‹ L'âme élevée à Dieu [microforme]Chapitre 95 sur 119 · D NE NE · texte numérisé non relu

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C'est ainsi que, parmi cette foule de gens agités, empressés, à peine s’en trouverat-il quelqu'un qui s'empresse pour le salut de son âme : tout le reste, absorbé dans les affaires temporelles, refuse jusqu'au moindre de ses soins à la seule affaire qui les mérite tous sans réserve. Non, Dieu ne condamne pas le soin raisonnable des choses de ce monde; mais ce que Dieu condamne, c'est la négligence criminelle pour le salut. Pour les affaires du monde, on est tout ardeur et tout feu; pour celles du ciel, on n'est qu'indifférence et que glace. On agit ainsi, on vit ainsi, on mourra ainsi. Voilà l'homme: où est le chrétien? Voilà le temps: quelle sera l'éternité ? On a travaillé pour le monde, pour sa fortune, pour sa famille :

u'a-t-on fait pour Dieu, pour son salut? Quand on sera au bout

e sa course et qu’on jettera les yeux sur le chemin qu’on à fait durant sa vie, quel étonnement! quels regrets! peut-être quel désespoir! I] fallait y penser, et le prévenir.

Pensez à votre salut. De quoi sert à l’homme de posséder l'univers, s’il vient à perdre son âme? Quid prodest homini si mundum universum lucretur, animæ vero suæ detrimentum patiatur (1)?

HISTOIRE

Un courtisan qui avait passé sa vie au service de son prince étant tombé dangereusement malade, le prince, qui l'aimait, vint le visiter en personne, accompagné de ses autres courtisans. [l le trouva dans le plus grand danger, réduit à une espèce d'agonie, et comme pres de rendre le dernier soupir. Touché de ce triste état : Pourrais-je quelque chose pour vous, lui dit-il: demandez avec confiance, et ne craignez pas d'être refusé. Prince, lui répondit le malade, dans la triste situation où je suis, je n'ai qu'une chose à vous demander : ce serait de m'accorder un quart d'heure de vie, Hélas! ce que vous me demandez n'est pas en mon pouvoir. dit le prince : demandez autre chose, si vous voulez que je vous exauce. Eh quoi! dit alors le malade, il y a cinquaute ans que je vous sers, et vous ne pouvez m'accorder un quart d'heure de vie! Ah! si j'avais servi aussi fidelement et aussi longtemps le Seigneur, il m'accorderait à présent, non pas un quart d'heure de vie, mais une éternité de bonheur. Bientôt apres il rendit l'esprit : heureux s'il profita lui-même de la leçon qu'il donnait aux autres sur le néant des choses humaines, et de la nécessité de travailler au salut

de son âme! :

REFLEXIONS

N'aurons-nous point un jour le même sort? Nous nous épuisons, nous nous consumons, nous nous sacrifions au service du monde : quand notre heure sera venue, que pourra le monde pour nous, et que nous restera-t-il de ce que nous aurons fait pour le monde, si nous avons négligé le service de Dieu et le salut de notre âme? Pensons-y bien, et disons-nous plus sincèrement et plus efficacement que jamais : Volo salvare animam meam : Je veux me sau.er, et j'y travaillerai le reste de ma vie. Je ne l'ai que trop négligé par le passe : heureux que Dieu me donne encore le temps et la grâce d'y pénser !

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