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retirera ; ce flambeau céleste ne jettera que quelques faibles lueurs qui alarmeront, et ne convertiront pas.
Parce que le démon, par une suite d'illusions et de séductions, continuera à tenter et à assaillir le pécheur. en lui représentant sans cesse les images funestes des objets coupables qui l'avaient occupé durant la vie, et qui l'occuperont encore en mourant. Peut-être aussi que la violence de la douleuret de la maladie du corps le mettra hors d'état de penser à la déplorable situation de son âme, et qu’incapable de réfléchir, de rentrer en lui-même, il succombera à la violence de cette douleur. Les sens affaiblis, l'esprit accablé, le corps languissant, quel moyen de penser à la grande affaire qui demande tout l’homme, quand l'homme n'est presque plus qu’un cadavre?
Peut-être même, pour comble de malheur et de punition,
n’aura-t-il ni le temps ni le moment de penser à lui; que quelque accident funeste et imprevu viendra subitement le frapper, et qu'ainsi frappé tout à coup de la main de Dieu il sera transporté, enlevé de ce monde, sans àavoir le moyen de penser qu’il y en à un autre. Que s’il a eu le lemps, la liberté de penser et de réfléchir, n’arrivera-t-il pas, à la vue de tous les excès, de tous les désordres, de tous les crimes où celte malheureuse passion dominante V'aura conduit, que. frappé de son état el de ses horreurs, il entrera dans quelque funeste désespoir, et, comme un autre Caïn, il se dira à lui-même : Non, mon iniquité est trop grande , et Dieu est trop juste pour m en accorder le pardon. Je suis perdu, je suis damné, il n’est plus de Aie pour moi : Major est iniquilas mea (1). Mais, en supposant même qu'il ait le temps, la grâce, la liberté d° esprit, la pensée de se converur, de faire pénitence de revenir à Dieu, cette pénitence sera-l-elle véritable? ce retour sera-t-il sincère? et n’arrivera-t-il pas, par un dernier et plus,redoutable effet de la passion qui le domine et qui l’aveugle, qu'il croira faire une pénitence sincère, et qu’il ne fera qu’ une pénitence fausse, apparente, défectueuse? Hélas! dans ces derniers moments de douleur et d'accablement, est-il aisé de revenir à vous, Ô mon Dieu, de changer tout à coup la disposition d'un cœur, de former de nouvelles affections, après des affections si invétérées, de dominer une passion qui jusqu'alors avait si impérieusement dominé? Est-il facile, sur des ruines si affreuses, d'élever un édifice saint et sac 6? N'est-il pas à
craindre que cette pénitence ne soit défectueuse, que cette
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tions extérieures n’y aient plus de part que la grâce et une véritable douleur, et qu’entin cette pénitence extérieure et édifiante aux yeux des hommes, qui ne voient que les apparences, ne soit qu'une impénitence réelle et consommée à vos yeux, qui sondent le cœur?
Il était juste, Ô mon Dieu! que cette passion qui avait fait le crime de l’homme pécheur durant sa vie vint encore en terminer le détestable cours. O passion dominante, que tu es funeste! mais. ô jugement de Dieu, que vous êtes redoulable ! Et cette passion, je me suis livré à sa tyrannie ; et ce jugement, je me suis exposé à en subir les rigucurs! O mon Dieu! quelles larmes assez abondantes pourrai-je jamais verser sur mon crime et sur mon malheur ?
RÉFLEXIONS ET PRATIQUES
4° Regarder la passion dominante comme le plus grand ennemi que vous ayez en ce monde, et celui qu'il faut combattre avec plus d'ardeur.
2° Quoique vous la combattiez constamment, soyez persuadé qu'elle ne mourra entièrement qu'avec vous.
3° Soyez assuré que, si vous venez malheureusement à vous damner, ce
sera cette funeste passion qui vous damnera.
ke Faites-vous une loi inviolable de vous faire chaque jour quelque violence sur cette passion, |
5° Imposez-vous quelque pénitence toutes les fois que vous vous surprendrez avoir manqué en ce point.
6° Ayez un grand soin de rérrimer ses premiers mouvements dès que vous vous en apercevrez.
Te Offrez de temps en temps quelques communions pour demander à Dieu la grâce de vaincre cette passion.
8° Faites de fréquents examens sur vous-même et sur les effets que cette
passion produit, PRIÈRE.
Préservez-moi, d mon Dieu, d'un malheur qui conduit si infailliblement au dernier des malheurs. Ne me livrez pas au déréglement des passions de mon cœur, et surtout à l'empire et aux excès d'une passion dominante : Ne tradas me desiderio meo peccatori (1). J'en vois tous les dangers et tous les excès, j'en crains souverainement toutes les suites et tous les malheurs. Elle fatte: mais elle aveugle, mais elle perd. Mille démons qui obsèderaient le corps seraient moins à craindre qu'une seule passion qui domine le cœur, Ce n’est pas assez pour moi, à mon Dieu ! de {connaître un ennemi si dangereux; donnez-moi la grâce et la force de le combattre re 1 et de le déraciner entièrement, Que désormais je n'aie plus
autre passion que celle de vous servir, de vous aimer, et de vous consacrer tous les sentiments de mon cœur, Heureux que vous daigniez encore le recevoir après qu'il a été si longtemps profané par le déréglement de mes passions !
(4) Psalm. cxxxIxX.