‹ L'âme élevée à Dieu [microforme]Chapitre 63 sur 119 · MÉDITATION SUR LES SACRIFICES JOURNALIERS · texte numérisé non relu

MÉDITATION SUR LES SACRIFICES JOURNALIERS

Il n'est point de jour dans la vie où il n’y ait quelque sacrifice à faire; et souvent chaque jour en présente plusieurs à offrir. Si nous savions en profiter, quel fonds de mérites ne pourrions-nous pas acquérir! Faudrait-il autre chose que ces sacrifices journaliers pour nous rendre saints, et grands saints ?

Je viens vous les offrir, Ô mon Dieu, et vous demander la grâce de vous les offrir d'une manière digne de vous. Apprenez-moi à puiser dans cette source abondante de mérites. Je n'en ai négligé la pratique que parce que je n’en connaissais pas le prix.

PREMIER POINT

Que d'occasions de mérites ne nous ménagez-vous pas, Ô mon Dieu, dans le cours de la journée! Vous nous offrez à tous les instants des trésors, et nous les perdons, et nous permettons que notre négligence vienne nous les ravir. Dans le cours ordinaire de la vie on a des chagrins à es-

suyer, vifs, d prése l'âme , tesse € pour K que di jusqu On« des de de gê des S receve aulan contr drait inqui était 1 cela , l'éter Da traite la do la pa avec

S'lyaun défiance, e dans les en exiger iction que éparer Je u pardon

létestez-les,

cet orgueil Onfiance en

y ni s'impa- Courir humncérité est satisfaction, son amour-

elque saplusieurs érites ne hose que Ù grands

ander la . Appremériles.

en con-

IS pas, Ô offrez à et nous Lvir.

ns à es-

és. Après

suyer, des croix à porter. Parmi ces chagrins il y en a de si vifs, de si sensibles, de si douloureux, qu'ils sont toujours présents, qu'ils répandent une amertume continuelle dans l'âme, qu'ils font passer tous les jours de la vie daus la tristesse et le deuil, Mon Dieu! si on savait les mettre à profit pour le ciel, et vous les offrir à mesure qu'ils se présentent, que de sacrifices de bonne odeur s'éléveraient chaque jour jusqu'à vous!

On est dans un état, et dans chaque état il y a chaque jour des devoirs à remplir; parmi ces devoirs il y en a de pénibles, de gênants, de bien onéreux. Il y a des bienséances à garder, des soins à prendre, des attentions à donner, des visites à recevoir et à rendre; mille occupations, assujettissements, autant d'inquiétudes et d’embarras. I faut rompre sa volonté, contrarier ses inclinations, faire souvent ce qu'on ne voudrait pas, ne rien faire de ce qu'on voudrait : tout cela gêne, inquiète, souvent ennuie et accable. Mon Dieu, si tout cela était pris dans vos vues et selon votre esprit, combien tout cela, offert dans chaque moment, pourrait-il mériter pour l'éternité !

Dans la société et le commerce de la vie, on à à vivre, à traiter avec des caractères les uns raisonnables et faits pour la douceur de la société, mais les autres faits pour exercer la patience et rendre la vie onéreuse. Cependant il faut vivre avec Lous, et avec tous conserver la paix et la charité. Or, pour en venir là. que n’en coûte-t-il pas, que ne faut-il pas prendre sur soi chaque jour ! que de violences à se faire ! que de sentiments à réprimer! que de choses à dissimuler! que de mauvaises manières à essuyer! en un mot, que de sacrifices à faire, d'autant plus pénibles, que ce sont des sacrifices de chaque jour, souvent de toute la vie!

Vous permettez, à mon Dieu! que nous nous exercions les uns les autres, que nous soyons mutuellement notre croix, que nous nous rendions la vie triste, les jours pénibles : dans les vues de votre providence, tout cela devrait servir à notre sanclification, et, par le mauvais usage, ou plutôt par l’abus que nous en faisons, tout cela ne sert qu’à notre tourment et à notre condamnation. Les uns sont la croix journalière des autres ; et tous contribuent à se rendre également malheureux et criminels tous les jours de la vie, par cela même qu'ils pourraient se rendre saints el heureux.

Et, sans sortir de nous, sans chercher au dehors des occasions de sacrifices, combien n'en trouverions-nous pas dans nous-mêmes! combien d'épines naissent chaque jour 9*

CP Se 12 EE

Page 1