VINGT-QUATRIÈME LECTURE | SUR LA TIÉDEUR
La tiédeur, dit saint Thomas, est une langueur habituelle dans le service de Dieu. C'est une pesanteur de l'âme à se porter aux choses de Dieu; c’est un relâchement dans les pratiques de piété, c'est comme l'assoupissement de l’âme qui s'endort dans sa négligence et se ralentit dans ses senliments. Me
Cependant, pour ne pas jeter le trouble et l'agitation dans les âmes, il faut supposer que, quand on parle de la tiédeur, on n'entend point parler d’un court espace de temps et d'un
état passager, mais d’un état habituel et d’une disposition ordinaire.
On n'entend point parler d'un intervalle de sécheresse où l'on peut se trouver. La sécheresse peut être un état d'epreuve où Dieu met quelquefois une âme pour la sanetilier: et la tiédeur est un état d’infidélité où elle tombe par sa faute et par sa négligence, |
Entin par la liédeur on n'entend point un état de péché ; la tiédeur peut y conduire, et y conduit souvent en effet: mais par elle-même la tiédeur n'est point un état de péche, du moins de péché grief et mortel.
Rien pour nous de si important que de connaître les marques auxquelles on peut distinguer si on a le malheur de vivre dans un état de tiédeur. Voici les principales, où les autres sont renfermées.
La première marque d’une vie tiède et languissante, c'est de n'avoir qu'un désir faible de son avancement spirituel, et une douleur bien légère de ses infidélités et de sa négligence. C'est un signe que les sentiments de ferveur sont bien aflaiblis dans une âme; et il est indubitable que, tant qu’elle languira dans cet état, loin de faire jamais de grands progrès devant Dieu, elle paraîtra toujours bien imparfaite à ses yeux. Quand on n’a qu'un faible désir pour un bien, on fait de bien faibles eflorts pour l’acquérir; et, ne faisant que de faibles efforts, parviendra-t-on jamais à un bien qui ne s'obtient qu’au prix de la force et de la violence?
Seconde marque : c’est une grande négligence à se vaincre soi-mème, à prendre sur soi, à entreprendre le combat absolument nécessaire contre les sens, les mauvaises inclinations et les diflicultés que présente la vie intérieure : c'est une marque évidente que le cœur est déjà à demi vaineu avant le combat; et comment pourra vaincre celui qui craint de combattre? et sans combat peut-on espérer la victoire? Hélas ! on ne combat souvent alors que contre la grâce, qui rappelle sans cesse, et non contre les vices et les défauts. qui gagnent de jour en jour.
Troisième marque : c'est de ne former pour le bien que des résolutions peu constantes et de peu de durée. Il est naturel de croire qu’une âme qui s'arrête sitôt n'a jamais eu beaucoup de courage pour avancer. Un feu qui s'éteint sitôt était bien peu allumé, L'homme est naturellement inconstant, il est vrai; mais sitôl, mais si aisément, mais si souvent se démentir, que peut-on penser, si ce n’est que la faiblesse intérieure a déjà dégénéré en triste habitudc !
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Quatrième marque de tiédeur : c'est de regarder souvent en arrière, comme déjà fatigué de la course, de jeter souvent les yeux sur le chemin qu'on a fait. et de s'épouvanter de celui qui reste à faire. Le voyageur qui en est là n'est pas fait pour une grande traite: la faiblesse de son courage, bien plus que la difficulté du chemin, arrête ses pas; sa course ne sera pas longue; en prenant si souvent haleine, rarement arrivera-t-il au terme dont il est encore éloigné,
La cinquième marque de tiédeur, c’est de chercher la dissipation au dehors, les amusements, les inutilités dans les objets et les occupations extérieures. Cet épanchement de l'âme au dehors fait juger qu'elle manque d'entretien au dedans, et par conséquent que le principe de la vie intérieure est dans elle bien peu animé et bien peu agissant. Après le péché, peut-être n'est-il rien de si dangereux pour une âme que cette dissipation qui la fait sortir d'elle-même, qui la répand au dehors, qui divise ses forces. Voilà les indices de la tiédeur et les traits qui la caractérisent.
Chacune de ces marques, prise en particulier, doit faire craindre; mais si toutes sont réunies dans une àme, qu’elle ne se flatte point, elle est évidemment dans un état de tiédeur. Si elle languit, si elle persévère dans cet étal, que n'at-elle pas à craindre, et que ne donne-t-elle pas à présumer pour les suites !
S'il est d’une grande importance de connaître les marques de la tiédeur pour se juger soi-même, il est d'une nécessité absolue d’en connaître les causes, pour les corriger et trancher le principe du mal dans sa source.
La première cause de la tiédeur, c’est un grand fonds d'indolence que nous portons dans nous, un amour excessif de nous-mêmes et de nos aises, un éloignement naturel de tout ce qui nous gêne et qui combat nos inclinations et nos goûts. Ce poids d'infirmité, ce fonds de misère qui règne dans nous, penche toujours vers le mal, tend sans cesse au relâchement, et insensiblement y conduit, s'il n'est ranimé et soutenu par les motifs supérieurs qui nous arment contre nous et nous élèvent au-dessus de nous-mêmes.
La seconde, c’est le manque de résolution et de courage pour se donner, s'abandonner tout à Dieu et à l'attrait de sa
grâce. On se ménage, on se réserve, on craint de s'engager
et u’aller trop avant. Cet état tient l’âme en balance entre Dieu et elle-même, de manière qu'elle n’est véritablement ni à Dieu ni au monde; mais elle va comme chancelant, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, flottant ainsi dans un indigne partage et une instabilité continuelle de pensées et de
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sentiments. Ah! si une fois pour toutes on s'était généreusement déterminé d'être tout à Dieu, quel courage n’auraiton pas! quelle liberté, quelle paix ne goüterait-on pas! Faute de cette noble détermination, on traîne , on languit. on passe sa vie dans une espèce d’assoupissement léthargique qui rend incapable de tout sentiment généreux.
La troisième cause, c'est la négligence habituelle des petites choses; c'est un esprit de liberté et d'indépendance qu'on & peine à captiver et à assujetlir à mille observances légères que Dieu exige d’une âme qui veut être à lui. Car, comme de ce côté Dieu est fidèle à lui ménager les secours abondants pour l'aider, la soutenir, l’attirer à lui, aussi exige-t-il d'elle une g;ande fidélité à tous les points de sa loi, etaux choses en apparence les moins importantes. Rien de léger devant Dieu, surtout pour une àme qu'il comble de grâces, et sur qui il a des vues spéciales de providence.
La quatrième cause de la tiédeur, ce sont les fautes réfléchies et les infidélités volontaires. Rien n’affaiblit et n'arrête tant dans les voies de Dieu que ces résistances délibérées. Qu'il nous échappe des fautes de légèreté, de faiblesse, d’inadvertance, nous sommes hommes, c’est un effet de notre mortalité et de notre misère, mais que souvent, de propos délibéré, avec connaissance, malgré le témoignage de la conscience, malgré la lumière présente, on tombe dans des fautes, on se satisfasse, on déplaise à Dieu, voilà ce qui blesse son cœur, ce qui éloigne sa grâce, ce qui affaiblit une âme, et en conséquence ce qui ne peut manquer de la jeter dans un grand fonds de tiédeur envers Dieu, et par là même attirer une espèce de refroidissement de Dieu envers elle. En faut-il davantage pour former cet état de tiédeur ?
Combien d’autres causes de la tiédeur, combien d'ennemis intérieurs et extérieurs combattent contre la grâce d’une sainte frayeur ! De temps en temps on a des désirs, on forme des projets; mais, semblable à un homme endormi qui ouvre les yeux à la lumière et se replonge aussitôt dans ses premières ténèbres, on se rend aussi à son premier état de langueur.
Quand est-ce que nous sortirons du tombeau de cette tiédeur, si désagréable à Dieu, si funeste à l'âme, si opposée à la grâce, si capable de conduire plus loin, de préparer les voies aux plus grands malheurs ?
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MÉDITATION SUR LES TRISTES PROGRÈS ET LES FUNESTES EFFETS DE LA TIÉOEUR.
Pour me former une juste idée de la tiédeur, et me rendre ses tristes effets plus sensibles, je me la représente sous l'i-
mage d'une maladie dangereuse; car, comme l'infirmité est la maladie du corps, ainsi la tiédeur est la maladie de l'âme. Or qu'arrive-t-il dans une maladie? et quels en sont d'ordinaire les tristes progrès dans les divers états du malade : ? Les voici : ils sont bien capables de me toucher et de m’alarmer si je me reconnais dans ce triste tableau :
Etat de faiblesse, état de dégoût, état d’assoupissement et de léthargie, état de langueur et de défaillance, qui conduit enfin dans un état ou danger de mort : image bien triste , mais image bien naturelle de ce que la tiédeur opère si souvent dans les âmes,
Faites, à mon Dieu! quej'en connaisse bien toutel'étendue, toutes les suites et tout le danger. Cette connaissance, animée el soutenue de votre grâce, suflira pour m'en inspirer à jamais une vive crainte et une horreur salutaire,
40 Etat de faiblesse. C’est par là que commence la maladie du corps ; c’est par là aussi que se forme la maladie de l'âme. Onest faible, on se sent abattu, on ne peut presque se soutenir ; on s'efforce, on combat quelque temps; mais enfin la faiblesse gagne : l'abattement est plus grand; on n'est presque plus capable de rien : voilà la tiédeur. Dans les beaux jours de la ferveur, rien ne coûtait, rien ne pesait; tout était doux et léger dans le service de Dieu. Les choses même les plus difficiles devenaient aisées et faciles. Ces beaux jours ne sont plus : de sombres nuages en ont terni l'éclat. La ferveur s’est ralentie, le zèle s’est affaibli; peu à peu la tiédeur s’est formée. Quelque négligence dans les devoirs a commencé à se glisser dans le cœur, quelque relächement dans la piété a aigri la plaie, des infidélités volontaires ont comblé le mal. Le cœur est tout abaltu, tout découragé; et, au lieu qu’autrefois les plus grandes ” choses, les plus grands sacrifices n'avaient rien qui ne l’animât, les choses les plus légères et les moins pénibles n’ont rien à présent qui ne l'étonne et qui ne l’abatte.
N'est-ce pas là mon état? puis-je me le dissimuler devant vous, Ô mon Dieu! Quelle làcheté, quelle négligence dans votre service ! quelle faiblesse quand il faut prendre sur moi, et vous faire quelque sacrifice! Dans certains jours,
quel abattement. quel découragement dans mon âme! toutes mes forces me manquent. Hélas! c’est que je manque moimême à la grâce, qui dans les beaux jours m’animait et me soutenait quand je lui étais fidèle. Ah! qui me donnera, puis-je vous dire avec le saint homme Job, qui me donnera de me trouver dans l'état où j'étais autrefois, quand vous étiez avec moi, et quand votre lumière brillait à mes yeux? Quis mihi tribuat ut sim juxta menses pristinos (1)?
2° Etat de dégoût et d’indifférence. Voilà la maladie de l'âme qui augmente , parce que dans cel état on commence a s'éloigner de Dieu, à perdre le goût de la piété, et à se rendre insensible à l'action de la grâce. Auparavant on s'attachait, on s’affectionnait aux choses de Dicu; on y trouvait une joie ineffable, une consolation indicible : mais peu à peu on se dégoûte, on se lasse, on s'ennuie de tout. Cest ce qu'on vit dans les Israélites dans le désert. La manne était pour eux une nourriture toute céleste; elle renfermait toutes les délices pour contenter tous les goûts : il en était ainsi lorsque Israël était fidèle à son Dieu , et marchait avec ardeur dans la voie de ses commanderients; mais, du moment qu'ilest déchu de sa fidélité et de sa ferveur, la manne n’a plus eu pour lui que du dégoût. Otez, ôtez, disent-ils. cetle viande fade et insipide; notre âme en est dégoûtée : Nauseat anima nostra (2). Triste image d’une âme tiède ! tout la dégoûte, tout lui devient insipide, tout lui est onéreux. On fait une prière : mais elle paraît longue , le temps dure, on en attend la fin. On fait une pénitence :. mais il en coûte pour s'y résoudre, on a mille prétextes pour s’en dispenser. On approche des saints mystères : mais on le fait plus rarement; on le fait parce qu’il convient de le faire; mais on le fait sans onction, on est tenté de s’en éloigner; on s'éloigne, on diffère autant qu’on le peut : Nauseat.
N'est-ce pas ce qui m'arrive, ce que j’éprouve depuis un temps ? Rien ne m'affectionne dans le service de Dieu ; tout me devient insipide et à charge: partout je ne trouve que dégoût et qu'indifférence; plus d’attrait pour la piété, plus d’ardeur pour le bien, plus de désir de ma perfection.
Funeste dégoût! état déplorable pour un malade! Aussi comment le regarde-t-on, et quel est le nom qu'on lui donne ? Un dégoût mortel. Quel triste présage pour l'avenir! Et ce dégoût des choses de Dieu, qu’annonce-t-il à mon âme, si elle y persévère? Ne le permettez pas, à mon Dieu! failes-lui encore goûter les douceurs de votre service, et ne
(4) Job, xx1x. — (2) Num. xx.
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Troisième état, d’assoupissement et d'une espèce de lethargie. C’est ce qui arrive aux malades : après qu'ils ont été quelque temps dans cet état de faiblesse et de dégoût, ils tombent enfin dans un état d’assoupissement et d'insensibilité. Ainsi en est-il encore de l'âme; quand on à passé un temps considérable dans la tiédeur et la lâcheté, on n’en est presque plus touché, on s’y rend insensible. Autrefois on éprouvail des remords salutaires:; on entendait la voix intérieure qui rappelait ; les sages avis, les exemples édifiants touchaient le cœur et faisaient de vives impressions. À présent on est comme impénétrable à tous les traits de la grâce ; rien ne touche, rien ne frappe. Le mal est si grand, qu'on ne le sent presque plus, et qu’on n’en connaît pas le danger.
En est-on une fois venu là, se trouve-t-on plongé dans cet état d’assoupissement spirituel, dans cette espèce de léthargie, on ne saurait dire dans combien de fautes on tombe, quel nombre innombrable d’infidélités on commet. Toute la journée, toute la vie n’est presque plus qu'un tissu continuel d'omissions, de négligences, de résistances, presque sans les connaître; encore moins pense-t-on à se les reprocher. On est à son oratoire, on s'examine; on ne trouve rien. Ah! mon Dieu, si vous présentiez à cette âme un miroir fidèle de ce qu’elle est, que de fautes dont elle est coupable ! que de vers rongeurs dont elle est déchirée! Dans son esprit, que de pensées inutiles, de pensées étrangères, de pensées dangereuses, que de vanités, de curiosités, de légèrelés! Dans son cœur, que de sentiments, que d’affections, que de répugnances, que d’attachements, que d’antipathies! Dans ses sens, que de dissipations, de sensualités, de satisfactions toutes naturelles! Dans ses actions. dans toute sa conduite, que d’imperfections. de motifs tout humains, de retours d'amour-propre! Oh! que le progrès de cette maladie est funeste!
Ce triste tableau se présente à mes yeux, jy vois celui de mon âme; et puis-je ne pas me reconnaître à ces traits? N'est-ce pas l’élat de la maladie dont elle est atteinte? Je fais des fautes , el je n’en suis point touché; j'abuse de bien des grâces, et je n’en suis point affligé ; je vois le danger, et je n’en suis point alarmé. Rien ne me tire de mon état, tout me laisse dans mon assoupissement et ma léthargie. Depuis longtemps je me dis tout cela, et depuis longtemps je languis toujours dans le même état : quelles en seront les suites, si je ne tâche pas de les prévenir?
Quatrième état, Le mal augmente toujours. il est bientôt à son comble, Après que le malade est tombé dans cet état de faiblesse, de dégoût et d'assoupissement, il tombe entin dans un état de langueur et de défaillance qui approche de l'état de mort : voilà le dernier symptôme de la maladie. voilà le dernier période de la tiédeur : l’accablement et la défaillance de l'âme. On tombe, on dépérit, on se sent comme défaillir : pourquoi cela ? Parce qu'après tant de grâces négligées, lant de secours stériles, tant de résistances accumulées, Dieu semble se retirer, et retire en effet ses grâces précieuses et privilégiées, c’est-à-dire que, d'une part, l'ame tiède se degoûte de Dieu, et, de l'autre, Dieu commence à se dégoûter de l’âme tiède : l’âme se refroidit envers Dieu, et Dieu se refroidit envers elle; l'âme tiède n’a plus pour son Dieu que langueur et qu’insensibilité, et réciproquement Dieu semble n'avoir plus pour elle qu'une espèce d’'indifférence.
O mon âme! à âme infidèle! voilà ton Dieu qui se cache à tes yeux dans un triste nuage; mais du sein de ce sombre nuage j'entends sortir cet orage, ou plutôt ce terrible anathème: Utinam frigidus esses (1)! Ce n’est qu’en tremblant qu'on médite ces redoutables paroles. Mais enfin c’est l’'Esprit-Saint qui les a prononcées: pouvons-nous les dissimuler, et ne pas en considérer toute la profondeur ? Utinam frigidus esses ! sed quia tepidus es, incipiam te evomere ex ore meo. C'est vous-même, Ô mon Dieu! qui parlez à une âme tiède: et que lui dites-vous? Il eût mieux valu pour toi que tu fusses tombée dans un état de froideur ; mais, parce que tu languis dans un état de tiédeur, voici que je commence à te rejeter loin de moi, par le soulèvement que tu provoques à mon cœur : incipiam te evomere. Voilà un Dieu soupirant, un Dieu gémissant sur le déplorable état de cette âme : il fait entendre des accents lamentables sur son sort. À ses yeux , un élat de péché, un état de mort serait en quelque manière préférable à cet é'at de tiédeur; parce que cet état de péché la toucherait, la pénétrerait; elle serait alarmée, elle tremblerait en se voyant sur le bord de l’abîme; elle verrait le tombeau et l'enfer ouverts sous ses pieds. A la vue de ces grands objets, de ces spectacles terribles, elle rentrerait en elle-même, elle reculerait d'horreur, et reviendrait sur ses pas. Frappée de son état, elle aurait imité les saints pénitents, les soupirs d’un David, les pleurs d'une Madeleine ; une vive componclion aurait consacré les sentiments
{1) Apoc., mt.
de s0 ne VO désor ne pe état, même quelq en ne glant tiédeul cher 0 que d dange dans de se vénie se soi positi on se dange deur!
Ah nous intéré drion
Jen nes'ét aujour
je v cœur, depuis les se!
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se cache * sombre ible anaremblant est l’Esdissimunam fri- C Ore ine0.
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L'AME ÉLEVLE A DIEU, 195
de son cœur pénitent. Au lieu que dans cet état de tiédeur, ne voyant dans elle aucun de ces péchés grossiers, de ces désordres marqués, elle se rassure, elle se tranquillise, elle ne pense point à la nécessité du retour, elle vit dans cet état, elle y languit, elle s'expose à y mourir, peut-être même à tomber dans quelque faute mortelle, et à faire quelque chute déplorable, en ne veillant pointsur elle-même, en ne se tenant point en garde contre la tentation,en s’aveuglant elle-même sur le danger. Car entin, dans cet état de üédeur, on continue à fréquenter les sacrements, à s'approcher des redoutables mystères; et n’y a-t-il point à craindre que dans cet état de ténèbres, dans quelques tentations dangereuses, dans quelques occasions criliques, surtout dans certains points, dans certaine matière où il est si aisé de se tromper, où l'intervalle entre le péché mortel et le véniel est si imperccptible, n'y a-t-il pas à craindre qu’il ne se soit glissé dans le cœur quelque sentiment, quelque disposition qu'on n’aura point crue criminelle, et sur laquelle on se sera malheureusement rassuré? car voilà le terrible danger auquel on s'expose en vivant dans cet état de tiédeur?
Ah! Seigneur, quand est-ce donc que nous rentrerons en nous-mêmes, et que nous ouvrirons les yeux sur nos vrais intérêts ? Vivrons-nous toujours dans un état où nous craindrions de mourir ?
PRIÈRE
Je ne l'avais jamais compris, d mon Dieu ! jamais ces réflexions sérieuses ne s'étaient présentées à mon esprit dans un si grand jour : vous m'éclairez aujourd'hui, et, m'éclairant, vous m'alarmez. |
Je vais donc rentrer dans moi - même, sonder les dispositions de mon cœur, et, sil est nécessaire, faire une revue salutaire de ma conscience depuis le temps que je gémis dans cet état de tiédeur. soit pour ranimer les sentiments de mon âme toute languissante, soit surtout pour réparer ce qu'il pourrait y avoir de défectueux dans la fréquentation des sacrements durant tout ce temps de nuages. Aidez-moi, à mon Dieu! arrachez-moi à ma lâcheté naturelle. Prenez-moi et conduisez-moi par la main dans la nouvelle route que vous m'ouvrez, et que je veux suivre jusqu à la mort. Le temps, quoique saintement employé, ne sera pas trop long
our gémir sur mes infidélités, pour fermer les plaies que la tiédeur a aites à mon âme, pour réparer les pertes déplorahles que j'ai faites durant ce temps d'illusion. Vous avez gémi, à mon Dieu! sur l'état de mon âme quand elle s’oubliait, soyez encore lus touché sur elle quand elle revient et qu'elle sent sa misère! Elle à infirme et malade, vous le voyez: accomplissez dans elle la sainteté de votre oracle! infirmata est (1). Vous
ouvez, Dieu de bonté, lui rendre toute sa force et la rendre à sa première
erveur : elle le désire, elle vous le demande, elle l'espère de votre bonté : lu vero perfecisti eam.
(1) Psalm. xx vit,
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