‹ L'âme élevée à Dieu [microforme]Chapitre 66 sur 119 · SUR LES DÉSIRS DU COEUR · texte numérisé non relu

SUR LES DÉSIRS DU COEUR

Le cœur de l’homme est un fonds inépuisable de désirs, et les désirs sont un fonds inépuisable d'inquiétudes et d'agitations. L'homme forme des désirs pour être heureux, et ses désirs font en partie son malheur.

Je trouve quatre sources inlarissables d'inquiétudes dans nos désirs : leur multitude, leur étendue, leur vivacité, leur contrariété. Ils nous accab'ent par leur multitude; ils nous égarent par leur étendue; ils nous transportent par leur vivacité; ils nous déchirent par leur contrarièté. Homme aveugle! fallait-il pour cela former tant de désirs ? Était-ce là la source où il fallait puiser le bonheur ?

4° Multitude de désirs : chaque instant en voit naître un nouveau, qui avait été précédé par un autre, et qui en voit bientôt naîlre un troisième après lui. Ce sont des flots sans nombre qui, se succédant sans cesse, tiennent le cœur dans une agitation continuelle ; ce sont des épines qui semblent naître incessamment sous nos pas; ce sont des vers rongeurs qui naissent dans l’âme, et qui la déchirent à tous les instants. Quelle foule de désirs ne forme-t-on pas! désirs vagues ét indéterminés, désirs flottants et incertains, désirs bas et honteux, désirs capricieux et bizarres, désirs chimériques et insensés, désirs criminels et funestes. Vous le savez, Ô cœur agité! et peut-être une triste expérience vous en a-t-elle plus fait sentir que tous les discours; vous avez formé des désirs sans nombre, et ces désirs, à quoi ont-ils abouti ? Ils vous ont occupé; ils vous ont troublé, ils vous ont agité; après quoi ils se sont dissipés. Voilà tout ce qui vous en reste : et si quelquefois ils ont été remplis, n'est-il pas arrivé, par un juste jugement de Dieu, que, loin de vous satisfaire, ils sont devenus pour vous une nouvelle source d’inquiétudes et de chagrins ? Terrible punition d’un cœur à qui Dieu ne suffit pas, ou qui ne veut pas chercher son bonheur dans Dieu.

20 Etendue de désirs : car, comme ils sont sans nombre, ils sont encore sans bornes : jusqu'où ne les porte-t-on pas, quand une fois on a donné à son cœur la liberté d’en former! Quand est-ce qu'un ambitieux s’est contenté des honneurs où il est parvenu, s'il en voit de plus élevés où il

RER pe rie Perte PC UT STATS pre

Page 1