la terre; son état l'y engage, mais la vue de Dieu l'y soutient. Un pète de famille donnera à ses enfants son application, ses soins et sa vigilance ; mais, placé à la tête de tous, il se souviendra qu'il tient la place de Dieu : il en prendra les sentiments, il en soutiendra les droits. Un fils obéit à son père; mais dans lui il reconnait la personne du Père céleste, et 1l se souvient que son premier père c'est Dieu. Une épouse est soumise à un époux; mais dans cet époux elle honore, elle respecte le céleste époux de son âme. Ün domestique est soumis à son maître, 1l le doit; mais dans ce maître terrestre qu'il voit, il honore le maître invisible qu'il sert, et cette vue lui adoucit toutes les peines de son état et lui en présente la récompense. Un sujet sert son roi, son devoir l'y oblige; il sert les hommes sur la terre; mais il sait qu’il doit et qu'il peut régner un jour dans le ciel avec le Roi même des rois. Quels sentiments! quelle consolation! quelle gloire!

Ah! si on connaissait bien le maître que l'on sert en servant le Seigneur, comment le servirait-on! Combien estimerait-on la gloire de le servir! La langue aurait-elle assez d'expressions, le cœur assez de sentiments, la vie assez de durée pour les lui consacrer? Avec quel soin, quelle fidélité, quel zèle, quel empressement, quelle ardeur, ne lui dé-

vouecrail-on pas ses services! Soin assidu à connaître ses volontés adorables: fidélité inviolable à les accomplir au moment où elles sont connues ; ze6le à s'intéresser à tout ce qui est de sa gloire; empressement à aller au-devant même de ses souhaits; ardeur et courage à surmonter toutes Îles difficultés, à vaincre tous les obstacles, à faire tous les sacrifives. Est-ce ainsi que nous avons servi le Seigneur? El à la place de ce soin. de cette fidélité, de ce zèle, de cet empressement. de cette ardeur, de ces généreux sentiments, qu'avons-nous souvent montré? que lâcheté, qu'inconsiance, que négligence, que liédeur, que langueur. Ne devons-nous pas avoir honte de le servir ainsi?

O mon Dicu, que vous êtes un bon maître! mais que vous avez de méchants serviteurs!

Les grands veulent être servis par des grands, et Dieu veut être servi par des saints. À ce litre pouvons-nous nous dire ses serviteurs? Ames làches, ou quittons-en le nom, ou prenons-en les ‘sentiments : rougissons du moins de notre conduite, et réparons-la en rendant à Dieu de plus dignes hommages.

Vous avez encore, à mon Dieu, des serviteurs fidèles et dignes de vous; je ne me contenterai pas d’envier leur bonheur, je tâcherai d'imiter leurs exemples.

Méditation sur le méme sujet.

En vous servant, à mon Dieu, nous avons le bonheur de servir le meilleur des maîtres : ne devons-nous donc pas vous servir avec une sainte joie? Hé! quoi de plus capable de nous engager à vous servir avec cetle joie sainte que les effusions inefables de votre bonté pour nous? Nous les méditerons, nous les admirerons, et si jusqu'à présent elles ont 6e happé à à nos esprits, dans la suite elles seront à jamais

gravées dans nos cœurs.

Prosterné en votre présence, à mon Dieu, c'est le désir que je conçois en ce moment, et la grâce que Je vous demande pour toute ma vie.

4° Bonté de Dieu à nous combler de bienfaits. Dieu semble n'être riche que pour nous enrichir de ses dons. Que de

grâces, que de faveurs ne verse-t-il pas chaque jour sur.

nous! Que de lumières pour nous éclairer! que de grâces pour nous toucher! que de secours pour nous sanctifier ! Ya-t-il un moment dans notre vie qui ne soit marqué par quelque bienfait? Et après toutes les gràces dont 11 nous à comblés, si ces gràces n'étaient pas inépuisables, y en au-

inaitre ses omplir au rätout ce ant mème toutes les us les saigneur? El le, de cet ntiments, qu'inconar. Ne de-

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vait-il encore dans ses trésors? Ce qu'ils à de plus admiable. 6 mon Dieu! c'est que vous nous comblez de bienais quoique nous en soyons Indignes, quoique nous SOYONS ingrats. quoique vous prévoyiez que nous en abuserons el que nous les tournerons contre vous, Notre ingratitude ne ferine point votre main libérale; notre cœur ingrat n'épuise point les sentiments de votre cœur tout divin. |

% Bonté de Dieu à supporter nos défauts. Eh! combien n'en trouve-t-ilpas dans nous! Quel fonds inépuisable de négligences. d'infidélités. de Tächetés, de manquements. de misères! Si nous le prions, avec quelle tiedeur st nous le suivons. avec quelle lenteur! st nous le servons, avec quelle langueur! FE voit. supporte. il patiente. attend. Le inonde nous retient à son service. nous admet à ses fêtes landis que nous sommes à la fleur de l'âge; mais après un temps, sur le retour des années. il nous force à l'abandonner et semble nous méconnaître. Pour vous, d mon Dieu! toujours bon, vous ne nous abandonnez point que nous ne vous forcions à nous abandonner. Nous vous sommes aussi chers à la fin de notre course qu’au commencement de notre carrière, sur le déclin de l'âge comme à l'aurore des plus beaux jours. Fussions-nous à la dernière heure, vous recevriez encore avec consolation nos derniers soupirs. O mon Dieu! comment des serviteurs coupables, au moins inutiles. peuvent-ils vous être encore chers? En seriez-vous moins heureux s'ils n'étaient à vous?

3° Bonté de Dieu à pardonner nos péchés. C'est surtout ici qu'éclate cette bonté ineffable. Les autres maîtres pourront bien être indulgents à un certain point, pardonner les premières, les secondes fautes: mais pardonneront-ils des fautes réitérées? Ne se lasseront-ils point de se voir mal servis ? Bientôt ils se rebuteront, ils éclateront. Pour vous. à mon Dieu. bon et patient comme à l'excès. vous excusez. vous dissimulez, vous pardonnez. Et combien de fois, el jusques à quand? Toutes les fois que nous revenons. Peutcire dans tous les trésors des bontés divines n'y a-t4l rien de si admirable !

Dans notre conduite ce n'est souvent que chutes et que rechutes, qu'inconstance et que changement. Dieu ne

.change jamais. Après tant d'infidélités à nos promesses, à

nos résolutions, nous promettons de nouveau; Dieu nous ceoute encore. Dans nos confessions, nos accusations at sacré tribunal, quel est l'excès de notre misère! Presque loujours mêmes fautes, mêmes infidélités, mêmes manquements, él dans Dicu toujours même miséricorde, même

S L'IME ÉLEVÉE A DIEU,

bonté. Fussions-nous tombés mille fois, mille fois il nous recevra avec tendresse, si nous revenons avec sincérité; et, au lieu de plaintes et de reproches, jamais il ne nous fera entendre que cette consolante parole : Allez en paix : Vade in pace (1). O mon Dieu, plus votre bonté se manifeste à moi, plus je sens augmenter mes regrets; les reproches que votre cœur paternel vous empêche de me faire, je me les fais à moi-même; mon âme n'aura d'autre mesure dans sa douleur que l'excès même de la bonté dont vous usez envers

4» Que si, revenus à Dieu, nous faisons quelque chose pour lui, avec quelle bonté ne le récompense-t-il pas! Disons done encore avec transport : Bonté de Dieu à récompenser nos travaux! Dans le service du monde, on s'épuise, on se consume, on se sacrilie.

Qu'en revient-il bien souvent? À combien de personnes, dans le sein de leurs regrets et de leurs larmes, pourrait-on dire comme à ces infortunés dont parle lEsprit-Saint : Vous avez beaucoup travaillé, et peu recueni! Dans le service du monde, combien de choses ne sont pas connues! parmi celles qui sont connues, combien ne sont pas agréées! parmi celles qui sont agréées, combien ne sont pas récompensées, ou ne le sont pas selon leur mérite! Dans votre service, ô mon Dieu, il n'en est pas ainsi : tout est connu, agréé; tout est récompensé, rien ne se dérobe à vos yeux; rien n'échappe à votre cœur. Ce ne sont pas absolument les grandes actions, les actions héroïques qui ont leur couronne ; les plus petites choses, les sacrifices les plus légers, le dirai-je? un verre d’eau donné en votre nom aura sa récompense, et cela durant une éternité tout entière.

O mon Dieu, vous n'êtes point connu, surtout à l'égard de votre bonté. On a quelque idée de vos autres perfections, de votre puissance, de votre sagesse, de votre justice; mais votre bonté n'est point connue. Vous êtes bon, et bon dans tous les temps; vous l'avez été dès le commencemert, et vous le serez au delà des siècles ; bon envers tous. vous faites pleuvoir et lever votre soleil sur le juste et sur l'injuste.

Oui, Dieu est bon; et c'est surtout dans sa bonté qu'il est incompréhensible plus encore que dans tous les mystères. Quand on vient à penser à tout ce qu'il à fait pour les hommes : un Dieu descendre du eiel sur la terre, se revêtir de leur mortalité, se charger de leurs misères, finir sa course sur une croix; et, non content de s'être immolé une

(4) Marc, v.

ois il nous icérité; et, nous fera paix : Vade nanifeste à roches que , je me les ire dans sa ISez envers

que chose -t-il pas!

Là récomn s'épuise,

ersonnes , purrait-on unt : Vous service du es! parmi es! parmi npensces, service, Ô U, agréé; CUX; rien iment les eur couis légers , L aura sa re.

à l'égard rfections, ice; mais bon dans mert, et us faites juste.

qu'il est iystères.

pour les se revêtir finir sa olé une

fois pour eux sur la croix, tous les jours encore renouveler son sacrifice sur les autels! À la vue de ces grands mystères, nous sommes étonaés et surpris; et c'est notre surprise même sur la bonté de Dieu qui marque que nous ne la connaissons pas; car, pour comprendre toutes ces choses, il suffirait de dire que Dieu est bon, ce seul mot dirait tout, \ous mesurons la bonté de Dieu sur nos faibles lumières ; nous pensons en hommes, ilagiten Dieu. Toulest explique par ee seul mot: Dieu est bon. Ce n'est pas même assez dire :ilesttout bonté, il n'est que bonté, c'est la bonté même.

Tel et plus grand encore est le maitre que nous servons. Mais dès lors quel est mon bonheur d'être au service d'un maître si bon, si tendre, si compatissant, si libéral, si généreux, si parfait! Quel est mon bonheur, et quels devraient être mes sentiments! Avec quel plaisir, quelle consolation. quelle joie ne devrais-je pas le servir, estimer mon sort, bénir mille fois le Cielde mon partage! Toutes les pensées de mon esprit, toutes les affections de mon cœur, tous les moments de ma vie ne devraient-ils pas être sans cesse employés à me consacrer à son service et à me féliciter de mon bonheur?

Mais, hélas ! est-ce ainsi que nous vous servons, Ô mon Dieu. avec ces désirs, ces empressements, cette joie ? On vous sert: mais comment? On vous sert avec tiédeur, avec négligence, avec indifférence: est-ce là vous servir? On vous sert avee tristesse, avec abattement, avec dégoût; on porte votre joug avec peine et de mauvaise grâce !'est-ce là vous servir en Dieu? On vous sert, mais avec frayeur, avec crainte, et comme toujours tremblant, en esclave : est-ce là vous servir, ou plutôt n'est-ce pas vous déshonorer? Quittons cet esprit de terreur et d'alarmes, prenons des idées plus dignes de Dieu et de sa bonté. Craignons, mais d'une crainte toute filiale qui dilate le cœur, et non d’une crainte servile qui captive les sentiments.

Servons le Seigneur, à mon âme ; mais servons-le avec Joie. Que cette Joie sainte se montre et paraisse dans tout : qu'elle respire dans l'air, qu'elle soit peinte sur le visage, qu'elle éclate dans toute la conduite. S'il y a un sacrifice à faire, faisons-le avec générosite; s’il y a une croix à porter, portons-la avec joie; s’il y a une peine à essuyer, essuyonsla sans le témoigner; faisons aimer, goûter le service de Dieu par la manière dont nous le servons : Servite Domino in lætitia (1) : Servez le Seigneur avec joie.

(1) Psalm. xcix.

PRIÈRE

Vous servir désormais, à mon Dieu, c'est le sentiment que je vous con sacre en ce moment, et la résolution que je forme pour toute ina vie. Vous servir, c'est là l'homme, c’est la tout l'homme. Hors de la, qu'y a-t-il de solide en ce monde? Vous servir, à vous le plus digne des maitres, le plus sincére des amis, le plus tendre des peres, le plus fidèle de tous les cpoux! Vous servir ; mais, hélas! voudriez-vous encore agréer mes services apres que je les ai si longtemps profanés au service d'un monde trompeur? Vous servir, mais, rendu une fois à vous, vous servir fidélement, vous servir généreusement, vous servir constamment ; c'est là notre gloire et notre bonheur, même dès cette vie : ce sera pour l'autre le gage du bonheur éternel. Voilà mes sentiments et mes résolutions, à mon Dieu! La j'ai faite si souvent de mon inconstance dans votre

triste expérience que , service me fait trembler pour l'avenir. Daignez fixer cette lézereté de mon

esprit et cette instabilité de mon cœur, et par là m'attacher inviolablement a vous pour toujours. Ainsi soit-1l, PRATIQUE.

4° Rappeiez-vous souvent l'oracle de Jésus-Christ, qu'il est impossible dservir deux maîtres.

20 Quand on éprouve quelque chagrin, quelque amertume au service du monde, se dire qu'on a si souvent et si mal servi le Seigneur.

3° Considérer que toutes les créatures inanimées servent à la gloire de Dieu, selon leur destination : abuserons- nous de notre raison et de notre liberté pour nous écarter de ses volontés et de son service ?

4° Penser souvent à tout ce qui nous est revenu de l'attachement que nous avons eu pour le monde, et aux regrets que nous en aurons à la mort.

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