‹ L'âme élevée à Dieu, par les réflexions et les sentimens: Pour chaque jour du moisChapitre 11 sur 29 · II. Sacrifice sanglant , seul digne de la majesté de · texte numérisé non relu

II. Sacrifice sanglant , seul digne de la majesté de

Dieu,

Quelle est la grandeur et l'excellence de ce sa-* crifice ? Quel est le sacrifice que nous devons offrir de noua*mèmes?

t» Dans rétat déplorable où était réduit Tunlvers , il ieillalt nécessairement un sacrifice poar «xpier lee péchés des hommes et satisfaire à la justice de Diea» Tant de crimes, de désordre» et d'excès qui couvraient ta face de la terre , avaient provoqué la colère du Ciel c(l allumé le feu des vengeance? divines ; k» sacrifices de l'ancienne Loi étaient dé^ fectiieux et insuffisants; le sang des taureaux, l'immetation des victimes ne pouvant laver les iniqui^ tés des hommes et apaiser la colère céleste , le éwire /wiBAîfi était {mrdu pour toujours , sans une

fictiine d'im ordre i^périeur et d'un prix propor** doDué à la grandeur des offenses. C'est dans cea drconstances que Jésus-Christ, que le Verbe éter* nel, touché de notre triste état , s'offre à son Père en qualité de victime : Père céleste, lui dit il, je sais que les anciens sacrifices ne sont plus à vos yeux des aacrifices de bonne odeur, et que vous lea avess rejetês : Sacrifieium et oblationem noluisti (Psalm. XLix}; me voici prêt à prendre sur moi tout le poids de vos vengeances, pour attirer sur le genro humain les regards de votre miséricorde : Tune dixii Ecce venio.

hommes, qui gémissons sous l'esclavage du péché et la tyrannie du démon , admirons , adorons les bontés de Dieu, et entrons dans les rues de sa miséricorde sur nous : voici le grand sacrifice de la religion qui va être offert pour nous et pour notre salut Quel sacrifice» grand Dieu I et combien n'est-il pas capable de toucher votre cœur !

Sacrifice véritable. Ce ne sont plus les ombres et les figures de l'ancienne Loi , qui ne pouvaient être agréables qu'autant qu'elles annonçaient, qu'elles prédisaient le vrai sacrifice par excellence : les ombres sont changées en lumières 9 et les figures ont fait place à la réalité.

Sacrifice sanglant. Selon la loi , la rémbsion des péchés ne pouvait se faire sans effusion de sang c Sine sanguinis effusione non fit remissio, ( Hebr. ix. } Il fallait donc que le sang de TAgneau sans tache fût répandu sur la terre, et que la rémission des péchés fût méritée et cimentée par ce sang adorable.

Sacrifice volontsdre et libre. Si \e %o>xs^t^ÀSL\i* bérateur a été mis à mort, tfeaV. çwcô ^"^^^

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Youla : Obtatus est quia ipse voluit. (Isai. lui. ) Et quel autre motif que la bonté de son cœur pouvait rengager à ce dévoûment absolu de lui-même pour des pécheurs qui en étaient si indignes ?

Sacrifice qui réunit, qui renferme , qui surpasse la vertu et Tefficace de tous les autres sacrifices, parce qu'il devient tout à la fois un sacrifice d'adoration^ pour rendre à l'Etre suprême l'hommage qui lui est dû ; un sacrifice d'expiation , pour laver toutes léSs iniquités de la terre; un sacrifice de supplication, pour obtenir toutes les grâces du Ciel ; un sacrifice eucharistique et d'actions de grâces, pour tous les bienfaits accordés aux hommes ; en un mot, un parfait holocauste, digne de Dieu, et capable d'honorer toutes ses perfections adorables»

Sacrifice universel. Le Sauveur du monde a souffert dans tout, et tout a été immolé dans lui : le corps, l'esprit, l'âme. Sacrifice universel encore, en ce qu'il a été offert pour tous ; et chacun de nous peut dire avec vérité : 11 m'a aimé , et il s'est livré lui-même pour moi : Dilexit me, et tradidit semettpsum pro me. (Gai. ii.) Âh ! Seigneur, loin de vous toute exception odieuse, toute exclusion désespérante des personnes; votre sang n'était-il pas suffisant pour tous, votre cœur ouvert à tous, votre gfâce offerte à tous ? Pourquoi veut-on restreindre vos dons , tandis que vous les étendez sur tous avec tant d'abondance ?5a/t;atorom7itt(in. (Thren. iv).

Sacrifice infiniment douloureux. En fut-il jamais

de pareil ? à quels tourments, à quels torrents d'a-

mertume, à quelles angoisses ne sera pas réduit

i'Agaeaa sans tache ! Le Prophète Vavail nvi «a %4-

aussaat, et i'a vait annoncé au inonde cominftVYiaai-

me de douleurs par excellence, virum dolorum. (fsai. LUI.) La grandeur de ses peines devait être proportionnée à la grandeur des péchés des hommes, et préparer la voie aux tourments des martyrs.

Enfin, sacrifice solennel, public, authentique, offert à la face de l'univers, en présence de toute une nation, aux yeux de tout Israël assemblé : ainsi cette sainte victime devait-elle être donnée en spectacle au ciel et à la terre.

Tel est le grand sacrifice que Dieu irrité attendait depuis tant de siècles ; les hommes pour qui il est offert n'y prendront-ils point de part, et leurs cœurs seront-ils insensibles aux douleurs que leurs péchés ont causées?

S» Élevé sur votre croix, mon adorable Sauveur, vous vous offrez en sacrifice à votre Përe céleste ; moi, au pied de votre croix, n'ai^îe point de sacrifice à vous offrir ? Parlez, ô mon Dieu ! demandez, en ce moment, vous êtes en droit de tout exiger^ et moi dans l'obligation de ne vous rien refuser ; quel sacrifice exigez -vous de moi? Je suis résolu à tout avec votre grâce ; mais afin que mon sacrifice soit digne de vous et en état de vous être offert, sanctifiez-le vous-même, et l'unissant au vôtre, donnez-lui toutes les qualités qui pourront le rendre agréable à vos yeux ; rendez-le sincère, qu'il vienne du cœur; rendez-le constant, qu'il soit sans retour. Tels sont, 6 mon Dieu ! les caractères sacrés qui doivent faire de mon offrande un véritable holocauste.

Sincérité dans mon sacrifice; qu'il vienne du cœur. Souvent je vous ai offert le sacri&e^ dft tstf^v» même : mais est<e bien le cœur qm^o\lsY^oQfô^^

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Hélàd ! pedUètfe lai bouche Ta piy)6ôacé , et le coeur y a eu peu de part : Je me suis cru coûverti, et peut-être Je n'étais que touché : je ne suis plus au monde, et je suis peut-être encore à moi-même. Mon Dieu! que d'imperfections, (|ue d'illusions, que de dissimulations dans nos sacrifices ! peutêtre que d'hypocrisie, que d'ostentation , que de respect humain, que de motifis purement naturels et de vues tout humaines! tels ont été peut-être Jusqu'à êe Jour les sacrifices que Je vous ai faits. Ilaiî, mon Dieu ! ce n'est plus le sacrifice des lèvres que je tous oCT^e à présent, c'est celui du cœur : oui, je veux être à vous, vivre pour vous , souflVir pour vous, et, s'il le faut, mourir avec vous. C'est le cœur qui le dit : ce sont les sentiments les plus intimes du cœur qui tendent & vous ; voudrais-je porter la dissimulation jusqu'au pied de la croix? Non, mon Dieu ! je connais enfin combien, en matière de piété, il est aisé et ordinaire de se tromper, combien il est triste et Ameste de s*être trompé. Si Jusqu'à présent Je ne vous ai offert que des sacri* flees défectueux , faites que du moins celui-ci soit dneère^

Universalité dans mon sacrifice. Vous ne réserves rien dans le vôtte, je veux que le mien embrasse tout sans partage et sans aucune réserve ; je vous offlre le sacrifice absolu de tout ce que J'ai et de ce que Je sulS| sacrifiée de mon esprit, je vous en sou* mets toutes les lumières^ je vous en consacre tou*^ tes les pensées ; réprimez-en la vanité, Findocilité, l'opiniâtreté, l'enflure^ la présomption, les hauteurs ; gué i'bamUlté de la croix en inspire^ en règle, en ^tioUûe tooB les mouyementê.

Sacrifice de mon cœur, de toutes mes affections, de mes inclinations perverses, de mes passions déréglées ; que désormais un cœur contrit et brisé do douleur soit mon unique partage.

Sacrifice de ma volonté, pour n'en avoir plus d'autre que l'accomplissement de la vôtre, dans une conformité entière à vos ordres, un abandon total à votre Providence ^ une dépendance absolue dans tout oe qu'il vous plaira ordonner de moi*

Sacrifice de mon corps et de tous mes sens, pour en faire autant de victimes de la pénitence^ de la mortification, des austérités trop justement méritées par tant de sensualités et de satisfactions 6fi«> minelles que je leur ai si soUYedt accordées.

Sacrifice enfin de ma vie , quand vous la deman* derez,pour punir le mauvais usage que j'en ai fait durant tant d'années :en vou;s offrant tout cela, mon Dieu, je vous donne peu, mais enfin je vous donne tout; suppléez par vous-môme & tout ce qui me manque- Constance et durée de mon sacrifice. C'est dans ce moment que je vous l'offre, mais c*est pour toujours qu'il vous est oSert : je le consacre au pied de votre croix pour le rendre durable à jamais. Âh l loin de moi ces inconstances, ces vicissitudes, ces variations, ces indignes retours à moi-môme, ces alternatives continuelles de bien et de mal, de fidélité et de résistance. Pour rendre ce sacrifice irrévocable, 6 mon Dieu ! attachez vous-même mon cœur à la croix ; scellez mon offrande de votre sang ; cimentez par ce sang adorable l'union que je désire former avec vous* Oui, mon adorable Sauveur^ \<d suis à youMp et j'y suis pour touîoui&«Li^ Àwàak\^\x%

attachent à la croix y la douleur et l'amour m*atta* chent à vous ; ces liens sont sacrés, ils seront indissolubles. Pourquoi voudrais-je vous quitter? et o& irais-je en vous quittant? N'ai-pas éprouvé la va» nité et le néant de tout ? Vous seul y 6 mon Dieu! TOUS seul pour toujours : vous , votre croix , votre grâce, votre amour; avec elle je n'ai plus rien à craindre ni à regretter sur la terre. C'en est donc fait, 6 mon Dieu ! voilà mon sacrifice ; j'en fais le dépôt au pied de votre croix, conservez-le à jamais dans votre cœur.

Les douleurs intérieures de Jésus-Christ dans U jardin des Olives^

Le Prophète, parlant de Fhomme de douleurs , compare la tristesse de son cœur à un océan d'amertume : Magna est velut mare contritio tua (Tbren. Il, 13. ) L'amour, dit-on d'ordinaire, est non-seulement la source, mais encore la mesure de la tristesse; c'est pourquoi les Juifs, voyant pleurer le Sauveur sur le tombeau de Lazare, s'écrient : Voyez comment et combien il l'aimait : Ecce quomodà ama^ bat eum. (Joan. xi, 36.) Voulons-nous donc comprendre quelle fut la douleur intérieure de Jésus- Christ dans le jardin des Olives, considérons quel fut son amour.

Cet amour se porta sur trois objets différents , qui tous contribuèrent à le jeter dans l'excès d'ajnertume où il fut plongé. 11 aime son Père, et il le voit infiniment outragé; première source de sa douleur. 11 aime les hommes, et il les voit infiniment malbearevoi ; seconde aource de sa douleur. il se doit cet amour à lui-même, et \\ se no\\. m-

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finiment affligé ; troisième source de sa douleur.

Jamais d'esprit si pénétrant, de lumières si éten« dues que celles de ce Dieu Sauveur; or, toutes les lumières de ce divin soleil de justice se réunissent dans un seul objet ; il connaît quelles sont les grandeurs , les beautés, les amabilités infinies , toutes les perfections adorables de Dieu son Père ; combien il mérite d'être aimé, respecté, servi, adoré des hommes ; mais, par le retour le plus sensible et le plus affligeant, il voit que ce Père céleste est outragé dans tous les temps, dans tous les lieux et en toutes les manières. 11 compte tous les instants qui se sont écoulés et qui s'écouleront jusqu'à la fin des siècles, et il n'en voit aucun qui ne soit marqué par quelque péché. L'ange, à peine créé, se révolte contre la main qui l'a tiré du néant ; Adam est à peine en vie, que le péché le conduit à la mort ; le frère se montre teint du sang de son frère. D'un côté, l'idolâtrie prend la place de la Religion et infecte tous les esprits ; de l'autre, l'impureté embrase les cœurs d'un feu également criminel et honteux; la médisance répand son fiel sur toutes les langues ; l'injustice s'élève sur les tribunaux ; rimpiété se glisse jusque dans le sanctuaire. Plus de lieu où l'innocence soit à couvert. Grands et petits , riches et pauvres, savants et ignorants, tous semblent de concert s'élever contre le Tout-Puissant ; ingratitude, trahison, perfidie, orgueil, haine, vengeance, tout contribue à rendre l'homme exécrable aux yeux de son Dieu ; les sacrifices mêmes qu'on lui ofTre ne sont plus des sacrifices de hoone odeur; tout est infecté dû vetim dixi ^^)ât!L^«

A qui s'ea prendre néanmoins? tauVW ^«oivieâL^x

grâce? foutr il demander vongeance? Là, ce Dieu Sauveur se trouve partagé entre deux intérêts diffièreots et qui lui sont cbers ; il ne peut refuser son lèle à la gloire du Très-Haut qu'il voit indî* gnement outragé ; mais il ne peut refuser sa com* passion i des hommes qui se sont malheureuse^ ment oubliés ; quelle triste perplexité ! Il aime son Père, et il le voit infiniment outragé ; il aime les hommes, et il les voit infiniment malheureux ; se* conde source de sa douleur» Toutes les misères qui aflSigent le genre humain viennent se présenter k lui : infirmités, calamités, persécutions, morts violentes, réprobation, éternité malheureuse, tout vient le frapper. Un autre point de vue lui représente les tourments que les martyrs auront bientôt à essuyer pour son nom ; leurs corps déchirés, leurs membres ensanglantés, les torrents de leur sang coulant de toutes parts à grands flots. Son iniagination perce jusque dans les abîmes des réprouvés, et quel spec> tacle d'horreur vient s'offrir à lui I Ces flammes dévorantes qui ne s'éteindront jamais, ces vers rongeurs qui les déchirent sans cesse, ces démons éternellement acharnés à leur perte, des cris aigus, des hurlements lugubres, des gémissements lamentables, un déluge de maux fondant sur une foule de victimes infortunées , des âmes rachetées de son sang» ^t cependant éternellement dévorées par les flammes d'un feu vengeur : quels objets pour un Dieu Sauveur !

Il est rapporté dans TËcriture sainte que Joseph voyant ses frères désolés, ne put leur refuser sa tendrsëse, quelque indignes qu'ils fussent de sa com* PMgioûf cédant aux impressiona de sa l^^ouXib^W %^

Jeta au 60U de chacun d'eus ; il ïe9 6Dfik*adda teniremeht, et les arrosa fous de ses larmes r PlormHt Éuper singulos. (Gènes, xlv , 15. ) Tel le Sauveur du monde nous considéra tous en esprit, Mus arrosant de ses larmes précieuses; car nous étions présents à SCS yeux et à son cœur. Ah ! pauvres enfants d'mi Père crucifié, ne vous laisserai-je donc en partage que des douleurs et des afflictions? Hélas î sera4-il possible qu'il suffira de m'appar tenir pour souflfirirî Ah ! que ne puis- je porter tout seul te poids des souffrances ! que volontiers je vous en épargnerais les rigueurs I Père céleste ! soyez touché de leurs maux ; ils sont à vous comme moi ; s'ils sont mes disciples, ils sont vos ouvrages ; épargnent-les» con-* servez-les, sauvez-les.

Enfin Jésus -Christ doit s'aimer nécessairement lui-même, et il se voit infiniment affligé ; troisième source de sa douleur. Tous les tourments de sa Passion viennent en ce moment se réunir dans son imagination, dans son esprit, dans son cœur; ce sont des douleurs vives, des douleurs continuelles, des douleurs extrêmes. Tout ce qu'il souffrira dans son corps, il le souffre déjà dans son cœur; tout ce qu'il soufTrira dans le cours de Sa Passion , il le souffre dans un instant. Quelle impression dut faire sur lui la vue de tous les tourments qui lui étaient préparés, et plus encore la vue de tous les péchés des hommes dont il était chargé aux yeut de son Père 1

Je me représente l'infortuné Achan : ayant commis un crime contre la loi , il est condamné à être lapidé; on le conduit dans une vaste plaine, on le place au milieu de tout Israël as8emb\fe^ovxt\^\^^* ire à mort; a/ors jetant les yeux de loxxteS'ç^tV^^^^

S6 ts'àMÈ

spectacle dliorreur s'offre à lui ! il voit cent mille bras levés et armés de pierres , qu'ils sont prêts i lancer sur lui pour l'écraser; quelle vue! Tel est le spectacle qui s'offre à vos yeux, adorable Sauveur t vous voyez non plus cent mille bras levés contre vous , mais les bras de tout le genre humain , de tous les pécheurs dans tous les siècles, armés contre votre personne adorable; les péchés sont les traits dont on veut vous accabler : quelle horreur à la vue d'un appareil si terrible 1

Aussi quelle impression ne fait-il pas sur ce Dieu Sauveur! cœpitpaverey tœdere^ et mœstus esse. (Marc» XIV.) L'ennui, la crainte et la tristesse s'emparent de son âme ; il se retire dans les ténèbres. L'absence de sa tendre mère, le délaissement de ses disciples font que tout Tafflige, l'abat et l'accable : il se présente devant son Père, il le voit irrité et inflexible; il prie, et d'abord sa tête se baisse; ses genoux se plient, il tombe sur sa face. Â l'ennui succède la crainte ; à la crainte succèdent des soupirs ; aux soupirs les sanglots et les défaillances ; on n'entend plus que quelques paroles entrecoupées d'une voix faible et comme mourante : Abba, Pater! Âh! mon Père , vous le savez , c'est moi qui le premier vous ai appelé de ce doux nom de Père; hélas I si vous vous ressouvenez, je ne dis pas de cet amour es^ sentiel qui nous a unis de toute éternité , mais s'il vous reste quelque trace de cette compassion que vous ne refusez pas même aux plus coupables, soye^ touché de l'état où je suis réduit , éloignez de moi ce calice d'amertume qui m'est présenté : Transeatà mecalixiste. (Matth. xxvi. ) Non, non, il ne s'éloignera point, ce calice amer, il faut le boire jusqu'à la lie. Alors, se voyant destitué de tout secoxits*^ ^

comme abandonné de toutes parts , il se livre à toute Famertume de sa douleur , ses yeux s'abattent, son visage est couvert de la pâleur de la mort, son corps chancelant succombe sous le poids qui l'accable, son flme est errante sur ses lèvres, sa douleur monte jusqu'au dernier période; le voilà qui entre dans une mortelle agonie, lœtus est in agonia. (Luc. XXI.) Son sang ramassé vers le cœur, et repoussé par un effort généreux qui le porte à se soumettre y sort par tous les membres de son corps : Factus est sudor sanguinis decurrentis in terrant. ( Luc. xxu. ) Son visage est arrosé de ce sang , ses mains, ses pieds, tout son corps est dégouttant de ce sang, la terre même en est abreuvée ; il expire, si une force supérieure ne le soutient. Un ange descendu du Ciel parait enfin pour le consoler : Apparuit angélus de cœlo confortans eum. (Luc. xxii.) Jésus- Christ se suffit à lui-même, et n'a besoin que de sa propre force pour se soulager, il est vrai ; mais il veut nous apprendre que , dans nos afflictions , il faut recourir à Dieu , demander et attendre le secours du Ciel : les consolations solides doivent venir d'en haut. Dans les créatures on ne trouve que des consolations toujours faibles et souvent onéreuses , eonsolatores onerosi (Job. xvi); aussi l'ange, pour consoler Jésus-Christ, ne lui présente point d'autre motif que les motifs célestes et tout divins. Sans doute il le conjure au nom de son Père, au nom de tous les pécheurs, de vouloir bien recevoir ce calice, d'achever l'ouvrage de la rédemption des hommes, de briser leurs chaînes et de les délivrer de l'esclavage du péché , de la tyrannie du démon ; grands motifs qui Mffermiâsent son âme à la vue âe& Mvx^St«Sk.^^^

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mais qui laissent cependant soq cœur en proie à toute i*apiertum.e de ses douleurs. Il le dit lui-même , et il assure que son âme est triste jusqu'à la mort : TrUtis est anima mea usgue ad mortem. (Matth.

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