‹ L'âme élevée à Dieu [microforme]Chapitre 58 sur 119 · SUR LE SCANDALE · texte numérisé non relu

SUR LE SCANDALE

Quelque idée que nous nous formiops du scandale, jamais nous ne pourrons comprendre toute l'horreurqu'ilrenferme, Péché détestable, qui s'élève tout à la fois et contre Jésus- Christ, dont il renverse l'ouvrage, et contre l'Eglise, dont il fait l’'opprobre, et contre les âmes, dont il cause la perte. Vous l'avez dit, adorable Sauveur, et l’oracle s’accomplit tous les jours : Malheur au monde à cause de ses scandales! Væ mundo a scandalis (1 )!

4° Pourquoi? Parce que le scandale s’élève contre Dieu, dont il attaque la gloire. Tout péché a cela de commun avec le scandale, il est vrai; mais ce que le scandale a de propre et par-dessus les autres péchés, c’est qu’il s’élève contre | Dieu d’une manière plus ouverte et plus déclarée. Les autres péchés se tiennent comme ensevelis dans l'horreur des ténèbres qui les ont enfantés; mais le scandale lève hautement le masque, et ose se montrer au grand jour. Dans les autres péchés, on semble garder encore quelques mesures, el se prescrire quelques bornes dans leurs excès; on a encore quelque respect pour la grandeur souveraine de Dieu, quelque crainte de sa justice; on se trouble, on tremble, on

ui

rougit; au lieu que le scandale foule aux pieds toutes les .

lois, et semble étoufler tous les sentiments que la religion, les

la raison, la pudeur, avaient inspirés ; il semble s'armer Et

d'audace contre le Tout - Puissant: et voilà ce qui blesse les être

intérêts de Dieu les plus chers, les intérêts de sa gloire, le d

parce que c’est ce qui fait blasphémer son saint nom. Dés- les

ordre éclatant que l’Apôtre déplorait si amèrement : Blas- aut

phematur inler vos regnum Dei (2). Blssphème contre sa sain- esf

teté. que le scandale déshonore ; blasphème contre sa misé- de

ricorde, dont il abuse; blasphème contre sa.providenee,

qu’il fait révoquer en doute. Tant que le pécheur craint en- s'é

core et se cache, il sent qu'ila un maître et un vengeur; sa pa

| crainte est encore un hommage forcé qu'il lui rend ; cette de rougeur qui monte d’abord au visage quand notre faute vient en à la connaissance des hommes, est une espèce d’amende ho- po norable que nous faisons à Die:! malgré nous. Mais cette al

(4) Matth., xviur. — (2) Rom., vi.

le, Jamais enferme.

re Jésusise, dont la perte.

accomplit andales !

tre Dieu, mun avec 1e propre e Contre es autres ir des té- ‘e haute- Dans les >sures, el a encore eu, quelnble, on putes les religion, s'armer lesse les \ gloire, mm. Dést : Blas- Sa saina Miséidenee, int eneur; Sa l; cette te vient nde hois cette

crainte, cette pudeur est-elle étoutlée, le DePIQUE rene tète levée; il semble triompher dans le péché, et s'en pie même une gloire. N'est-ce pas là ajouter le eprs à aus dace? Mon Dieu, quel erime dans 1 homme ! etque cer pour votre gloire ! Est-il possible que des ss a qu e vraient s'aider, s’animer à vous servir, contri ue mu se lement à leur perte, et se prennent, pour ainsi dire, par main, pour se précipiter dans l'abtme ? | — 2° Malheur au scandale! Pourquoi ? Parce qu'en s : eva contre Jésus-Christ, il renverse autant qu'il esl en ; ire ouvrage. Jésus-Christ était venu sur la terre pour y € ab Fe le règne de Dieu, faire adorer son saint nom, Apiee a crainte et l'amour de Dieu, faire respecter la vertu, € one et détruire l'empire du vice : c’élait là sa mission « à e bu de tous ses travaux. Le scandale a alléré son ou .. na arrêté les progrès, en a comme renversé le saint éd de sn autorisant le crime, en intimidant la vertu. Ainsi, adora le Sauveur, vous serez descendu sur la terre, vous aurez pose parmi nous une vie de douleur, vous aurez Se A course sur une Croix, Vous aurez versé jusqu'à la lernière soutte de votre sang, et tout cela dans la vue de CRRSQNURRF votre ouvrage; et le scandale, ennemi de votre sutes à s'opposera à toutes vos vues, arrêtera les er de us miséricorde, et, autant qu’il esl en lui, anéantira e mys! ee de votre croix, rendra stériles les mérites de votre passion, arrachera de vos mains, et comme de votre sein, des âmes qui vous avaient coûté si cher, et pour lesquelles are versé votre sang! Aussi l’Apôtre ne craint-il pas de ire que les scandales sont comme autant d antechrists sur la as Et nunc antichristi multi (1). En eflet, si l'Antechrisl : on être un jour regardé comme tel parce qu'il portera pat . le désordre, la désolation, le scandale, ceux qui Lui prépai de les voies, qui engagent au crime, ne sont-ils pas comm: ù à imé ffle, possédés de son autant d’antechrists, animés de son souffle, p sr esprit, et par là ne en tout à l'esprit et aux sentiments ssus-Christ même : | :

"+ Hate encore au scandale ! Pourquoi? Parce qu'il s'élève contre l’Église dont il est l'opprobre. ORNE QE pables de ce crime, que faisons-nous par le désordre el de notre conduite? Nous devenons un sujet de scanda e de enfants de cette mère commune: 4dversus filium matr ol de ponebas scandalum (2). Eten devenant un sujet de Me ale aux enfants, quelle douleur ne causons-nous pas à la mère '

(1) Joan., 1. — (2) Psalm. xLIx.

quelle plaie ne faisons-nous pas À son cœur! Par nos scan. dales nous avilissons son autorité, nous décrions ses pratiques, nous rendons stérile son ministère, nous portons le trouble et la désolation dans ses membres, et si on demande pourquoi cette cité sainte est désolée, ses habitants dispersés, ses places publiques couvertes de deuil, son hérilage dissipé, les pierres de son sanctuaire abaitues, on pourra dire que l'homme de scandale en a terni l'éclat, altéré la joie. et, autant qu'il a été en lui. ébranlé l'édifice jusqu'aux fondements : en un mot, la guerre la plus dangereuse que l'enfer ait suscitée à cette Eglise sainte, c’est la corruption des mœurs qu'il a fait glisser dans tous les élats par le moyen des scandaleux et par la séduction du scandale. Voila le glaive de douleur qui a plongé son cœur dans la plus grande amertume. et qui tous les jours encore excite la voix de ses plaintes. C'est une mère désolée, une Rachel éplorée, qui gémit sur la mort de ses enfants : Rachel plorans filios suos ; et qui refuse toute consolation, parce que ses enfants ne sont plus: Noluit consolari, quia non sunt (1). Tels sont les scandaleux : fils ingrats envers une tendre mère qu'ils ont aflligée, ou plutôt vipères envenimées, qui ne sont dans son sein que pour la déchirer.

4° Malheur donc au scandale! Pourquoi encore? Parce que, par un désordre qui comble tous les autres désordres. il s'élève contre les âmes, dont il cause la perte, O Israël! disait le prophète accablé de douleur, qui me donnera des paroles de feu et des larmes de saug pour pleurer les morts d’entre les enfants de mon peuple, interfectos populi mei (2)? Perdre les âmes, devenir le séducteur, le meurtrier des aimes, précipiter des âmes dans le sein des enfers, quel erime ! quelle horreur! Enlever les biens à un homme. quels qu'ils puissent être, c’est un péché; lui ravir son honneur. c'est un forfait; lui arracher la vie, lui enfoncer un poignard dans le sein, c'est un at!entat dont la seule pensée fait horreur, et dont les monstres d'humanité seuls sont capables; mais que sera-ce donc de lui enlever, non des biens terrestres, non une répulalion fragile, non une vie périssable. inais de sacrifier, d’immoler, de petdre son âme! Ah! si votre frère a péché envers vous, prenez-vous-en à ses biens, à sa fortune, mais ne portez pas le trait empoisonné jusqu'à son âme et à son salut : Verumtamen animam illius serva (3). Perdre les âmes, celte pensée étonne, alarme et consterne : n'est-ce pas là faire l'office du démon, se constituer son or-

(1) Matth. 1. — (2) Jerem., 1x. — (3) Job, 11,

ane les saUvY extré prêts sang “ner perv perl ibit dales Mall regr asse vous frèr lève cab sen dés.

OS sCanses praortons Je demande S disperhérilage N Pourra alléré Ja usqu'aux ‘euse que rruption le moyen . Voila le 1S grande IX de ses prée, qui lios suos :

Snesont les scanont afflians son

2? Parce ésordres.

O Israël!

inera des les morts i mei (2)?

rier des rs, quel ne, quels lonneur, Doignard fait horapables ; ens terrissable, | Ah! si :s biens, jusqu’à ervu (3).

isterne :

SOb or-

gane, devenir l'émissaire cet l'instrument de l'enfer? Hélas! les ministres de Jésus-Christ, les nouveaux apôtres, pour sauver des âmes, se transportent au delà des mers, aux extrémités de la terre, dans des régions sauvages et barbares, prêts à les arroser de leurs sueurs, de leurs larmes et de leur sang, et cela pour une seule âme, s'ils espéraient de la gasner à Dieu; et un scandaleux, par ses scandales, séduira, pervertira, plongera des millions d'âmes dans les enfers. fl périra donc, ce frère pour lequel Jésus-Christ est mort : Peribit pro quo Christus mortuus est (1), et ce sera à vos scandales qu'il devra, qu'il pourra attribuer sa perte éternelle. Malheureux! craignez-vous donc de n'avoir pas assez de regrets au dernier de vos jours ? craignez-vous de n'avoir pas assez d’accusateurs devant Dieu, assez de bourreaux qui vous tourmentent dans les enfers? Faut-il encore que vos frères, que vos frères mêmes, que vous aurez perdus, s’élèvent un jour contre vous, que comme autant d'implacables furies ils s'acharnent à aigrir vos tourments, et versent dans votre cœur une partie du fiel que la fureur et le désespoir auront distillé dans le leur ?

MÉDITATION SUR LE MÊME SUJET

Si j'ai quelque amour pour vous, à mon Dieu! si quelque zèle pour votre gloire m'anime, combien ne dois-je pas gémir de vous voir si souvent, si grièvement offensé par le scandale ! mais surtout, avec quelle douleur ne dois-je pas déplorer les scandales que je puis avoir moi-même donnés! La voix de votre sang s'élève peut-être ici contre mot et contre mes scandales; j'implore celle de votre grâce et de votre grande miséricorde, pour en gémir sincèrement et en obtenir le pardon, dans la résolution absolue où je suis de les éviter dans la suite, et, autant qu'il sera en moi, de les réparer.

PREMIER POINT

Considérons, Ô mon âme! combien le scandale est commun dans le monde, afin de nous mettre en garde contre la séduction.

Combien de scandales dans le monde, à mon Dieu! eten combien de manières ne les donne-t-on pas ! Quel déluge

(4) 1 Cor., vu.

d'iniquités sur la terre! Ne dirait-on pas que les hommes ne vivent ensemble que pour se perdre mutuellement et se

donner la mort éternelle par leurs scandales? On le donne

dans tous les temps, dans tous les lieux, dans tous les élals,

el en toutes les manières.

On le donne dans ces discours libres qui présentent sans déguisement le venin, ou dans ces discours équivoques et à double sens qui ne le déguisent que pour le rendre plus subtil, et par là même plus dangereux. Peut-on ignorer que, par la dépravation du cœur humain, toute parole à

ouble sens est ordinairement prise dans le mauvais?

On le donne dans ves livres pernicieux où, selon le prophètle, la mort entrant par les yeux, se glisse insensiblement dans les âmes. On ne s'en aperçoit pas, et le poison a déjà déchiré les entrailles. Combien d'âmes ont fait à cet écueil un funeste naufrage !

On le donne dans ces tableaux indécents, dans ces peintures qu’on étale aux yeux de la passion, et qui, à la honte du christianisme, sont souvent l’ornement des appartements chrétiens.

On le donne dans ces airs évaporés, dissipés et mondains. dans ces manières peu réservées, dans ces modes, ces parures immodestes et peu décentes, souvent tristes indices et derniers soupirs d’une pudeur expirante.

On le donne dans ces maximes perverses qu'on débite. qu'on répand, qui se perpétuent, et qui font dans les âmes des plaies qui saigneront peut-être à jamais.

En quoi et comment donne-t-on le scandale? Hélas ! disons-le, en quoi et comment ne le donne-t-on pas! On ie donne à dessein formé, voyant bien qu'on le donne, et meltant en œuvre des moyens qu’on sait bien devoir le produire. On le donne dans le temps et dans les occasions où par l'emploi on est spécialement obligé de l'empêcher et de le proscrire. On le donne dans le temps et à ceux-là mêmes à qui on est obligé par état de donner l'éducation et l'exemple.

Mon Dieu! juste Dieu! de quel œil voyez-vous de tels crimes, et cependant des crimes si communs dans le monde ? Hélas! je déplore le scandale dans les autres, j'en gémis. j'en ai horreur, et que n'ai-je pas à me reprocher à moimême! Combien ne me trouverais-je pas coupable et responsable en ce point, si je m'examinais sérieusement devant vous, Ô mon Dieu! si j'entrais en jugement avec moi! Combien de fois n’ai-je pas laissé échapper devant les autres des paroles peu réservées et peu mesurées !

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L'AME ÉLEYÉE A DIEU. 185

Combien de fois, dans les entretiens, n'ai-je pas badiné et tourné en dérision les personnes de piété !

Combien de fois n’ai-je pas fait des railleries indignes et peu décentes sur certaines pratiques de dévotion et de religion !

Combien de fois, dans des manières trop libres et peu réservées , n'ai-je pas donné occasion à l'ottense de Dieu! Dans les églises, ai-je toujours été avec la modestie et le respect convenables ? Dans le précepte de l'Eglise, ai-je toujours observé sans respect humain la sainteté de la loi?

Combien d'âmes peut-être n'ai-je pas, ou engagées au mal, ou arrêtées dans la pratique du bien! Hélas! peut-être y a-t-il quelque àme dont j'ai occasionné la perte, et dont j'aurai à me reprocher le malheur ! Quel sujet, Ô mon Dieu, de gémir devant vous!

SECOND POINT

Considérons quel est le malheur de ceux qui donnent aux autres des sujets de scandale, et quel redoutable poids de vengeance ils attirent sur eux. Pour le comprendre, à mon adorable Sauveur! faut-il entendre d'autre anathème que celui que vous avez vous-même prononcé ! Væ mundo a scandalis! Malheur au monde à cause de ses scandales! I est nécessaire qu’il arrive des scandales dans le monde; mais malheur à celui par qui viendra le scandale! Il eût mieux valu pour lui qu'attaché à une pierre il eût été précipité dans le fond des mers. Pécheur scandaleux! ajoutez-vous, tu as causé la perte de ton frère, voilà la voix de son sang qui s'élève contre toi; c'est ce sang que je te demanderai un jour, je t'en rendrai à jamais responsable ; lu en rendras compte âme pour âme : Sanguinem ejus de manu tua :zu:ram (1). Ce sont à présent des jours de ténèbres où l'iviaie croît avec le bon grain; mais viendra un jour, le jour des vengeances, où jJ'ordonnerai à mes anges, ministres de ma colère, de ramasser tous les scandales qu désolaient mon royaume : Colligent de regno omnia scandala (2). Ils les lieront en faisceaux pour être jetés dans le feu: /n fasciculos ad comburendum.

Mes enfants, disiez-vous encore à vos chers disciples, votre main droite vous est nécessaire; votre œil vous est précieux ; mais, je vous le dis en vérité, si votre main droite, si votre œil est pour vous un sujet de scandale, n'hésitez

(t) Ezech., xxxuis, — (2) Matth., xut

EEE SENTE De ES

pas; retranchez cette main, arrachez cet œil; il vaut mieux pour vous entrer dans le ciel ayant perdu un œil où une main, que d'avoir vos yeux et vos mains, et d’être précipités dans les feux éternels.

Que pouviez-vous, à mon Dieu, dire de plus formel et annoncer de plus terrible contre le scandale? Et ce qu'il y a d'étonnant, c'est que malgré cela il y ait des scandales dans le christianisme ; c'est que le scandale augmente encore tous les jours dans le monde; c'est qu’à peine se reconnaiton coupable de scandale, à peine pense-t-on à s'en accuser au sacré tribunal, Mais ce qu'il y a de triste et de déplorable pour moi, c'est d’avoir été si souvent coupable moi-même

. du péché de scandale; et, si je n'en gémis pas, c’est sur

moi que tombera ce terrible anathème.

Je ne connaissais pas toute l'horreur de re crime, à mon Dieu ! vous venez de me la faire connaître ! Quelle confusion, quel regret doit-il exciter dans mon cœur, puisqu'il outrage si sensiblement le vôtre! Si j'en avais connu toute l'énormité, n'en aurais-je pas évité l'occasion ? et n’en aurais-je pas craint jusqu’à l'ombre ? et, outre le poids de mes propres péchés, aurais-je voulu encore me charger du poids des péchés des autres ?

TROISIÈME POINT

Quelle est l'obligation, et quels sont les moyens de réparer le scandale? C'est un grand crime et un grand malheur de donner des sujets de scandale ; mais c’est aussi une obligation indispensable de le réparer après l'avoir donné : obligation si absolue, que sans cela le scandale ne sera jamais pardonné, qu'il réclamera toujours devant Dieu, qu’il criera sans cesse vengeance contre celui qui l'a donné, et qu’il sera contre lui un titre de condamnation et de réprobalion éternelle, si, pouvant le réparer, il a négligé de le faire. Je sens toute mon obligation, à mon Dieu, en ce point: mais quel moyen à présent de réparer les scandales que j'ai donnés dans ma vie? La plaie est faite : quel moyen de la fermer ? le poison est répandu : quel moyen d'en arrêter le venin et le cours? Ah! si le regret suflisait pour cela, de quel regret, de quelle douleur mon cœur n'est-il pas pénétré à la vue et au souvenir des scandales que je puis avoir causés! Mais non, je comprends, à mon Dieu ! que vous demandez autre chose de moi ; qu'autant que je le pourrai je dois nonseulement déplorer le scandale, mais le réparer. Voici donc à quoi je m'engage, et que je tàcherai de pratiquer, pour

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RÉSOLUTIONS ET PRATIQUES

4e Je me condamnerai à une vie régulière, édifiante, exemplaire, capable d'effacer les impressions funestes que peut avoir faites dans les autres la vie peu régulière et peu chrétienne que j'ai menée jusqu'à résent.

| 2 Je tâcherai de porter les autres au bien, de les engager à la pratique de la piété ; je prendrai et emploierai pour cela tous les moyens que mon état pourra me permettre. Si j'ai éloigné des âmes de votre service, ne dois-je pas faire tous mes efforts pour en ramener à vous ?

3° Je prierai souvent, et spécialement pour les âmes auxquelles j'ai donné sujet de scandale. Je demanderai pour elles toutes les grâces que je désire obtenir pour moi-même. te

4° Dans les occasions, je ne craindrai, je ne refuserai pas de condamner devant les autres ma vie passée, et, s'il le faut, de faire comme une amende honorable de ma conduite. 11 m'en coûtera: mais quand on veut se sauver, comme il me parait que je le désire, on ne regarde pas ce qu'il en coûte, mais ce que l'on doit. Si j'ai eu le malheur de précipiter quelque âme dans les enfers, je l'ai mérité moi-même, A cette vue qu'ai-je à ménager? qu'ai-je à craindre” Les terribles jugements de Dieu sur le sCandale ne doiventeiis pas bannir de mon cœur toute autre crainte ?

PRIÈRE

Quel crime que celui du scandale, à mon Dieu! quelles horreurs ne présente -t-il pas à vos yeux! Et voilà cependant le crime dont j'ai été si souvent coupable moi-même. Par où pourrai - je réparer mon malheur, et satisfaire à votre gloire outragée? Ah ! Seigneur, ayez pitié de mon àme; son péché l'afllige et l'alarme: votre grâce lui inspire ces sentiments : elle ose donc encore espérer le pardon, et vous promettre une vie plus chrétienne et plus exemplaire. J'en vois la nécessité ; aidez-moi à en produire les fruits.

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